Nous avons rencontré Jun Mochizuki, l'auteure du manga Pandora Hearts, issu du catalogue SQUARE ENIX et publié en France chez Ki-oon, à l'occasion de la 11e édition de Japan Expo.
Jun Mochizuki, invitée des éditions Ki-oon à Japan Expo 2010, nous accueille, prête à répondre à nos questions, le sourire jusqu'aux oreilles vêtue d'un magnifique yukata bleu et chassant la chaleur abrutissante de l'été avec son éventail japonais. La mangaka nous raconte en interview ce qui l'a poussé à écrire Pandora Hearts, l'histoire de Oz, un jeune héritier qui lors de son passage à l'âge adulte se trouve plonger dans l'Abysse, une prison démoniaque.
Inspirée entre autres du conte Les Aventures d'Alice au pays des merveilles, la série est publiée dans la revue Monthly GFantasy de SQUARE ENIX. Elle est encore en cours de parution et compte 12 volumes reliés au Japon, 4 en France. Le 4e est disponible depuis le 10 novembre. Outre Pandora Hearts, Jun Mochizuki est aussi l'auteure du manga Crimson-Shell qu'elle a réalisé en 2005.
Q : Pouvez-vous vous présenter et nous présenter Pandora Hearts ?
Jun Mochizuki : Je suis Jun Mochizuki, l'auteure de la série Pandora Hearts actuellement publiée dans le magazine Monthly GFantasy édité par SQUARE ENIX.
Q : Qu'est-ce qui vous a donné envie de développer cette histoire ?
Jun Mochizuki : À l'origine, Pandora Hearts était un one shot que j'avais écrit au début de ma carrière. Il avait bien plu à mon directeur éditorial, le monsieur avec l'éventail (qu'elle nous montre du doigt), qui m'a demandé d'en faire une série.
Q : Et d'un point de vue créatif ?
Jun Mochizuki : Je voulais écrire une histoire dans laquelle le héros et tout son entourage, évoluent au fil du temps et gagnent en maturité.
Q : Qu'est-ce qui vous a plu dans la réalisation de ce manga ?
Jun Mochizuki : L'étape de l'écriture est la plus douloureuse car il faut respecter un certain délai, très court, donc la partie de mon travail que je trouve la plus intéressante est de recevoir des messages de mes lecteurs.
Q : Avez-vous rencontré des difficultés particulières sur la réalisation de cette histoire ?
Jun Mochizuki : Le plus dur est de rendre le caractère du personnage principal, Oz Vessalius, parce que je tenais à ce que dans mon manga, le héros évolue. Je ne devais pas montrer tous les aspects de Oz dès le départ. J'en ai eu souvent envie mais j'ai dû me retenir, c'est ce qui est le plus difficile pour moi, faire attention à ne pas dévoiler toutes les facettes des personnages.
Q : L'univers de Pandora Hearts est librement inspiré de celui des Aventures d'Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, qu'est-ce qui vous attire dans ce conte ?
Jun Mochizuki : Quand j'étais petite, je regardais souvent des dessins animés de Disney et Alice au Pays des Merveilles était mon préféré. Ce que j'aimais plus particulièrement dans ce dessin animé, c'était que d'un point de vue iconographique, il était très mignon, tout en apportant son lot d'angoisses aux enfants. Ce fossé, entre le caractère mignon des personnages et des décors et l'angoisse qu'il suscite m'a toujours beaucoup plu. Je voulais absolument qu'on retrouve ça dans mon manga.
(Les Gamushara Oendan, groupe de supporters japonais qui a fait sensation sur le festival, entrent dans la salle voisine en faisant un véritable boucan, ce qui amuse notre auteur.)
Q : Le conte de Lewis Caroll traite du passage de l'enfance à l'âge adulte, est-ce aussi là un message important pour vous et que vous essayez de faire passer dans Pandora Hearts ?
Jun Mochizuki : C'est lié mais je ne voulais pas forcement traiter de ça en particulier, plutôt de l'évolution des personnages en général.
Q : Quelle est la morale de l'histoire ?
Jun Mochizuki : Il n'y a pas de moralité à proprement parler. Je n'ai jamais voulu en mettre dans mes mangas, mais l'idée que certains lecteurs se reconnaissent dans mes personnages principaux me plaît beaucoup.
Q : Quel est le retour de vos lecteurs par rapport à Pandora Hearts ?
Jun Mochizuki : Il faut savoir qu'au Japon, la majorité de mes lecteurs sont en fait des lectrices. Dans leurs messages, elles me disent souvent que Gilbert et Break sont très beaux. Mais au niveau du caractère, elles préfèrent Oz. Je reçois beaucoup de messages de sympathie pour ce personnage.
Q : Dans votre œuvre, on retrouve des personnages du nom de Oz, Alice, la famille Baskerville, pouvez-vous nous parler de vos références ?
Jun Mochizuki : Le livre qui m'a le plus influencé dans l'écriture de Pandora Hearts est évidemment Les Aventures d'Alice au pays des merveilles. Je l'ai lu dans tous les sens avant de commencer ! Les autres références sont plutôt des clins d'œil qui n'ont pas de signification particulière.
Q : Vous avez écrit plusieurs histoires avant Pandora Hearts, que gardez-vous de ces expériences ?
Jun Mochizuki : Mon œuvre précédente la plus récente est Crimson-Shell, qui a été prépubliée dans un magazine de SQUARE ENIX pendant 6 mois et j'ai tout de suite enchaîné sur Pandora Hearts. Je n'ai donc pas eu le temps de tirer des leçons de cette expérience, si ce n'est que même si les délais de rendu d'un travail paraissent courts, on y arrive toujours.
Q : En quoi Pandora Hearts se différencie des autres mangas, peut-on parler d'une touche artistique personnelle ?
Jun Mochizuki : Je ne pense pas qu'on puisse parler d'un style Mochizuki et je ne cherche pas à marquer le monde du manga de mon empreinte ! Mais les lecteurs me disent souvent que dans l'évolution de mes histoires, il y a une succession de périodes d'euphories et de périodes sombres.
Q : Vous avez plutôt exploré des mondes fantastiques jusque là, avez-vous envie d'explorer d'autres univers ?
Jun Mochizuki : Pour l'instant, je suis complètement immergée dans l'univers de la fantasy mais si je pouvais, j'aimerais en effet explorer des univers différents. J'ai une attirance particulière pour tout ce qui touche à la Chine et à l'Histoire. J'aimerais raconter des histoires qui se passeraient en Chine ou au Japon mais dans un passé lointain...
Q : Merci et à bientôt !
Céline Maxant














