[Conférence] Noizi Ito : du chara-design au fanzinat en passant par l'illustration

[Conférence] Noizi Ito, en visite à Paris à l'occasion de la 18e convention Epitanime, a donné une conférence publique le samedi 29 mai 2010, dont voici le compte rendu.

Noizi Ito, la "maman" d'Haruhi Suzumiya à Epitanime. Photos C.M

« Est-ce que vos uniformes en France sont très différents de nos uniformes au Japon ? » Cette question naïve, c'est celle d'un fan japonais, posée au public français, alors qu'il suivait la conférence publique donnée par l'illustratrice Noizi Ito pendant la 18e convention Epitanime sur Internet. La réponse a bien entendu provoqué l'hilarité générale.
En France, on ne prend pas l'uniforme, mais pourtant on aime ça ! Surtout quand il est porté par cette chipie d'Haruhi Suzumiya.

Noizi Ito, principalement connue pour son travail d'illustratrice sur les séries de "light novel" (romans illustrés digitaux et interactifs) Shakugan no Shana et Haruhi Suzumiya, était à Paris le week-end du 28 au 30 mai dernier pour la 18e édition de la convention Epitanime. Et c'est à la mobilisation de la brigade SOS francophone, les fans de l'univers de Haruhi Suzumiya, et aux association Digicraft et Epitanime, que l'on doit cette visite.

Au programme : dîner à bord d'une péniche, séances photos avec les fans, séances de dédicaces, jeu de "dessiner, c'est gagner" avec Teddy, l'auteur de l'affiche Epitanime 2010, ou encore projection des séries Shakugan no Shana et Haruhi Suzumiya... Mais ce qui nous intéresse c'est cette conférence publique, présentée à l'origine comme une Master Class, suivie par les fans japonais sur Internet.

Ne pensez-vous pas que la popularité des séries Shakugan no Shana et Haruhi Suzumiya ne fait pas de l'ombre à votre travail d'illustratrice ?

Noizi Ito : Le succès des animations Shakugan no Shana et Haruhi Suzumiya n'entrave pas mes attentes par rapport à mon travail. Pour moi, le roman/manga reste un média facile à prendre en main, et j'aime toutes mes œuvres, elles ne sont pas en compétition.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de faire de l'illustration ?

Noizi Ito : J'adore l'animation, c'est en regardant des animes que j'ai eu envie de faire de l'illustration.

Quel est votre avis sur la convention Epitanime ?

Noizi Ito : La convention Epitanime me plaît beaucoup, tout le monde s'amuse ! Je me suis imprégnée de cette atmosphère de joie.

Le public, essentiellement des fans de la première heure et des... hommes !

Au Japon, vous avez plutôt un public féminin, qu'en est-il en France ?

Noizi Ito : C'est vrai qu'au Japon, ce sont surtout des femmes qui aiment mon travail. En France, je ne sais pas, je me demande... C'est à vous de me le dire ?

Nous procédons alors à un "lever de main". La manifestation des fans "hommes" est écrasante et provoque l'hilarité.

Quelles sont vos impressions sur la France ?

Noizi Ito : C'est la première fois que je viens en France. Je suis surprise par tout ce qui m'entoure, notamment l'architecture !

Abordez-vous votre travail sur les jeux vidéos de la même façon que sur vos autres œuvres ?

Noizi Ito : Il n'y a pas de différence dans la préparation et le chara-design, mais la réflexion n'est pas la même. Par exemple pour le dessin de personnage dans un manga, on va plutôt dessiner au format portrait, contrairement à un jeu où ils doivent être adaptés pour un format 16/9e.

Votre travail sur le jeu vidéo est peu connu à l'étranger, aimeriez-vous qu'il le soit plus ?

Noizi Ito : En tant que créatrice, j'aimerais beaucoup, mais je ne pense pas que ce soit possible, étant donné que se sont des jeux interdits au moins de 18 ans !

Avez-vous des contraintes de travail particulières ?

Noizi Ito : Sur mes travaux collectifs (light novel, jeux), je récupère les opinions car je ne peux pas prendre de décision seule.

Y a-t-il des auteurs français qui vous inspirent dans votre travail ?

Noizi Ito : C'est la première fois que je viens en France, et je n'ai jamais vu d'œuvres françaises.

Y a-t-il des illustrateurs que vous admirez ?

Noizi Ito : Il y en a plein, trop pour pouvoir faire une sélection.

Depuis quand dessinez-vous ?

Noizi Ito : Je dessine depuis l'école primaire, mais c'était des gribouillis. Mais j'ai commencé à faire des illustrations de niveau professionnel au collège.

© Haruhi Suzumiya/Noizi Ito

Combien de temps vous faut-il pour créer un personnage ?

Noizi Ito : Ça dépend des personnages, sur certains l'inspiration me vient tout de suite et sur d'autres non. Le personnage d'Haruhi ne m'a, par exemple, pas pris plus de 5 minutes ! Mais il y a eu des personnages où il m'a bien fallu 2-3 jours de préparation.

Est-ce que ça a été dur pour vous d'apprendre à dessiner ? Avez-vous mis du temps à vous faire connaître ?

Noizi Ito : Je suis encore loin d'avoir fini d'apprendre. Je m'améliore progressivement depuis mes débuts.
Je me suis vraiment fait connaître avec la popularité des adaptations animées de Shakugan no Shana et Haruhi Suzumiya.

Intervention d'un étudiant japonais, actuellement en France.

Nous avons l'impression que vous travaillez sans relâche, est-ce que ça vous arrive de déprimer et si oui, comment faites-vous pour sortir de votre déprime ?

Noizi Ito : Il m'arrive plus souvent de me sentir dans l'impasse que le contraire. Mais j'ai conscience que je dois rendre un travail et je doit être quelqu'un de professionnel. Si je me trouve dans l'impasse, je prend du recul, je prend sur moi.

Avez-vous déjà envisagé une autre voie ? Avez-vous été plutôt soutenue ou rejetée quand vous avez pris celle-là ?

Noizi Ito : Au collège je faisais ça pour m'amuser et quand j'ai annoncé que je voulais devenir professionnelle, ma famille m'a mise en garde en me disant qu'il y avait peu d'élus pour beaucoup d'appelés. Mais depuis j'ai fait mes preuves et maintenant tout va bien, je suis entourée de personnes bienveillantes.

« J'adorerais dessiner des monstres et des hommes classes ! »

Vous avez un style plutôt mignon, kawai, avez-vous envie de vous orienter vers un autre genre graphique ?

Noizi Ito : Quand je dessine je n'ai pas l'impression de dessiner pour un public en particulier, même si j'ai bien conscience que mon style plaît à une audience spécifique. Je ne me pose pas de question, je dessine ce que j'aime et j'aime tout ce qui est mignon. Mais j'adorerais dessiner des monstres et des hommes classes ! (rires)

Quelle est la signification du signe zodiacal sur les uniformes de Haruhi ?

Noizi Ito : C'est un "N" pour "North" en anglais car le lycée vient du nord du Japon.

Avez-vous été amené à donner des conseils et votre avis sur des œuvres ?

Noizi Ito : Pour les romans, la trame est déjà écrite donc non, sur les jeux vidéos c'est un peu différent, je participe à la création du design, donc je peux donner mon avis.

La prochaine question a été posée par un japonais qui suivait la conférence via Internet.

Le design des uniformes en France est-il différent de ceux au Japon ?

Hilarité générale. Une réaction qui lui sera vite expliquée par ses accompagnants.

L'idée de travailler sur les light novel venait de vous où vous avez été contacté par des éditeurs ?

Noizi Ito : Dans la majorité des cas, un éditeur passe sur mon site et me contact quand ça lui plaît.

Avez-vous aimez la version animée d'Endless Eight ?

Noizi Ito : Oui.

Nous vous invitons à lire notre compte rendu de la visite de Noizi Ito à Epitanime sur Journal du Japon, ainsi que notre interview réalisée à cette occasion, publiée sur le magazine d'information Total Manga.

Céline Maxant

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