Le deuxième film de l'adaptation cinématographique de GANTZ sortira en DVD et Blu-ray le 1er février 2012 chez Wild Side. Il sera possible de découvrir GANTZ Révolution en avant-première lors d'une séance de cinéma aux Utopiales de Nantes le vendredi 11 novembre 2011. L'occasion de revenir sur le premier volet du titre : GANTZ Au commencement, en rayon quant à lui depuis le 7 septembre.
GANTZ est un manga de science-fiction créé par Hiroya Oku dans lequel on suit la lutte de Kei Kurono et Masaru Katō contre des aliens, après qu'ils aient été ressuscités par une sphère mystérieuse du nom de Gantz. GANTZ Au commencement, le premier épisode de l'adaptation live, se voulait le plus fidèle possible à l'œuvre originale. Le pari a-t-il été réussi ?
Le scénario divise fans et néophytes
L'adaptation d'une œuvre littéraire est toujours une entreprise périlleuse se soldant soit pas un succès mitigé, soit par une chimère digne du musée des horreurs où trône aujourd'hui en qualité de pièce maîtresse Dragon Ball Evolution. Les fans mi-inquiets mi-impatients attendaient GANTZ Au commencement au tournant.
Et force est de constater que le scénario souffre de raccourcis qui les feront grincer des dents. Tout d'abord, blockbuster tout public oblige, dites adieu aux jolies jeunes filles nues qui surpeuplaient le manga.
Ensuite, Kei Kurono, joué par Kazunari Ninomiya (Les Lettres d'Iwo Jima), se trouve amputé de son obsession pour le sexe qui n'est pas seulement un élément du fanservice mais un moteur chez ce héros. Ne supportant pas que la fille aux gros seins du groupe craque pour Masaru Katō, interprété par Kenichi Matsuyama (Death Note, La Ballade de l'impossible), sa jalousie se transforme au fur et à mesure en colère et sa colère en rage. Cette progression qui marque le manga ne se retrouve pas dans le film et le personnage s'affadie.
GANTZ Au commencement met l'accent sur l'action plutôt que de creuser le caractère de ses personnages. Non pas qu'ils aient une psychologie si complexe à la base mais c'est le fait qu'ils soient grossis − Kei Kurono comme égoïste pervers, Masaru Katō comme humaniste et pleureuse digne des plus somptueux enterrements −, qui produit un impact sur le lecteur. Transformation intéressante cependant : Masaru Katō parait plus viril et Kei Kishimoto, interprétée par Natsuna Watanabe (prochainement dans Ranma ½), plus forte, puisqu'ils n'ont pas le temps de s'épandre en mièvreries.
Côté action, on regrette que les missions aient été écourtées de manière drastique. Le dénouement de la première n'expose pas assez l'opposition morale et fondamentale entre les deux héros masculins. Celui de la deuxième ne met pas assez en lumière la première victoire du Kei Kurono, qui est un des déclencheurs de sa folie meurtrière et qui fera de lui un héros pour le moins antipathique.
Enfin, la mission contre les bouddhas est, dans l'œuvre originale, le point culminant de la première partie de l'histoire. Dans cette mission les gantzers, tout comme les lecteurs, se rendent compte de la cruauté du monde de Gantz et de la faiblesse humaine. À nouveau, en tant que lecteur assidu de l'œuvre originale, on ne retrouve pas ces sentiments avec la même force. Le problème est que cette version cinématographique se veut plus épurée pour pouvoir être visionnée par un public plus large. Or le manga ne cherche en aucun cas à être subtil, sa violence et sa sexualité exacerbées font partie de son essence même. Il en résulte un décalage que les fans de la première heure auront du mal à accepter.
En revanche, les néophytes trouveront leur compte dans ce film d'action rondement mené et bien équilibré entre scènes d'action et scènes de la vie quotidienne. Le casting est plutôt convaincant, si on ne connaît pas les personnages de départ, avec une mention spéciale pour Kanata Hongō qui interprète un Nishi agréablement horripilant.
Les effets spéciaux et les décors les réconcilient
Côté réalisation, on est submergé par la foule de détails que le réalisateur Shinsuke Satō a transposé du manga à la pellicule. Tout d'abord l'emblématique combinaison de cuir, très ressemblante, qui suscitera autant d'enthousiasme chez les spectateurs qu'elle en a suscité chez les acteurs. La réalisation de cet accessoire aurait nécessité pas moins de 5 prototypes successifs. Les armes quant à elles ont été quelque peu modifiées et construites avec plus de texture et de volume, pour plus de rendu. Hiroya Oku lui-même a été ravi du résultat : « J'étais impressionné par la manière dont ils les ont réalisés. Elles diffèrent légèrement de celles du manga, mais elles sont tout aussi bien. » La fameuse sphère noire quant à elle est très fidèlement reproduite, ceci nécessitant deux versions l'une ouverte et la seconde fermée.
En ce qui concerne les décors, les aliens et autres effets spéciaux tels que la téléportation, de gros efforts ont été fournis pour rester au plus proche de l'œuvre de Hiroya Oku. Pour recréer cette atmosphère d'étrangeté M. Satō explique qu'il a préféré utiliser, en plus des effets numériques, du maquillage, des masques ainsi que des objets réels pour les aliens. Et il faut avouer que c'est réussi. Que ce soit les extraterrestres poireaux quasi humains, Tanaka qui pourrait faire figure de méchant dans Kamen Rider, ou encore le bouddha géant d'où semble s'échapper du marshmallow − mais où sont les ghostbusters ?! − les spectateurs se sentent aussi perdus que les héros dans ce monde farfelu.
Ajoutons que le DVD se complète d'un making of dans lequel on peut voir l'implication totale des acteurs qui ont fait eux-mêmes les cascades. On y voit donc Kenichi Matsuyama effectuer un saut de 7 mètres dans un parking entièrement reconstruit pour l'occasion.
Alors bien qu'il manque du contenu, le contenant est très fignolé, faisant de GANTZ Au commencement un bon divertissement si on le distance du manga. Le pari est donc à moitié gagné, et il ne reste plus qu'à attendre la deuxième partie, qui se détache de l'œuvre papier au profit d'une narration originale, pour voir si Shinsuke Satō et son équipe ont réussi à surpasser le manga.
Bande-annonce française du film GANTZ par journaldujapon
Lauréline Lalau

















