Kazuyoshi MIURA : l’éternel footballeur japonais

Footballeur International Japonais ayant commencé sa carrière au Brésil, non on ne va pas parler de Tsubasa OHZORA, héros du célèbre manga Captain Tsubasa. Aujourd’hui on va s’intéresser à Kazuyoshi MIURA, véritable icône au Japon. Il s’agit justement de l’homme qui a inspiré Yoichi TAKAHASHI dans le récit de son œuvre. Surnommé « King Kazu » en référence au Roi Pelé, le joueur extravagant du Japon, ambidextre, a ajouté en septembre 2020 un record de plus à sa collection. Il est devenu à 53 ans, le joueur le plus âgé titulaire en J-League, la ligue de football japonaise professionnelle.

Kazuyoshi MIURA et Tsubasa OHZORA

La jeunesse de « King Kazu »

Né le 26 février 1967 à Shizuoka. Il prend le nom de sa mère, Yumiko MIURA, en raison de la liaison de son père avec les Yakuza.

Son apprentissage du football débute à 5 ans dans le club entraîné par son oncle. Il continue sa formation chez les jeunes dans l’équipe du lycée Jonai de Shizuoka. Toujours dans la même ville, il poursuit au lycée Gakuen.

À seulement 15 ans il quitte son Japon natal pour rejoindre le Brésil. Il ne parle pas la langue mais il s’accroche. Grâce à son talent il va percer dans le petit club du CA Juventus avant de signer son premier contrat professionnel en 1986 en rejoignant le Santos FC, à seulement 19 ans. Il s’agit du club formateur du Roi Pelé, cela lui vaudra d’être surnommé « King Kazu » par la suite. À cette époque-là il s’agit d’un exploit pour un japonais si jeune de devenir professionnel au Brésil. Le Japon est alors bien loin d’être un pays du football. Premier record à son palmarès, il devient le premier joueur japonais à devenir footballeur professionnel en dehors du pays.

Kazuyoshi MIURA au Santos FC (Source : mundo-nipo.com)

Il enchaine, sur plusieurs années, les clubs brésiliens : Palmeiras, XV de Jau, Coritiba avant de retourner au Santos FC. Sa réussite en dehors du pays est une première aux yeux des japonais. Il est rapidement devenu une star du football dans son pays mais également au Brésil, malgré des statistiques mitigés (59 matchs / 7 buts au Brésil). Toutefois, ses années au Brésil lui permettent de définir son style de jeu et de se rapprocher des spécificités brésiliennes avec un jeu en dribble et artistique.

Icône au Japon, Inconnu ou presque en Europe

Sa découverte de la J-League

Il arrive comme une idole au Yomiuri FC (aujourd’hui renommé Tokyo Verdy) en 1990. C’est d’ailleurs durant cette décennie que ce club ajoute la plupart de son palmarès avec MIURA comme figure principale. C’est d’ailleurs peu après qu’il découvre les joies de la sélection nationale.

Kazuyoshi MIURA domine le championnat japonais avec son club pendant 4 années d’affilée. À cette période-là il marque de nombreux buts. Dans les boîtes de nuits japonaises, on danse sur la « Kazu dance » qui est directement inspirée de ses célébrations de buts sur le rythme de la samba. Il est le joueur dont le Japon et la J-League avait besoin pour franchir un cap. Il devient le porte-étendard de la sélection des Samurai Blues. En 1992, les nippons remportent le Coupe d’Asie sur leurs terres. Kazu est élu meilleur joueur de la compétition. Ce titre devient le premier de la sélection japonaise.

Ci dessous un exemple d’une « Kazu Dance » réalisé  récemment par lui-même lors de la célébration d’un de ses buts.

Courts passages en Europe avant le retour

Kazuyoshi MIURA au Genoa

L’Europe commence à s’intéresser à lui. Il est prêté au Genoa, en Italie, et devient ainsi le premier footballeur japonais à jouer en Serie A. Le Genoa le teste, mais c’est également l’aspect marketing qui attirent les dirigeants du club. Quelques matchs plus tard, il retourne dans son club au Japon avec comme bilan : une blessure contre l’AC Milan et un seul petit but lors du derby face à la Sampdoria. Son premier passage en Europe ne fut pas un grand succès. Il retentera plus tard un passage en Croatie, sans une plus grande réussite.

En retournant au Verdy Kawasaki, nouveau nom du Yomiuri FC, les résultats du club ne sont plus à la hauteur des espérances. L’équipe vieillit, le niveau global du championnat augmente. En 1999, il signe au Kyoto Purple Sanga. Il y marquera son centième but en J-League contre le Vissel Kobe, club qu’il rejoindra la saison suivante.

Son temps commence à lui être compté. Il devient alors remplaçant et joue de moins en moins. Son passage à Kobe est relativement un échec. Il entame alors le début de sa fin de carrière en rebondissant au Yokohama FC, qu’il ne quittera seulement quelques mois pour jouer à Sydney en Australie avant de revenir. Ce passage lui permettra de faire partie du clan très fermé des joueurs à avoir évolué sur au moins 4 continents. À son retour, il remporte la deuxième division japonaise et permet à son club de découvrir pour la première fois la J-League.

Kazuyoshi MIURA au Yokohama FC

Un bilan de carrière riche en records pour Kazuyoshi MIURA

Ses records en club

Depuis, il continue sa carrière dans le même club essentiellement en deuxième division, enchaînant les records liés à son âge. En 2014, il obtient le record du joueur le plus vieux à jouer en J-League 2 à l’âge de 47 ans. À 50 ans, en 2017, il devient le plus vieux buteur du championnat japonais. En aout 2020, contre Sagan Tosu en coupe de la ligue, Kazuyoshi MIURA détrône Stanley MATTHEWS en devenant le joueur le plus âgé à jouer un match professionnel. Enfin le 23 septembre 2020, il ajoute un dernier record en étant titulaire et capitaine en J-League. Ainsi à 53 ans, il bat son prédécesseur Masashi NAKAYAMA, qui avait joué son dernier match de J-League en 2012 à 45 ans.

« Bien s’entraîner, bien manger, bien dormir…mais le plus important c’est la passion », cette philosophie le pousse à dépasser ses capacités. Il aime trop le football pour arrêter. Kazuyoshi MIURA a été tout le long de sa carrière un joueur avec un style extravaguant mais aussi un grand professionnel.

Kazuyoshi MIURA? vers de nouveaux records ©Imago / AFLOSPORT

Kazeyoshi MIURA, un Samurai Blue

En plus de ses exploits en club, Kazuyoshi MIURA a fait le bonheur de la sélection nationale entre 1990 et 2000. Son bilan est de 89 matchs pour 55 buts. Il est aidé par quelques quadruplés et même un sextuplé contre de modestes équipes d’Asie. Cependant, en France, on pourra regretter son absence au mondial 1998. L’entraîneur de l’époque l’ayant écarté par rapport à son style de jeu qui était éloigné du style japonais traditionnel, tout en discipline. Il reste à l’heure actuelle deuxième buteur historique de l’équipe nationale derrière Kunishige KAMAMOTO.

En 2012, il se met à jouer pour la sélection japonaise de futsal. Il joue quelques matchs et dispute même la Coupe du monde. Le Japon ayant perdu en huitième de finale.

 

Kazuyoshi MIURA restera un footballeur peu connu du public européen malgré le fait qu’il ait beaucoup apporté au football japonais. C’est un véritable ambassadeur de sa discipline au pays du soleil levant. Sa passion et son style a permis au football japonais de gagner en popularité. Ce qui a permis l’éclosion de jeunes talents comme Hidetoshi NAKATA. Son nom est évoqué seulement pour ses records liés à son âge ou son lien avec le manga Captain Tsubasa. La licence continue elle aussi son chemin, depuis 2018 l’anime a subi un lifting et est diffusé sur ADN. En mai, il faisait partie d’une sélection sportive que nous vous avons partagé, et vous avez peut-être déjà joué au jeux vidéo sorti fin août. Néanmoins, si vous voulez jouer avec le « vrai » Tsubasa OHZORA, vous pouvez retrouver Kazuyoshi MIURA dans le dernier FIFA sorti début octobre. En effet, après de nombreuses années d’absences dans le jeu, grâce à la montée en première division de son club, vous pourrez jouer avec lui.
À l’image de la longévité de la licence, la carrière de notre footballeur japonais perdure dans le temps, comme s’il était à l’image d’une œuvre : éternel. Jusqu’où ira-t ’il ? Va-t-il agrandir sa longue collection de records ? Tout le Japon rêve d’un dernier but en première division de « King Kazu ».

Kazuyoshi MIURA, vers un clap de fin ? ©Getty Images

 

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