Cédric et son équipe devraient ouvrir le Shibuya Café à La Rochelle en 2010.
Vous êtes installé bien confortablement au fond d'un divan au milieu des coussins, pendant que vous sirotez un bon chocolat chaud en hiver ou un Orangina frais en été. Dans vos mains, le dernier tome de votre manga préféré. Vous n'êtes pas dans un salon de thé à déguster les nombreuses saveurs de l'Orient, ni chez vous dans votre chambre, mais dans un « manga kissa », qui peut se traduire en français par le terme « manga café ». Un café où on peut lire des mangas en libre-service.
Le concept est né au Japon dans les années 70 avant d'être importé en France par Ben Kordova. Il a été le premier à ouvrir ce type d'établissement à Paris, rue des Carmes en juillet 2006. Dès lors le nom du café : « Manga Café » est une marque déposée. « Notre statut a dû être créé, raconte Tom Kordova, le frère du gérant du Manga Café. Cela a été difficile car nous étions les premiers à mettre en place ce concept en Europe : une bibliothèque privée. Un lieu où s'assoir, lire, boire... comme dans un cybercafé mais avec un statut de bibliothèque. »
Le café parisien a fait le premier pas il y a maintenant plus de 3 ans. Mais seulement quelques uns ont suivi le mouvement : le Tokyo Café à Toulouse (oct. 2008), le Japanime Café à Marseille (fev. 2009) ou encore le Manga K à Bordeaux (oct. 2009). Là où on pouvait s'attendre à les voir pousser à tous les coins de rues, ils sont finalement encore peu à se lancer dans l'aventure. Pourquoi ? « Ce n'est pas si facile, il faut avoir les moyens de financer une bibliothèque, trouver une place, et se faire reconnaître auprès des éditeurs », explique Cédric. Bien conscient des enjeux, ce jeune entrepreneur, connaisseur et fan de mangas, projette d'ouvrir avec ses partenaires, un manga kissa à La Rochelle cette année. Il s'appelle le Shibuya Café, « Shibuya » comme l'un des quartiers branchés de Tōkyō.
Pour Tom, « il ne suffit pas d'être fan de manga il faut aussi avoir de bonnes notions de gestion, et du monde de l'entreprise ». C'est d'ailleurs grâce au soutien familial, qu'ils ont pu aller aussi loin. « Mon frère n'avait que 21 ans à l'époque. Les prêts sont difficiles à obtenir à cet âge. C'est pourquoi, nos parents sont en cogérance. » Cédric ne se découragera pas pour autant puisque pour lui, il n'est pas simplement question d'ouvrir un café. « Le marché du manga en Charente-Maritime et dans la région est important mais la distribution est quasi-nulle, souligne-t-il. Nous ne trouvons pas facilement ce que nous voulons, nous sommes souvent amenés à passer commande dans la seule boutique de La Rochelle qui vend de la BD et du manga. » En passant par le Shibyua Café, il donnerait l'accès aux Rochelais à un catalogue de mangas plus important. Mais aussi à la culture manga et japonaise en organisant des concerts et des soirées à thème.
Reconnaissance internationale
Par expérience, on sait que le manga kissa a de beaux jours devant lui. Tout roule pour le Manga Café depuis sa création. « Nous avons repris le modèle japonais dans les grandes lignes, en nous adaptant à notre culture occidentale », expliquait Ben Kordova à son ouverture. La bibliothèque du café compte désormais environ 10 000 mangas, quelques uns en versions originales, grâce à la contribution de surprenants donateurs. Tom raconte : « Des touristes japonais qui avaient entendu parler de nous au Japon sont venus au café avec des piles de mangas en nous disant qu'ils voulaient participer ! » Déjà populaire en France, voilà que le Manga Café devient populaire au Japon. Un signe de reconnaissance qui devrait encourager le développement des manga kissa en France.
Pour aller plus loin :
http://shibuyacafe.free.fr
www.mangacafe.fr
Céline Maxant avec Cristina Thaïs













