Dominique Lavigne-Kurihara nous présente les légendes japonaises et asiatiques avec le recueil Histoires fantastiques du temps jadis dont l'auteur original reste encore à ce jour inconnu.
À la place du traditionnel « Il était une fois », le texte commence ici par « C'est maintenant du passé », un terme qui, contrairement à sa signification française, nous rappelle ici que sans le passé, il n'y aurait pas de présent, que les deux temps se mélangent.
Aujourd'hui encore bien vivant, le bestiaire japonais a par exemple toujours été riche et passionnant de par l'abondance et le mystère de ces créatures fabuleuses. « Les animaux ne représentent pas toujours le mal, dans certains contes, le serpent peut par exemple apporter de bonnes choses », nous explique Dominique Lavigne-Kurihara, la traductrice qui a permis de réaliser ce recueil. Histoires fantastiques du temps jadis, nous propose de découvrir les six grandes familles de créatures et monstres légendaires des démons aux fantômes et aux spectres en passant par les tengus, les renardes, les renards et les sangliers, les serpentes et les serpents, et enfin les dieux et esprits qui hantent les temps passés. La traductrice a sélectionné une quarantaine de légendes parmi les 1059 contes qui composent l'ouvrage Histoires qui sont maintenant du passé achevé en 1120 et qui remontent aussi bien jusqu'aux traditions japonaises qu'indiennes et plus généralement bouddhistes et shintoïstes.
À l'origine, ces contes étaient destinés à être racontés par les moines et les laïcs des villages mais ont finalement fait l'objet d'un livre. « C'est en quelques sortes une encyclopédie sur les connaissances, sur la religion et sur le Japon de l'époque », souligne Dominique Lavigne-Kurihara qui a dû faire un lourd travail de recherche pour retransmettre ces contes de manière objective. L'auteur de l'ouvrage principal restant inconnu à ce jour, plusieurs hypothèses ont été émises. Il a été attribué à plusieurs auteurs, et même à un groupe d'auteurs qui auraient voulu répertorier toutes les régions du Japon à cette époque. Il rassemble finalement des histoires drôles, des histoires d'inspiration bouddhiste, de nombreuses anecdotes sur la vie quotidienne au Japon et bien sûr des histoires fantastiques entre humains et yokaï. Ces histoires qui se déroulent à travers le Japon, nous renseignent sur le contexte politique et religieux de cette période.
L'histoire d'un conte fantastique
Les yokaï sont des êtres surnaturels étranges qui inspirent souvent la peur et le dégoût et qui prennent un visage féminin ou la forme d'un animal. Dans la plupart de ces contes, les protagonistes sont des moines et des laïcs. Les femmes persécutent les hommes parfois aidés par les animaux. « Ces contes qui ont été repris au fil du temps, prennent leurs sources dans les traditions japonaises, chinoises et même indiennes très anciennes », nous informe Dominique Lavigne-Kurihara. Les générations qui se sont succédées expliquent le caractère commun de ces histoires tout en justifiant leurs nombreuses variantes. Elles sont généralement construites de la même façon autour de trois points importants. Tout d'abord l'époque, représentée par le règne d'un empereur ou d'une personnalité. Ensuite le lieu de l'action, souvent à l'intérieur de maisons, de temples ou en plein air. Pour finir, l'omniprésence de la religion avec des apparitions divines sauvant la vie des croyants. Comme dans une fable, il y a une morale pour chaque histoire, qui nous rappelle l'influence de la religion sur les japonais et la puissance de leur croyance pour ces êtres fantastiques. « Ainsi dit-on qu'il a été rapporté » clôture le conte comme on clôture la vie.













