Samurai High School : Gloire à Haruma Miura !

Diffusé du 27 octobre au 12 décembre 2009 sur la chaîne NTV, la série live Samurai High School narre l'histoire de Kotarō Mochizuki, 17 ans et aucune ambition scolaire, qui suite à la lecture d'un livre se retrouve parasité par l'esprit de son ancêtre samouraï.

Dans la peau d'un samouraï

Kotarō Mochizuki (Haruma Miura) est un loser qui passe son temps à faire le pitre entre les cours et la sieste pendant. Un jour, l'un de ses sommes inopinés le transporte en plein milieu d'une guerre civile datant de 400 ans. Comme il se réveille en sursaut et en hurlant en plein cours, son professeur le charge de faire une rédaction sur ladite guerre pour le punir. Le jeune homme se rend alors à la bibliothèque où une très étrange dame prénommée Himiko Watanuki (Mimura) et vêtue d'un kimono lui fournit un livre écrit par un des guerriers ayant vécu à cette période. De retour chez lui Kotarō apprend que l'auteur n'est autre que son ancêtre Kotarō Mochizuki, 17 ans, samouraï au service des Sanada. Dès lors, Kotarō est possédé par l'esprit de cet autre lui, une version bagarreuse, courageuse, masculine et même machiste de lui-même qui l'entraîne dans des situations risquées qu'il aurait préféré fuir à toutes jambes.

Deux Miura pour le prix d'un

Schooldrama purement destiné aux filles en manque de bishō (beaux gosses japonais), Samurai High School ne se démarque ni par son scénario basique au possible, ni par ses personnages globalement surjoués ou carrément effacés. Son seul attrait réside dans la performance de son acteur principal Haruma Miura (Gokusen 3, Bloody Monday, Koizora) qui y interprète deux personnages.

En effet, d'un coté il y a le Kotarō-lycéen, neuneu à souhait, guignol de la classe, et de l'autre, le Kotarō super samouraï défenseur des faibles et des opprimés mais surtout de son honneur. Et Miura sait parfaitement marquer la différence : tantôt samouraï, le dos bien droit, la tête haute, le regard mauvais et la voix plus grave, tantôt lycéen courbé, le regard soumis et fuyant, couinant et gesticulant à outrance. La distinction est très nette. Ajoutez à ça le changement de look, houppette guerrière pour l'un, mèche tombante, cachant le visage pour l'autre et on peinerait presque à croire qu'il s'agisse du même acteur.

Bien que l'on se lasse très vite du Kotarō pinailleur et chouineur, ainsi que du rituel qui le transforme du gros naze au machoman qui fait sa couette plus vite que son ombre, on n'en reste pas moins admiratif du jeu de Haruma Miura qui est à la fois la force et la faiblesse de ce drama. Force, car c'est la raison pour laquelle le drama ne sombre pas dans la catégorie « aussitôt vu, aussitôt oublié » voire « ne regardera jamais la fin ». Et faiblesse car à côté, tous les autres personnages, déjà pas très évolués, n'en deviennent que plus médiocre et insipide.

Et le décor

Kotarō Mochizuki évolue au sein de trois cercles sociaux : la famille, les amis, l'école. Dans le premier seul son père, un peu dans son monde lui aussi, le soutient tandis que sa mère pique des cris d'hystérie pour un oui ou pour un non et que sa petite sœur passe son temps à lui dire qu'il ne vaut rien. Bref on s'attache rapidement au père très sympathique tandis que les deux autres nous sortes par les yeux. Ni l'une ni l'autre n'évolue au cours du drama et elles restent toutes deux cantonnées aux rôles de casse pieds sans intérêt car seul le père interagit avec son fils permettant ainsi d'avancer un peu dans le scénario.

Côté ami on n'est pas beaucoup mieux fourni. C'est simple Kotarō n'en a que deux. Tout d'abord Aï Nagasawa (Anne) sa meilleure (et seule ?) amie d'enfance. Comme toutes les meilleures amies/petites copines des héros (Akane de Ranma ½ ou Koyuki de Mär), Ai est le « capitaine j'ordonne de la bande » au sale caractère et à la main plus leste que ses compagnons et n'a malheureusement ici que peu de raisons d'apparaître dans l'histoire. Primo, être l'antidote à la transformation de Kotarō qui sous sa forme samouraï ne peut s'approcher d'une fille sans redevenir lui-même (ce pour une raison inexplicable autant qu'inexpliquée par la suite). Secundo, permettre à la situaton comique : Kotarō-samouraï lui demandant de devenir la mère de ses enfants, de se répéter encore et encore. Et enfin tertio, maintenir le suspens quant à la question Kotarō va-t-il mourir ? Car si quelqu'un venait à apprendre qu'il héberge l'esprit de son ancêtre son corps disparaîtrait.

Ensuite, il y a Tsuyoshi Nakamura, tout nouveau membre dans le club des losers. Il y a peu de choses à dire sur lui si ce n'est que découvrir Yū Shirota, rival un peu bad boy de Izumi Sano (Shun Oguri) dans Hanazakari no Kimitachi e, en mauviette mou du genou et atteint de timidité maladive qui le rend bégayant est un sacré choc. On a un peu de mal à faire coïncider le bonhomme avec le personnage.

Enfin du côté de l'équipe professorale, on a les professeurs classiques privilégiant leur carrière et les bons élèves qui font du lèche-botte à une proviseur plus stricte qu'un militaire et enfin le vilain petit canard qui aimerait soutenir tous ses élèves sans exceptions. Chacun va se retrouver confronter, au fur et à mesure des épisodes, aux Kotarōs dans des intrigues sans grand intérêt.

Avec un scénario pauvre, quoique comique et des personnages sans profondeurs, vous l'aurez compris, Samurai High School est pour les fanes inconditionnelles de Haruma Miura qui ne pourront résister à ce drama au « Miura deux en un ».

Pour aller plus loin :
Le générique, Kodoku no Taiyô, est interprété par monobright
www.ntv.co.jp/samurai

Lauréline Lalau