Mikimoto : l’île des petites perles précieuses

Il était une fois, au bord de la ville de Toba, coin tranquille de la préfecture de Mie, une île : Mikimoto.

Mie - Japon

NB : Mer du Japon ou Mer de l’Est d’après l’organisme gouvernemental coréen KOCIS

Si vous êtes passionné ou intéressé par les bijoux, vous connaissez sûrement ce nom. En effet, on y cultive des perles d’huîtres, les plus pures et les plus belles du monde. La toute petite île aujourd’hui se visite, mais Mikimoto c’est avant tout une belle histoire… Journal du Japon vous emmène à la rencontre des huîtres perlières, connues dans le monde entier.

Perles Mikimoto

 

Kokichi MIKIMOTO, l’homme ambitieux

Né en 1858 à Toba, le jeune Mikimoto grandit dans une famille de moyenne fortune, qui possède un restaurant de nouille. Depuis tout petit il a l’ambition de devenir riche, il fait des études d’anglais et ouvre un commerce de légumes à côté de son travail, au restaurant de ses parents.

À l’âge de 20 ans, curieux de découvrir comment le commerce fonctionne ailleurs, il entreprend un voyage vers Tokyo, Osaka et Kyoto. Il découvre le commerce de la mer et notamment les perles à huîtres de Shima, menacée par la pêche intensive. Mikimoto se montre intéressé par ces perles et garde cette idée de les produire un jour.

Kokichi Mikimoto, a un âge avancé.

Kokichi Mikimoto, a un âge avancé.

Il se lance dans l’aventure en 1888, sans savoir comment cultiver des perles. Personne au monde ne l’avait encore jamais fait. Les perles, jusqu’à présent, étaient uniquement fabriquées par la nature, sans l’aide de l’homme. Mikimoto cherche, teste, échoue, essaye encore et arrive à mettre en place une production. Il introduit, chaque jour, les éclats de coquillages dans les huîtres et patiente. Cette aventure il là vit avec sa femme, Ume avec qui il aura cinq enfants. En 1892, les espoirs s’amenuisent, les algues rouges, espèce invasive, envahissent ses huîtres et tuent une partie de la production.

Il ne reste plus que les huîtres de l’île de Ojima.

Aujourd’hui la statue du producteur de perles trône sur l’île musée de Mikimoto. Crédit :
2010Network

Au bout d’une année, sa femme plonge et récupère cinq perles, leur première production. Mikimoto a réussi à trouver la méthode de la culture de la perle en 1893.

Peu de temps après sa femme, gravement malade succombe, et Mikimoto se voue alors à leur projet de toute une vie : produire des perles.

Se perfectionner au fil des années

Conscient du potentiel, Mikimoto dépose rapidement un brevet pour la production de ses perles, en 1908.
Pendant ce temps, il s’installe sur l’île de Tatokujima et construit les bases de son commerce. La production fonctionne bien, il s’enrichit.
Une première boutique est ouverte à Tokyo, et la famille impériale commande des perles pour les offrir en cadeau à la famille royale d’Angleterre : Mikimoto gagne en prestige.

Démonstration d'un savoir faire, avec cette cloche ornée de perles.

Démonstration d’un savoir faire, avec cette cloche ornée de perles. Crédits : mikimoto.com

Sa technique s’améliore, il maîtrise complètement la culture des huîtres et mise sur la qualité plutôt que la quantité. Il devient ainsi le bijoutier de la famille impériale et un commerçant traitant avec le monde entier. Une boutique est ouverte sur la place Vendôme à Paris, le quartier des meilleurs bijoutiers du monde.
Mikimoto meurt en 1954. Le Japon le reconnaît aujourd’hui comme l’un des 15 meilleurs inventeurs japonais de l’histoire du Japon.

La boutique, place Vendôme à Paris. Crédits : mikimoto.com

La boutique, place Vendôme à Paris. Crédits : mikimoto.com

Des perles d’une qualité exceptionnelle

Comme nous le disons précédemment, afin de créer sa perle, Mikimoto introduit chaque jour des éclats de coquillages dans les huîtres.
Aujourd’hui la technique a évolué, et l’on introduit une greffe du « manteau » d’une huître productrice dans une autre huître. Un petit coquillage est également introduit et l’huître va naturellement recouvrir ce dernier de nacre. En effet à l’état naturel, une huître se protège de cette façon : lorsque un corps étranger entre dans sa coquille elle produit du nacre pour ne pas être irritée.

Il faut trois ans d’attente pour obtenir une perle. L’huître est placé dans des filets en pleine mer pendant cette période, sous haute surveillance.
Ce sont ensuite les amas, femmes plongeuses qui partent à la récolte des perles. Elles plongent en apnée sous l’eau et remplissent leur petit panier flottant à la surface.

Toutes les perles non parfaites (pas parfaitement ronde, de piètre qualité…) sont aujourd’hui vendues à petits prix dans les boutiques de la ville. Pour les autres il faut mettre le prix fort. La maison ne se contente pas de produire les perles, mais également de les travailler et de les assembler en bijoux.

Si l’envie de faire un cadeau pour Noël vous prend, vous pouvez acheter des perles et des bijoux sur place, mais aussi dans la boutique de la place Vendôme à Paris ou sur le site internet de Mikimoto. 

Une île musée

En voyage au Japon, il ne faut surtout pas manquer la visite de l’île d’Ojima, aujourd’hui rebaptisé Mikimoto. Cette île musée retrace l’histoire du créateur, possède un laboratoire où la technique de la culture est expliquée et en plus d’une très belle boutique, où le visiteur peut admirer les plus belles pièces réalisées depuis plus de un siècle par la maison.

Réalisée en perles, cette pièce du musée est une des plus appréciée. Crédits : yyz2ngo

Réalisée en perles, cette pièce du musée est une des plus appréciée. Crédits : yyz2ngo

L’attraction la plus célèbre reste cette des femmes plongeuses, les amas, qui font une démonstration plusieurs fois par jour, aux touristes. Très bien fait, instructive et interactive, cette île musée permet de passer une bonne demie journée à la découverte de cette perle précieuse.

Depuis la gare de Toba, longez le bord de mer jusqu’à atteindre la passerelle qui relie la ville à l’île.

La petite île de Mikimoto se situe environ à cinq minutes à pied. Elle est reconnaissable grâce à sa passerelle qui la raccorde à la ville de Toba. Crédits : yyz2ngo

Mikimoto, avec son ambition a changé l’économie locale de la ville de Toba. Profitez de votre passage pour visiter la petite ville et notamment ses très belles plages à l’aide de notre article vacances et bien être sur Journal du Japon.

Vacances bien-être ou l’art de ne rien faire au Japon

Madeline Chollet

@mad_ctravel

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