Eden of the East : Le pouvoir des NEETs

Eden of the East© Higashi no Eden Production Committee

Création originale du studio d'animation Production I.G. et du réalisateur Kenji Kamiyama (Ghost in the Shell : Stand Alone Complex, Seirei no Moribito), la saga Eden of the East est un drame social dans lequel Akira Takizawa, amnésique, découvre avec l'aide de Saki Morimi, une jeune femme rencontrée par hasard, qu'il est lié à un attentat qui touché le Japon.

Eden of the EastUn selecao en communication avec Juiz
© Higashi no Eden Production Committee

Le 22 novembre 2010 le Japon est frappé par une attaque terroriste. Ce jour, connu comme le « lundi funeste », dix missiles se sont abattus sur le pays ne faisant pourtant aucun mort. En 2011 à Washington, Saki Morimi fait la rencontre de Akira Takizawa. Celui-ci est nu et amnésique. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui lui est arrivé. Ils découvrent petit à petit que Akira est peut-être responsable de la menace qui pèse sur le Japon. Il ferait en effet partie des 11 selecao qui, gratifiés d'une somme d'argent astronomique, sont contraints, sous peine d'être éliminés, par une organisation mystérieuse à prendre le contrôle du Japon pour le bien du pays.

Eden of the East© Higashi no Eden Production Committee

L'histoire est articulée autour de la quête d'identité du héros. On retrouve des bouts de son passé et les raisons de sa perte de mémoire au fil des 11 épisodes de la série. Les pièces du puzzle sont rassemblés à la fin de façon astucieuse. On est happé par cette recherche de vérité surtout quand on réalise que Akira est au cœur d'un conflit national qui oppose la population japonaise aux NEETs, ces jeunes exclus parce qu'ils refusent d'assumer des responsabilités qui n'ont pas de sens pour eux.

Un conflit qui est en fait le témoin d'une critique sociale. On y découvre une société japonaise léthargique. Coincée entre des dirigeants qui fuient toute prise de décision et un corporatisme poussé qui punit la prise d'initiative.
Le peuple japonais est finalement tellement figé par ses problèmes, tant indifférent aux autres, qu'une sorte de déception nait du fait que les missiles n'ait fait aucune victime. Ils en auraient fait, les choses aurait peut-être bougées... Les NEETs, guidés par Akira, Saki, quelques acolytes et leur Eden of the East (une sorte de réseau social de réalité augmentée), y sont un symbole de liberté et les sauveurs de l'humanité. Ils revendiquent une forme d'individualité, sans pour autant en perdre leur sens de la communauté (ce qu'on leur reproche de manquer).

Eden of the EastLa rencontre entre Akira et Saki
© Higashi no Eden Production Committee

Mais le récit ne serait rien sans l'histoire de la rencontre entre Akira et Saki, des personnages vrais et touchants qui portent l'anime, d'autant plus lorsqu'ils sont réunis. Akira représente l'espoir. De façon plus terre à terre il est d'un naturel optimiste sans faille. Quand il réalise qu'il a perdu la mémoire et qu'il la retrouve peu à peu découvrant tous les problèmes moraux auxquels il doit faire face, il n'abandonne pas, et dans tout ses choix, il fait confiance au peuple japonais.
Saki est une jeune femme qui a fini la fac et qui doute. Elle sait qu'elle n'a pas sa place dans un bureau mais veut assumer ses responsabilités pour aider sa sœur qui l'a prise sous son aile. Elle ne sait pas encore quelle direction prendre et se découvre grâce à l'influence de Akira.

Eden of the EastUne menace pèse sur le Japon
© Higashi no Eden Production Committee

L'œuvre incite les Japonais à retrouver une cohésion, réveiller un sentiment de solidarité et de façon plus simple à se bouger les fesses. L'intrigue politique n'est pas toujours facile à suivre mais ça on le comprend bien.

Tant la narration que l'animation font de la série et des deux films (The King of Eden et Paradise Lost) une œuvre riche et sublime. C'est à Kenji Kamiyama qu'on doit toutes les références cinématographiques de la saga. Elles vont de La mémoire dans la peau à Le Grand Bleu. Avec Eden of the East il allie comédie romantique, humour, sentiments, action et mystère avec une grande cohérence. Comme si la série avait été montée à l'image d'un grand film.
Le design est quant à lui signé Chika Umino dont on a déjà pu voir toute l'étendue du talent dans Honey and Clover. La chara-designer a su rendre toute l'humanité aux personnages allant avec la maturité de l'œuvre. Côté musique, nous n'étions pas en reste avec le compositeur Kenji Kawai et la particpation des groupes Oasis et School Food Punishment pour les génériques Falling Down (version japonaise) et futuristic imagination.

Les DVD et Blu-ray sont sortis chez Kazé courant 2011.

Céline Maxant