Bruxelles présente les évolutions de la BD

Cela fait 20 ans que le manga est arrivé chez nous. Le Centre Belge de la Bande Dessinée lui accorde une place toute particulière entre nos héros européens Lucky Luke ou encore Tintin.

Le manga, patrimoine mondial de la bande dessinée. Photo Laura & Marion

Réparti sur deux étages et sur une surface de 4 000 m², le Centre Belge de la Bande Dessinée est un véritable sanctuaire de la bande dessinée. La « salle aux trésors » renferme par exemple les planches originales mises sous vitrine de séries populaires comme Blake et Mortimer de Edgar-Pierre Jacobs.

Lancé en 1989, ce musée de la BD enregistre aujourd'hui plus de 260 000 visiteurs par an. Situé au cœur de Bruxelles, berceau de la BD franco-belge, il est rapidement devenu l'une des attractions majeures du pays.
Outre retracer l'histoire de ce que l'on considère aujourd'hui comme le 9e art, le CBBD a aussi un but pédagogique. On nous explique que la création d'une BD se fait en deux temps. Le storyboard est d'abord développé par le scénariste, puis le dessinateur travaille sur les planches, du crayonné au tramage. Les visiteurs pourront ainsi découvrir comment on fabrique une bande dessinée de son scénario à son impression. Ils seront également sensibilisés à un large panel d'auteurs, d'époques et de styles, notamment au manga qui tient une place importante dans le paysage mondial de la bande dessinée.

Manga ou « BD japonaise »

On se souvient de l'arrivée du manga en France. C'était avec la série Akira dont les tomes se sont vendus à plus de 120 millions d'exemplaires à travers le monde. « Les mangakas font partie intégrante de la planète BD européenne et leurs œuvres, qui n'ont cessé d'influencer la création européenne, sont parmi les plus respectées », explique notre guide Isabelle.
Le manga (qu'on traduit à juste titre par « BD japonaise ») est aux japonais ce que la bande dessinée est aux franco-belges, ou le comics aux américains. Aujourd'hui, il est beaucoup plus facile de franchir les frontières entre chaque type de BD. Chaque style en vient à cohabiter l'un avec l'autre de façon naturelle, comme dans ce musée, malgré ses disparités culturelles.

En effet, contrairement à la BD franco-belge, le manga n'est pas considéré comme un produit de collection mais plutôt comme une lecture économique du fait de son format de poche, en noir et blanc et par extension populaire.
On le trouve empilé dans les magasins ou chez les libraires. D'abord édité en France sous forme de fascicule, proche du comics, le manga a depuis repris vie de manière plus traditionnelle en retrouvant ce format de poche et un sens de lecture de droite à gauche propre à la langue japonaise.

Les racines de la BD

Sans avoir à traverser les continents, la BD franco-belge regorge déjà de nombreuses variantes et évolutions qui font sa richesse et son succès. Près de 200 auteurs ont travaillé pour la BD entre Bruxelles, Charleroi et Gand. « On retrouve un grand nombre d'entre eux, avec leurs œuvres, notamment dans l'évocation des journaux Spirou ou Tintin », nous informe Isabelle. Le « musée de l'imaginaire », partie du centre dédiée aux pionniers de la bande dessinée de 1929 à 1959, relève deux types d'écoles. L'École de Bruxelles publie de son côté le Journal de Tintin. Elle cherche à donner une image soignée avec des BD documentées et réalistes comme Michel Vaillant ou Ringo. L'École de Marcinelles publie quant à elle le Journal de Spirou, dans un style humoristique avec un dessin plus rond qu'on retrouve sur Boule et Bill de Jean Roba ou Gaston de André Franquin.

Un nouveau genre se développe ensuite entre les années 60 et 90, donnant une expression plus sophistiquée à la bande dessinée, proposant un meilleur contenu, abordant des thèmes et surtout des styles différents. Derib s'attache par exemple à suivre l'évolution de son personnage tout au long de sa vie, contrairement aux héros que l'on connaissait jusque là.

Le musée bruxellois décrit la bande dessinée comme un univers qui a connu ses propres évolutions et qui se développe aujourd'hui sous l'influence de différentes cultures.

Pour aller plus loin :
Le Centre Belge de la BD
La ville de Bruxelles
Le lycée Sophie Berthelot de Calais

Remerciements :
Isabelle, Mlle Desprès et Mr Fetel