Les Jeux Olympiques seront organisés à Rio de Janeiro (Brésil) en 2016.
La candidature nippone a été rejetée au deuxième tour de l'élection du Comité International Olympique (C.I.O.) réuni à Copenhague (Danemark). Si Tōkyō n'était pas le grand favori, il convient néanmoins de s'arrêter sur cet échec. Celui-ci s'explique par plusieurs facteurs.
Le triomphe brésilien
Le résultat du vote n'est pas tant l'échec de Chicago, Tōkyō et Madrid que le plébiscite absolu de la candidature brésilienne. À l'exception de Pékin, désignée ville-hôte des J.O. 2008 en 2001, aucun projet ne peut en effet se vanter de l'avoir emporté aussi largement. Dès l'élimination-surprise de Chicago au premier tour, le suspense était quasiment nul. Cette large victoire s'explique par l'excellence de la candidature auriverde, par la simplicité et l'humilité de ceux qui l'ont défendue, à la différence de Madrid et de Chicago. Le fait que le Brésil accueille la Coupe du Monde de football en 2014, ce qui permet la construction de très nombreuses infrastructures deux ans avant les Jeux, constituait également une garantie majeure pour le C.I.O. Mais il faut bien sûr ajouter la volonté des instances sportives internationales d'enfin inclure les pays dits du Sud dans l'organisation des grands évènements. Après la Coupe du Monde de football, qui découvre le sol africain puisqu'elle se jouera l'an prochain en Afrique du Sud, les Jeux Olympiques atterrissent pour la première fois en Amérique du Sud. Face à cette logique d'intégration des pays en voie de développement, il était difficile de lutter.
La tradition du changement
Les Jeux Olympiques de 2008 s'étant déroulés à Pékin, la capitale japonaise partait avec un handicap certain dans la course aux J.O. Il est en effet plutôt rare ces dernières décennies de voir les Jeux revenir aussi rapidement sur le même continent. Madrid était d'ailleurs également désavantagée suite à la victoire de Londres pour les Jeux de 2012. Mais pour Tōkyō, ce point faible a pesé encore plus lourd. Les Japonais ont en effet organisé nombre d'évènements majeurs sur leur sol : Championnats du monde d'athlétisme à Osaka en 2007, Coupe du Monde de football en 2002, Championnats du monde de natation à Fukuoka en 2001 et enfin, Jeux Olympiques d'hiver à Nagano en 1998. Tōkyō avait, qui plus est, déjà organisé les Jeux en 1964. Le C.I.O. a donc sans doute pensé qu'il fallait encore un peu de temps pour qu'une grande compétition sportive retrouve le sol japonais.
Un contexte économique particulier
Alors que l'économie japonaise, comme toutes celles des pays de la Triade, est en plein ralentissement, ce qui n'a cependant aucunement joué sur les garanties financières du projet nippon, le Brésil, de son côté, est en pleine émergence. Inutile de se voiler la face, comme pour Pékin en 2008, l'idée d'aller conquérir un nouveau marché a bien évidemment été prise en compte par le C.I.O., dont on connaît la proximité avec les instances économiques. Rio a d'ailleurs mis en avant ce dynamisme dans la présentation de son projet. Une fois encore, il était difficile de surpasser cet atout considérable de la candidature carioca.
Un « non » encourageant pour la suite
La défaite de Tōkyō est néanmoins pondérée par le fait que les responsables du C.I.O. aient souligné le sérieux et la cohérence de cette candidature. 70% des athlètes se seraient trouvés à 10 minutes grâce à un très bon réseau de transports, et les garanties financières du projet, ce qui manque à Madrid et Chicago, sont là. De très nombreux médias, L'Équipe en tête, précisent d'ailleurs que la capitale du Japon s'est présentée peut-être un peu trop tôt mais ferait une grande favorite pour la désignation des Jeux de 2020. D'autant plus que Tōkyō souhaitait organiser des J.O. « verts », ce qui pourrait être un atout majeur pour la suite. Cet échec, dans les circonstances que l'on connaît désormais, peut donc être un tremplin pour ramener la flamme dans le futur stade olympique en 2020.
Cécile Gommelet













