moumoon : l’interview peace and love

C’est en mai 2010 que les amateurs de j-music découvrait moumoon et son single Sunshine Girl, qui allait nous accompagner durant tout l’été… Trois ans plus tard, après une reconnaissance aussi bien publique que critique, ce duo nippon formé en 2005 débarque en France pour le Tokyo Crazy Kawai Festival, qui a lieu ce weekend.

Rencontre avec la chanteuse Yuka et le compositeur Kôsuke Masaki, afin de vous faire découvrir cette formation électro-pop et folk au son doux et entrainant…. Rencontre sous le signe du lov’ powa

 

moumoon : création, fonctionnement… et France !

Bonjour moumoon… pour commencer parlons du nom de votre groupe, que l’on peut traduire par « tendre lune »… Pourquoi ce nom, comment est-il né ?

Yuka : Une lune douce, molle, moelleuse. Pour que les gens qui nous écoutent se sentent adoucis, bercés. Et tout comme la Lune qui change d’apparence, cela exprime aussi l’existence de nos diverses faces musicales.
Masaki : La Lune a cet aspect doux et apaisant, et puis aussi un côté romantique.

moumoon

Une part de votre nom est française. Que représente pour vous ce pays et votre venue en septembre ?

Yuka : C’est la première fois de ma vie que j’irai en France. Je ne peux pas m’empêcher d’être heureuse, car Paris est une ville que beaucoup de personnes dans le monde entier souhaiteraient visiter.
Masaki : C’est un peu un lieu idéalisé, où on aimerait se rendre au moins une fois dans sa vie. Le charmes des rues, les bâtiments historiques, et puis on s’imagine toujours les Français comme des gens très classes et bien habillés. Le ‘mou’ de moumoon vient du français, donc j’ai un peu un sentiment de « enfin un concert en France, ça y est ! »

Comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux ?

Yuka : Tout a commencé quand un ami commun m’a fait écouter la démo qu’avait enregistré Masaki. Ce fut un choc pour moi !
Masaki : Et par la suite, j’ai demandé à Yuka de m’écrire des paroles pour cette musique et nous l’avons enregistrée. Et voilà ! C’était ça ! Nous tenions la symbiose parfaite entre ma musique et ses paroles, et nous avons enregistré plein d’autres démos par la suite. Puis à la même époque, on a commencé à se produire en live, on a réussi à sortir un CD avec un label indé, et c’est comme ça que la machine s’est mise en route.

Quels sont vos références musicales ?
Yuka : Björk
Masaki : Pour moi, Valensia.

Pain Killer

Comment sont composés les morceaux et écrit les textes et comment fonctionne votre collaboration ?

Yuka : D’habitude, Masaki compose une mélodie, il me l’envoie et j’écris ensuite les paroles. Mais récemment nous composons souvent la mélodie ensemble. Puis je crée les paroles, on essaye différents arrangements, et comme nous sommes plutôt perfectionnistes, cela prend du temps. Certains morceaux ont pris presque 3 ans à naître.

Masaki : Oui depuis peu on entame le processus de création ensemble dès le début. Mais, quand je faisais ça encore tout seul, je prenais ma guitare ou je m’installais au piano, et je jouais librement, essayais d’autres instruments, parfois j’allais même marcher un peu, laissant venir l’inspiration jusqu’à ce qu’une mélodie prenne forme. Puis je discutais avec Yuka sur différents arrangements qu’on pouvait faire. Je pense qu’on a un processus de création très débrouillard, bricoleur.

moumoon --Photo mu-mo--

Est-ce que chacun pourrait nous dire ce qu’il apprécie particulièrement chez l’autre ?

Yuka : Masaki possède une sensibilité incroyable. A l’époque où nous avons monté le groupe, quand j’ai écouté sa démo, j’ai tout de suite ressenti quelque chose. Je me suis dit « C’est lui !! C’est la personne qui saura créer la musique qui m’inspire »

Masaki : Yuka a une voix si particulière, tendre par moments, puissante par d’autres, et qui possède cette douceur, ce côté moelleux, elle a un son vraiment très agréable. Et j’adore le monde qu’elle tisse avec ses paroles. En plus, elle apprend aussi très très vite à jouer des instruments.

 

Des morceaux et des messages positifs

En France on vous a connu avec le morceau Sunshine Girl. Parlez-nous de sa création…

Yuka : Cette chanson a été créée de façon vraiment très détendue, très relax, un peu comme un jeu. Nous avons accordé beaucoup d’importance à la douceur du son et avons même changé la tonalité pour une plus grave. On voulait une chanson qui serait comme un nuage enveloppant le cœur.

Masaki : Cette chanson est devenu le thème pour une publicité de cosmétique. Je m’étais mis au piano et je suis resté une semaine entière sur cette mélodie afin de la saisir. Et puis c’est venu d’un coup ! Yuka a écrit des paroles qui collent parfaitement à la musique, nous avons rajoutés d’autres instruments et voilà !

Que ce soit dans Sunshine Girl dans Love is everywhere ou encore dans le titre de votre dernier album Pain Killer, il semble que vous vouliez passer des messages plutôt positifs dans votre musique… Qu’est-ce qui vous donne votre bonne humeur ?

Yuka : Dans de nombreux cas, les chansons au début sont très sombres, et puis on les travaille, écoute, réécoute, retravaille, et le résultat est cette énergie positive, pleine de bonheur. Tout le monde a des hauts et des bas, et cela se ressent encore plus quand on crée de la musique.

Masaki : Ce qui m’inspire principalement, c’est le rock anglais un peu rétro, la pop américaine.

Y-a-t-il d’autres messages que vous voulez faire passer dans votre musique ?

Yuka : Quand les gens écoutent moumoon, je veux qu’ils se sentent apaisés. Et que, de cette plénitude, découle une certaine joie. Nous essayons de faire parvenir ce genre de message, que vous soyez naturellement souriants.
Masaki : Il y a beaucoup de petits détails dans notre musique. Même après plusieurs écoutes; on découvre encore des choses. Beaucoup de chansons qui sont aimées par le fans ne sont même pas éditées en singles. Notre message est juste de prendre son temps, d’écouter et apprécier la musique.

 

10 ans de moumoon : passé, présent et futur

moumoon

L’année prochaine le groupe fêtera ses 10 ans. Quel est le moment de votre carrière qui vous a le plus marqué ?

Yuka : Je me répète mais je me souviens quand j’ai écouté pour la première fois la démo de Masaki. C’était comme un électrochoc ! Et il y a aussi quand on enregistre les chansons chez Masaki. Je pense que moumoon est ce qu’il est car nous y mettons toute notre énergie, et nous essayons de partager nos sentiments avec tout le monde.

Masaki: Ce n’est pas un bon souvenir, mais l’année dernière nous devions donner un concert à l’extérieur, mais il a dû être annulé pour cause de typhon ! C’était très impressionnant ! Je me suis dit que même ce genre de chose pouvait arriver, à nous ! Sinon, évidemment, le tout premier concert de moumoon. C’était dans une petite live house, nous avons seulement joué quelques chansons, mais quel bon souvenir !

Y-a-t-il des types de musique que vous aimeriez explorer dans les années à venir ?

Yuka : Je ne prête pas trop attention aux genres. En studio, nous faisons beaucoup d’expérimentations et nous assemblons une à une les pièces qui composent nos chansons. Il n’y a pas de décision préalable sur le genre, ou de surprise une fois la chanson finie. Mais si je devais choisir un fil conducteur, je dirai qu’en ce moment j’ai envie de faire des chansons un peu folles, totalement euphoriques !
Masaki : Non pas de genre en particulier, moumoon va évoluer naturellement, et justement j’espère garder un aspect inclassable pour notre musique.

Comment vous imaginez votre concert en France ? Et d’ailleurs quel est la réputation du public français au Japon ?

Yuka : C’est la première fois que nous allons en France alors je n’arrête pas de me demander comment va réagir le public ! Je suis sûre que tout le monde sera souriant, les Français ont la réputation d’être gentils. J’espère que nous passerons un super moment tous ensemble !
Masaki : C’est la première fois que nous nous produirons sur scène à l’étranger, alors je n’ai aucune idée de comment réagira le public. En tout cas nous espérons que les Français prendront plaisir à venir nous écouter.

moumoon en concert à Kamakura

 

Quels sont vos futurs projets ?

Yuka : La sortie de notre prochain album. J’espère qu’il vous plaira autant qu’à nous !

Masaki : Nous sommes en train de compléter notre prochain album.

Et pour finir, quels sont les morceaux de musique dans votre playlist en ce moment ?

Yuka : Un groupe qui s’appelle MUTEMATH. J’adore ! C’est un genre très différent de nous…
Masaki : J’écoute beaucoup le dernier Daft Punk.

Merci Moumoon, et rendez-vous ce weekend sur scène !

Vous pouvez retrouver et/ou suivre le groupe sur « leur site »:http://www.moumoon.com/index.html, leur « compte YouTube »:http://www.youtube.com/user/moumoonchannel, leur page « Facebook »:http://www.facebook.com/moumoon.official ou les comptes Twitter de « Yuka »:https://twitter.com/moumoon726YUKA ou de « Masaki »:https://twitter.com/moumoon_masaki.

Remerciements à Yuka et Masaki pour leur temps et leurs sympathiques réponses, ainsi qu’à l’équipe du TCKP.

Paul OZOUF

Rédacteur en chef de Journal du Japon depuis fin 2012 et fondateur de Paoru.fr, je m'intéresse au Japon depuis toujours et en plus de deux décennies je suis très loin d'en avoir fait le tour, bien au contraire. Avec la passion pour ce pays, sa culture mais aussi pour l'exercice journalistique en bandoulière, je continue mon chemin... Qui est aussi une aventure humaine avec la plus chouette des équipes !

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