Nihon no nyûzu : Le récap de l'actu nippone

Voici Nihon no nyûzu, votre actu de la semaine !

Fukushima

Lundi vers 19h, le courant s'est brutalement interrompu dans une partie de la centrale de Fukushima Daiichi, ce qui a causé l'arrêt des dispositifs de refroidissement des piscines des réacteurs 1, 3 et 4 et d'un bassin commun contenant des milliers d'assemblages de combustibles usés.

Le rétablissement s'est fait petit à petit et la panne a été totalement résolue mercredi matin.

Cette panne a été jugée la plus grave depuis mi-décembre 2011 alors qu'elle était déclarée stable.

La société Tepco (Tokyo Electric Power) a été lourdement critiquée pour avoir mis trois heures à informer le public de cette panne, mais la compagnie s'est montrée très rassurante en assurant qu'il aurait fallu plusieurs jours avant que la température n'atteigne un niveau susceptible d'inquiéter.

Après plusieurs jours, la société a confirmé la présence d'un rat qui aurait pu être la cause du dysfonctionnement.

Un rat à Fukushima

Le rat, élément conducteur, aurait pu faire jonction entre deux connexions électriques et faire ainsi disjoncter les équipements.

Action pour les régions sinistrées :

Rikuzentakata est une petite ville dans la préfecture d'Iwate qui a été en grande partie ravagée par le raz-de-marée le 11 mars 2011. Pour aider les habitants des régions sinistrées qui ont perdu logement et travail, des habitations temporaires ont été construites et quelques emplois créés.

Parmi ces emplois, la fabrication de porte-clés appelés « 瓦Re » a vu le jour. Re vient du mot anglais « Remember » et 瓦 (kanji) veut dire gravats, l'objectif étant que personne n'oublie le 11 mars ni les personnes qui vivent aujourd'hui dans de tristes conditions.

Porte-clés 瓦Re

Ces porte-clés sont fabriqués par une trentaine de personnes, majoritairement des femmes au foyer, des personnes âgées et des personnes handicapées qui ont tous perdu. Chaque porte-clé est unique et fabriqué à la main. Chaque pièce rapporte environ 600 yens à la personne qui les aura fabriqués.

Pour en savoir plus : des étudiants japonais de l'Université de Strasbourg ont créé une page Facebook sur cette action.

Technologie

Mico, la nouvelle technologie selon Neurowear :

Neurowear, l'entreprise de la « communication du futur » et créatrice des « Nekomimi » (oreilles de chat qui bougent par la pensée) se lance dans un nouveau projet. Les produits de l'entreprise sont essentiellement basés sur les signaux biologiques comme les ondes cérébrales, les émotions ou encore le rythme cardiaque.

Ce mois-ci, elle nous présente un casque pour le moins surprenant : Le Mico. Celui-ci serait relié uniquement aux pensées et jouerait les musiques en fonction des humeurs de celui qui le porte à partir d'un iPhone ou d'un Android.

Le projet n'est cependant pas abouti et les testeurs restent encore sceptiques quant à la capacité du capteur à identifier l'état émotionnel. Cependant, Neurowear reste positif et assure que le produit sera totalement abouti lors de la commercialisation.

AquaTop Display

Le 22 mars, Yasuhi Matoba, un étudiant de l'université d'électro-communication de Tokyo, présentait un projet dont il est co-créateur au salon Laval Virtual de Mayenne : l'AquaTop Display. Son principe ? Un écran interactif à la surface de l'eau.

Dans sa démonstration, le jeune Japonais plonge ses mains dans de l'eau opacifiée par du sel de bain et joue avec les lumières créées par des capteurs de mouvements Kinect. Des lumières, des images déplacées et supprimées d'un simple geste comme sur un écran tactile, le concept semble quasiment commercialisable.

Le projet a remporté un franc succès auprès des visiteurs et pourrait bientôt être disponible sur le marché.

Les Japonais inventent le papier transparent

Les premiers échantillons rappellent la pellicule de polyéthylène, cependant ce sont des nanotissus de cellulose. Ces tissus sont 20 fois plus minces que le cheveu humain. Un mètre carré de la feuille la plus fine pèse 8 grammes, tandis que le papier le plus épais pèse 85 grammes. Le papier transparent est souple et léger.

Selon les créateurs des entreprises Mitsubishi Chemical Corp et Oji Holdings, ce papier devrait remplacer le verre dans les tablettes numériques. Dans l'avenir, cette invention permettra de fabriquer des écrans flexibles et des tablettes qu'on pourra plier comme une feuille de papier.

Economie

Fabuleuse trouvaille

Près de l'île de Minamitorishima, à 2 000 km de Tokyo, des échantillons de boue prélevés à 5 800 mètres de profondeur dans l'océan Pacifique ont révélé d'importantes concentrations de terres rares servant à la fabrication de nombreux produits de haute technologie (éolienne, smartphone, etc.), d'après un communiqué des chercheurs de l'université de Tokyo et de l'Agence des sciences et technologies marines et terrestres.

Ces gisements pourraient être une bonne nouvelle pour le Japon qui dépend principalement de la Chine pour l'importation de ces terres, freinée par les conflits diplomatiques sino-japonais.

Les échantillons prélevés renfermaient quelques-uns des 17 métaux appelés « terres rares » et leur concentration serait 20 à 30 fois plus forte que celle des minerais prélevés dans les mines chinoises.

Selon les scientifiques, les fonds sous-marins japonais pourraient en contenir environ 6,8 millions de tonnes soit 220 fois le volume annuel moyen utilisé par l'industrie.
Il existe cependant une contrainte que le quotidien Yomiuri rappelle : aucune exploitation minière n'aurait été jusqu'à présent rentable en dessous de 5 000 mètres de profondeur.
Les scientifiques signalent qu'ils vont poursuivre les recherches afin de déterminer la quantité exacte de terres rares enfermées sous l'océan Pacifique environnant le Japon.

Sport

Le judo japonais contraint de punir ses entraîneurs

Le Comité olympique japonais (COJ) a mis fin au financement de la Fédération niponne de judo et lui a ordonné de prendre des mesures préventives et de punir les entraîneurs qui ont commis des gestes répréhensibles sur des judokas féminines.
En effet, Ryuji Sonoda, ancien champion du monde, avait démissionné en janvier après avoir giflé et battu régulièrement à coups de sabre en bambou des membres de l'équipe.

RyujiRyuji Sonoda. The Guardian

Le COJ a indiqué mardi qu'il avait annulé une subvention annuelle de 250 millions de yens (2, 03 millions d'euros) promise à la fédération. Le COJ a aussi ordonné que la violence chez les entraîneurs ne soit pas tolérée, qu'il y ait plus de transparence dans le processus de sélection des équipes nationales et qu'il y ait une augmentation du nombre d'entraîneurs féminins.

Le scandale est né des accusations déposées par 15 athlètes féminines pour harcèlement et agression physique d'ex-entraîneurs nationaux. Ces gestes auraient été commis à l'entraînement, avant les Jeux de Londres.

Les punitions corporelles dans les sports japonais se sont retrouvées sous les feux de la rampe après qu'un adolescent japonais se soit suicidé en décembre après avoir été battu à répétition par son entraîneur de basketball à l'école secondaire.

Le COJ est déterminé à éradiquer de telles pratiques alors que Tokyo tente d'obtenir l'organisation des Jeux d'été de 2020. Les violences corporelles dans le sport sont devenues un sujet de débat tendu pour le peuple japonais, encore scandalisé par le suicide du jeune basketteur.

Aurore Lopez