Projection en avant-première du dernier film de Miyazaki : « Ponyo sur la falaise » au Festival International de la BD d'Angoulême.
Il aura fallu s'y prendre à plusieurs reprises avant de voir enfin apparaître à l'écran le monstre Totoro, la célèbre mascotte du studio d'animation japonais Ghibli. Il n'y a pourtant aucune inquiétude à avoir, la bobine 35 mm sera vite rodée. Salué par les applaudissements, le dernier film de Hayao Miyazaki, diffusé en avant-première au festival d'Angoulême, commence et nous plonge dans les profondeurs de l'océan. Il nous conte les aventures de Ponyo, une petite princesse poisson rouge qui rêve de devenir humaine après sa rencontre avec Sosuke. Avec sa nouvelle héroïne, Hayao Miyazaki nous livre une histoire féerique, empreinte de magie, d'humour et de simplicité, inspirée de « La Petite Sirène », le célèbre conte d'Andersen.
Conçu sans l'utilisation d'images de synthèse ou de techniques d'animation en 3D, « Ponyo sur la falaise » va à contre-courant des tendances actuelles qu'on observe d'une façon générale dans l'industrie du dessin animé depuis « Toy Story ». « Chez Miyazaki, les cellulos sont entièrement dessinés et animés à la main. C'est depuis « Princesse Mononoké », qu'ils sont coloriés par ordinateur. », explique Xavier, administrateur du site francophone Buta Connection dédié au studio Ghibli. Sur Ponyo, Miyazaki a souhaité simplifier le récit, le dessin et les méthodes d'animation pour revenir à des méthodes encore plus traditionnelles, plus pures. Un travail complexe qu'il a construit au fur et à mesure de ses réflexions et de ses sources d'inspirations. Au final il aura par exemple fallu une semaine en moyenne pour obtenir 5 secondes d'animation. Le film représente un total de 170 000 dessins et aura mobilisé plus de 350 artistes ! Et à sa façon, le réalisateur renoue avec la force et les rondeurs pétillantes des anciens dessins animés.
Miyazaki persévère
Un mois après sa sortie, « Ponyo sur la falaise » a été vu par 8,43 millions de personnes au Japon, rapportant plus de 10 milliards de yens de recettes. Le film se classe ainsi parmi les plus grands chefs d'œuvre au Japon derrière « Princesse Mononoké » avec 19,4 milliards de yens ou « Le voyage de Chihiro » avec 30,4 milliards de yens. « Depuis Princesse Mononoké en 1997, Hayao Miyazaki annonce à chaque film qu'il s'agit de son dernier [...] mais revient à chaque fois sur sa décision », indique Xavier. Le grand réalisateur nippon ne semble pas pouvoir se résigner à raccrocher malgré son âge et ses problèmes de santé, pour le plus grand plaisir de ses fans.
Il a tout de même pris l'initiative de former la nouvelle génération d'artistes qui prendra sa relève. Pendant deux ans entre avril 2009 et mars 2011, les jeunes créateurs auront la chance de bénéficier des bonnes indications du grand maître de l'animation. Toshio Suzuki, le producteur du studio a d'ailleurs annoncé la réalisation d'un nouveau projet sous l'égide d'Hayao Miyazaki. En attendant, vous pourrez découvrir « Ponyo sur la falaise » à partir du 8 avril prochain sur grand écran.
Pour aller plus loin :
www.buta-connection.net










