OVER BLEED : L'ascension du chien enragé

© 28ROUND / SQUARE ENIX CO., LTD.

Le premier volume d'OVER BLEED, série en trois tomes du collectif 28Round (Park Jungki et Jun Sang Young), est disponible depuis le 14 octobre chez Ki-oon. Ce seinen, une fiction choc, nous entraîne dans le monde des combats de rue.

Kei, un lycéen mal dans sa peau persécuté par une bande de voyous, décide de mettre fin à ses jours. Son ami Akira lui propose de se suicider avec lui. Après avoir enregistré un message vidéo (qui sera diffusé sur Internet, créant le buzz), ils se jettent du haut d'un pont. Akira est laissé pour mort, mais Kei s'en sort...

Quelques mois plus tard, rien n'a changé, Kei est toujours le souffre-douleur de Takahashi, un pro du karaté, et il reste hanté par la vidéo de sa tentative de suicide et la disparition d'Akira.

Un jour, Kei tombe sur le site Internet Over Bleed, qui diffuse des vidéos de combats de rue. Il pense reconnaître Akira en la personne d'un certain Bunen, un forcené de la bagarre qui reste à ce jour invaincu. Bien décidé à lui parler, il n'a pas d'autre choix que de s'inscrire sur le site et de sortir les poings.

© 28ROUND / SQUARE ENIX CO., LTD.

Dans le feu de l'action, il se découvre une hargne sans limite. Il se bat avec tout ce qu'il a sous la main, y compris ses dents. Au-delà de ça, il reprend goût à la vie en s'éveillant au plaisir de la castagne. On finit par lui donner le surnom de "chien enragé".

Nous ne sommes pas forcément choqués par la violence des scènes de passage à tabac en soi, au contraire sublimées par un coup de crayon dynamique à la fois brutal et fin mais par la violence de l'image que le manga renvoi.

Les auteurs ont enlevé toute la noblesse que l'on retrouve dans les formes de combat qui existent (karaté, boxe...) et évoquées dans la série. Ils nous font ici, l'apologie, non pas du combat et de la recherche du self control (ce que l'on pourrait attendre d'un manga sur ce thème) mais de la baston sans foi ni loi et du suicide. On peut dire que le choix de Kei est très limité : se battre ou se tuer, quand bien même chacune des deux issues paraissent complètement absurdes et immorales. Dans ce manga, arrêté au bout de trois tomes au Japon après y avoir suscité la polémique, la notion de responsabilité, du passage de la mauviette à l'homme, est fortement liée à celle de la réponse systématique par la violence gratuite. Et il n'y a aucun personnage pour contre-balancer ce point de vue, même l'infirmière de l'école, qui représente l'autorité, est carrément excitée par l'ascension du chien enragé (cf. son regard plutôt vicelard).

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Pourtant, malgré cette morale dérangeante, on prend beaucoup de plaisir à lire OVER BLEED. Rappelons que c'est une fiction avant tout. Le parcours de Kei est entraînant et sa métamorphose est intéressante et bien racontée (sans faute de rythme pour l'instant et servie par une narration fluide). Le dessin, aussi sombre (au sens propre) que l'histoire, est une belle claque visuelle.

Avec OVER BLEED, un seinen publié dans le Monthly Young Gangan (Übel Blatt, Jusqu'à ce que la mort nous sépare, L'Île de Hôzuki, JACKALS...) de SQUARE ENIX, le scénariste, qui s'est lui-même essayé à la boxe pour mieux appréhender la psychologie de ses personnages, propose une vision inédite des combats de rue.



Découvrez la bande-annonce d'Over Bleed !
envoyé par Ki-oon. - Films courts et animations.

Pour aller plus loin :
Lecture des premières pages en ligne

Céline Maxant