[Live Report.] Le joueur de tsugaru shamisen Keisho Ohno a donné une représentation à l'occasion de Japan Expo Sud 2010 à Marseille, le vendredi 19 février.
Keisho Ohno pratique l'art du tsugaru shamisen depuis qu'il a 8 ans. Photo Naya MaachiLe public, curieux, s'assoit tranquillement au pied de la scène. Il s'apprête à assister à un spectacle à la fois exotique et atypique. Exotique car l'instrument-star de l'orchestre est le shamisen, sorte de guitare ancienne japonaise. Atypique car le chef d'orchestre est un musicien confirmé qui pratique l'art du shamisen et qui mélange à la fois instruments et musique traditionnels et sonorités entraînantes modernes.
Nous sommes au concert de Keisho Ohno à la seconde édition de Japan Expo Sud, le vendredi 19 février au soir. Un concert qui s'est déroulé dans une ambiance solennelle mais enjouée. Surnommé le "samouraï du shamisen", le musicien japonais a enflammé la scène, accompagné de son groupe-orchestre, avec des titres rythmés comme Kaze ou plus lents et romantiques comme Yoake.
Keisho Ohno pratique le tsugaru shamisen depuis l'âge de 8 ans. Le tsugaru shamisen est un art musical traditionnel japonais plus rythmé que le shamisen et qui vient de la région de Tsugaru au nord de l'île de Honshū. Mr Keisho Ohno n'a que 12 ans quand il devient Natori. Un titre qui lui permet d'utiliser une partie du nom de son maître, Chikuei Takahashi dans sa pratique. Son premier album Shamisen Tamashi - Shamisen Spirit sortira cette année en Europe. « Ça me rend très heureux ! s'exclame l'artiste. Jusqu'à aujourd'hui mes anciens albums n'étaient accessible qu'au Japon, c'est donc enfin l'occasion pour mes auditeurs d'avoir plus facilement accès à mes titres. » Mais ce qu'il préfère avant tout c'est le live.
Là où les joueurs de shamisen dans le Japon ancestral restaient assis sur scène (souvent parce qu'ils accompagnaient une pièce de théâtre), Keisho Ohno joue du shamisen debout comme les rock-stars, sur fond de musique raisonnante.
Le musicien décrit sa musique comme « une fusion entre la musique traditionnelle et moderne. » « J'ai voulu apporter cette touche moderne à l'art du shamisen pour le rendre plus accessible et le faire connaître dans le monde. » Keisho Ohno se place d'emblée comme un ambassadeur de la musique japonaise.
En plus, tout au long du concert on voyage entre le Japon ancien et le Japon « qui s'exporte ». Des parties du concert étaient par exemple plus traditionnelles que d'autres. Par instant, seuls le shamisen et le tambour se mêlaient pour faire découvrir au public les sonorités japonaises. Keisho Ohno pouvait déployer par ailleurs une énergie communicative en scandant des mots ou en poussant des cris, éléments musicaux à part entière dans cet art nippon.
Mais il pouvait tout aussi bien se mettre à la portée du public français. Le groupe a en effet fait une reprise live du thème de James Bond, dans l'euphorie générale.
Ambassadeur de la musique japonaise
Avec ses musiciens : Toshihiro Yuta au tambour wadaiko et Yoichiro Suzuki à la flûte shakuhachi et au trombone, Keisho Ohno écume les routes pour présenter la musique japonaise folklorique. Et c'est avec beaucoup de plaisir qu'il s'engage dans de nouveaux projets pour favoriser l'expansion de sa musique. Son style original a réussi à susciter l'engouement d'un public de plus en plus large, notamment en France (et grâce à une belle mise en avant par Japan Expo, ou la MCJP). « Je ressens le respect du public francais pour la tradition japonaise, un aspect que je garde dans ma musique, nous confie Keisho. Il est très sensible à la fusion des styles et très chaleureux. »
Le samouraï du shamisen n'a pas failli à sa réputation de maître pendant cette petite heure de concert !
Pour aller plus loin :
myspace.com/ohnokeisho
Alexandre Cador et Naya Maachi









