Kyo Hatsuki, dessinatrice de mangas érotiques

[Portrait.] Invitée à la 3e édition de Chibi Japan Expo, Kyo Hatsuki, l'auteur de Love Junkies, présente son parcours, son travail de dessinatrice et ses envies.

Kyo Hatsuki explore les arcanes de l'amour avec Love Junkies. Photo M.P

Dessiner, elle le fait depuis plus de dix ans. Mais au départ elle n'imaginait pas du tout devenir mangaka. Kyo Hatsuki, l'auteur de la série érotique Love Junkies, éditée en France chez Taïfu, est d'abord pêcheur, mannequin et chauffeur de poids lourds avant de se destiner au dessin. « Un jour, un ami m'a demandé si je voulais dessiner pour son fanzine, j'ai accepté et j'ai commencé à écrire les histoires érotiques de Ranma et Akane. Un éditeur a remarqué mon travail et m'a contactée. Cela fait treize ans que je dessine. » Kyo Hatsuki fait surtout la rencontre du dessinateur The Seiji (mangaka japonais spécialisé dans le hentai, ndlr) qui va la prendre sous son aile et la former. « Je devais réaliser un dessin publicitaire pour des produits nettoyants. Je devais créer un manuel de 1000 pages. J'ai demandé de l'aide aux mangaka de mon entourage et The Seiji en faisait partie. Maintenant je dessine mieux que lui (rires). »

En 1999 elle débute sa série qui deviendra son œuvre majeure : Love Junkies. Elle part de rien et développe le projet de zéro. La base de son histoire porte sur des rencontres sur Internet. « Il y a dix ans, les rencontres amoureuses étaient peu banales, j'ai voulu développer cette idée et raconter l'histoire d'un héros qui rencontre plusieurs filles sur internet. » Pour s'imprégner, Kyo Hatsuki n'a pas hésité à s'inscrire sur des sites de rencontre. « Avec mes assistantes nous discutions avec des hommes. Malheureusement il étaient sérieux mais pas nous ! » Rapidement, le boom de l'Internet fait que son histoire devient vite obsolète, moins originale. « J'ai dû changer un peu mon idée et mon histoire a pris une autre tournure. »

Au secours des enfants maltraités

En dehors de ses activités de mangaka, Kyo Hatsuki est une femme très active. Elle est co-fondatrice d'un talk-show, « Manriki », est l'invitée de nombreuses émissions et participe à de nombreuses œuvres caritatives. Son association, « Be Smile » est l'une de ses plus grandes fiertés. « Au Japon, il y a de plus en plus d'enfants maltraités et dans 80% des cas par leurs propres parents. Je suis moi-même mère de deux petites filles et lorsque j'ai découvert ça j'ai voulu en parler, faire passer un message. » Kyo Hatsuki commençait à avoir un peu de notoriété et l'a utilisée pour créer son association. Elle a fait appel à des amis et notamment au dessinateur Soichi Moto. « Grâce à lui mon petit projet est devenu quelque chose d'assez important. »

L'objectif de Kyo Hatsuki et de son équipe de dessinateurs est de redonner aux enfants la confiance en l'adulte qu'ils ont perdue ou même jamais eue. Pour ça, ils organisent des rendez-vous dans les écoles pour discuter avec ces enfants et les accompagner. Mais l'association compte développer un autre projet. « Nous avons décidé d'utiliser notre célébrité pour vendre des dédicaces sur Internet. » L'argent qui sera récolté à partir de la fin de l'année sera réinjecté dans l'association.

Kyo Hatsuki a encore plein de projets en tête mais son principal est de ne jamais arrêter de dessiner. Elle travaille actuellement sur une BD intitulée Cross and Crime et sur un autre manga, Motori. Ce qu'elle espère ? « Un jour, j'aimerais aussi dessiner un manga qui n'est pas érotique. »

Pour aller plus loin :
Love Junkies sur Amazon.fr

Marie Protet, propos recueillis le 31 octobre 2009 lors de notre interview.

Partager sur Facebook