[Attentes mangas] 9 nouveautés 2020 qu’il ne fallait pas rater !

L’année 2020 n’aura pas été habituelle, c’est indéniable, mais l’équipe de Journal du Japon a cherché à vous trouver mois après mois les nouvelles séries pour lesquelles jeter un œil était essentiel. En ce mois de décembre, il est donc temps de voir si oui ou non, les titres choisis ont confirmé leur potentiel. S’il vous reste encore quelques étrennes, n’hésitez donc pas à vous pencher dessus, surtout avec Noël qui approche…

D’ici là, on vous souhaite de bonnes lectures !

 

couverture du tome 1 de birdmen chez vegaBirdmen – Vega éditions

Birdmen est sans conteste la nouveauté qui m’a le plus marqué cette année. Il est écrit et dessiné par Yellow TANABE (Kekkaishi, Laughter in the End of the World), autrice de qualité mais trop discrète en France, et publié par Vega, jeune éditeur sur le marché du manga.

Birdmen, comme son titre le laisse présager, raconte l’histoire d’une bande de collégiens qui, suite à une mystérieuse rencontre lors d’un accident de la route, se retrouvent maîtres d’un étrange pouvoir leur permettant, entre autres, de voler. Au delà de ce pitch aux allures banal se cache un seinen au récit bien ficelé et aux enjeux internationaux, même si encore flous pour le moment. C’est surtout l’esthétique du manga qui m’a touché. Yellow TANABE a un dessin sobre mais un sens du rythme, de la composition des pages et de l’introduction des personnages rare dans le domaine. Pour créer l’apparence “Birdmen” des héros elle s’est inspirée des costumes de Gatchaman, anime culte des années 70, tout en conservant une identité propre à sa série.

Birdmen fait parti de ces aventures stoppées net par le confinement et nous avons dû nous contenter de deux uniques tomes pour 2020. Heureusement, les récentes nouvelles sont rassurantes : la suite arrivera bel et bien en 2021 chez l’éditeur ! (Elliot)

 

Couverture du tome 1 de Shaman King Flowers chez KanaShaman King Flowers – Editions Kana 

Après 14 années écroulées depuis le tome 32 de Shaman King (par Hiroyuki TAKEI), qui a laissé des milliers de lecteurs sur une note d’amertume difficilement digérable, l’année 2020 est arrivée avec son lot de bonnes nouvelles pour les amoureux de ce titre tristement passé aux oubliettes pour le grand public. Nous avons ainsi pu enfin découvrir la véritable fin du titre, grâce au tome 33 paru en janvier de cette année, ainsi que la suite des aventures au travers de la next generation au centre de Shaman King Flowers.

Si le premier tome de Shaman King Flowers peut laisser une impression de « réchauffé » annonciateur d’une suite basée sur du fan service, avec un personnage principal qui se contente d’être un « Yoh blond » et sa fiancée d’être une « Anna patch » sans réels intérêts apparents – allant jusqu’à porter les mêmes tenues et présenter les mêmes caractéristiques psychologiques (fainéantise pour l’un, volonté de fer pour l’autre) – le tome 2, lui, vient rassurer le lecteur en posant l’intrigue principal qui apporte sa légitimité au titre.

Shaman King étant LE titre phare de mon enfance, je ne pouvais qu’avoir un regard sévère sur cette suite que j’ai tant attendu. La frustration du début s’est évaporée grâce à l’originalité du titre qui s’est doucement dessinée au fil des 3 tomes de Shaman King Flowers sortis à ce jour, et c’est donc tout naturellement qu’il est pour moi l’une des réussites de l’année. (Rokusan)

 

Couverture du tome 1 de Spy x Family chez KurokawaSpy x Family – Kurokawa

Je n’avais jamais entendu parler de Tetsuya ENDO avant Spy X Family, toutefois les nombreux éloges concernant cette saga et le synopsis ont tôt fait de me décider à essayer ce premier tome et la suite derrière.

Twilight, le plus grand espion du monde, doit pour sa nouvelle mission mettre en place une famille de toutes pièces […] Il va alors adopter une petite fille en ignorant qu’elle est télépathe, et s’associer à une jeune femme timide, sans se douter qu’elle est en réalité une redoutable tueuse à gages. Et on peut dire que ce premier volume tient en effet ses promesses !

On assiste à un savant mélange entre comédie et action, très bien équilibré. Se succèdent alors des passages d’action où interviendra notre espion charismatique (qui n’a vraiment rien à envier à un Sean Connery dans ses meilleurs films) et les scènes de vie de famille mettant en scène notre trio très…folklorique. Et comme vous pouvez vous en douter, ces dernières sont riches en quiproquos et situations rocambolesques, pour notre plus grand plaisir. Le chara-design est quant à lui parfaitement adapté à cette alternance avec des traits tantôt durs et tantôt froids qui viennent, d’un côté, renforcer les scènes sérieuses  et des visages au contraire ronds et adorables pour servir l’aspect comédie de l’autre. Un must-have ! (Quentin)

 

asadora-1-tempAsadora! – Editions Kana

Naoki URASAWA n’est plus un auteur que l’on présente. Ses différentes œuvres non plus d’ailleurs, notamment les incontournables Monster et 20th Century Boys.

Mais au-delà de ses titres phares qui lui ont valu sa réputation, ce qui est particulièrement remarquable chez cet auteur est sa passion sans limite pour son art. Quand certains auteurs se complaisent à rallonger des titres pour continuer à vendre sur le dos d’un même succès, d’autres comme Urasawa s’acharnent à produire des œuvres de qualité, et à continuer de nous transporter dans différents univers tout aussi originaux les uns que les autres.

Asadora! est un parfait exemple de ce don pour l’intrigue. Dans la nouvelle œuvre de Naoki URASAWA, nous rencontrons Asa Asadora, une petite fille de 12 ans courageuse et téméraire, qui vit le plus grand drame de sa vie suite au passage d’un typhon sur son village… En dire plus serait gâcher le plaisir que nous procure la fin du tome 1 qui vient poser la trame du récit : du fantastique mélangé à la vie quotidienne des japonais après la seconde guerre mondiale pour un titre prometteur. (Rokusan)

 

girls-last-tour-1-omakeGirls’ Last Tour – Omake Books

S’il y a bien une série qui m’a vraiment surprise, et dans le bon sens j’entends, c’est Girl’s Last Tour, réalisée par TSUKUMIZU dont c’est la première œuvre connue en France.

Le premier volume est sorti en février, nous en sommes déjà à 4… mais, curieusement, je me souviens encore parfaitement du premier tome. J’ai vraiment apprécié cette entrée en la matière et pourtant, rares sont les séries post-apocalyptiques qui m’intéressent réellement mais celle-ci est teintée d’une certaine nostalgie qui a fait mouche, tout simplement.

On suit deux jeunes filles, Chito et Yuri, aux caractères bien différents et qui pourtant se complètent dans un monde assez hostile au final. On comprend bien vite que notre civilisation telle qu’on la connait a disparu depuis un moment, mais elles sont là, ces deux filles en tenue militaire et qui avancent, tentant de comprendre le monde qui les entourent : passé, présent, mais en se questionnant aussi sur le futur. Si vous faites attention, de nombreuses références historiques, culturelles sont parsemées ici et là et on prend plaisir à suivre leur quotidien pourtant très morne. Une sorte de survival qui sort du lot tant il est en décalage : on ne peut l’expliquer clairement, mais on ressent vraiment quelque chose d’à la fois chaleureux et mélancolique à sa lecture. (Charlène)

 

Couverture du tome 1 de Assistant Assassin chez Omaké MangaAssistant Assassin (Omake Manga) & Akamatsu et Seven (IDP Boy’s Love)

Un même mangaka peut être édité au même moment dans des magazines différents. C’est le cas de Hiromasa OKUJIMA. Par chance, cette année, nous avons pu lire en français deux de ces fameux titres. L’un est un shōnen, l’autre un boy’s love.

Assistant Assassin (Omake manga) nous raconte l’histoire d’un mangaka qui veut devenir professionnel, mais qui n’est pour l’instant qu’assistant. Il n’arrive pas à se faire publier alors, pour boucler les fins de mois difficiles, il a un petit boulot : celui d’assassin. Certains diront qu’il faut avoir un petit côté psychopathe pour devenir mangaka et notre héros en serait donc un très bon représentant. C’est bourré d’humour, instructif quant au métier de mangaka et d’assistant. Le dosage baston/humour est parfait. Un cocktail explosif parfait pour se détendre en ce moment !

Couverture du tome 1 de Akamatsu et seven chez IDP Boys LoveAutre cocktail explosif Akamatsu et Seven (IDP boy’s love). Sur ce projet, il s’occupe des dessins alors que SHOOWA s’occupe du scénario. Autrice de boy’s love reconnue, elle s’est lancée dans un tandem détonnant avec OKUJIMA. Ce dernier se dit lui-même quarantenaire, marié avec deux enfants, et ne voit pas où serait le mal de parler d’histoire d’amour gay. En 2020, nous sommes tous d’accord (en tout cas à la rédaction de JDJ du moins) pour valider cet avis.

Dans ce récit nous avons, d’un côté, Akamatsu un lycéen yankee de 17 an ets gay. En conflit avec son père, il quitte sa famille pour vivre dans un appartement loué par son oncle. De l’autre nous avons Seven qui est un autre yankee d’une vingtaine d’années ayant quitté l’organisation avec qui il vivait depuis son enfance. Débute alors une colocation intéressante.

Deux univers différents, et pourtant tout aussi jouissifs et drôles l’un que l’autre. Hiromasa OKUJIMA est un mangaka à suivre de près, on le retrouvera d’ailleurs en 2021 chez Ki-oon avec des yankees (encore !) plongés dans un isekai… Bref, un auteur à suivre ! (Tatiana)

 

yawara-1-kanaYawara! – Editions Kana

Comme l’a si bien écrit Rokusan ci-dessus, a-t-on encore besoin de présenter Naoki URASAWA ? Lorsque l’on continue de voir sortir ses œuvres en France, on ne peut qu’être joie ! Cette année, septembre surtout, fut une période très URASAWA : sa toute dernière série en date Asadora! (voir plus haut), Atchoum! un recueil de nouvelles et surtout la sortie d’une de ses toutes premières séries, si ce n’est SA première série en tant que scénariste/dessinateur : Yawara! 

Alors fan de l’auteur, et de sport par la même occasion, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir sa première série sportive, prémices de celle qui suivra Happy. Ici on se positionne sur l’univers du judo, un sport national japonais au même niveau que le baseball. On va suivre le quotidien d’une jeune prodige de la discipline : Yawara Inokuma, jeune lycéenne qui n’aspire qu’à une vie tranquille alors que son grand-père ancien grand sportif lui voit un avenir tout tracé … jusqu’aux JO, rien que ça !

S’ensuit donc avec ce premier volume une bagarre bon enfant et perpétuelle entre la petite fille et son grand-père, alors même que tout se met en place pour la pousser à assumer le fait qu’elle est une vraie championne en devenir : après toute une enfance conditionnée par le judo, il faut dire que les réflexes ont la vie dure ici ! Bref, on sent toutes les promesses qu’offrira par la suite l’auteur, des balbutiements qui indiquent sa marque de fabrique, et on valide ! (Charlène)

 

couverture du tome 1 de Transparente chez KurokawaTransparente – Kurokawa

 “Elle peut faire disparaître son corps… par sa culpabilité

Intrigant comme pitch, non ? Et même si l’on parle de “pouvoir”, nous sommes très trèèèès loin d’un manga de super-héros, car Transparente tient beaucoup plus du thriller noir et fantastique. Aya Kinomiya, 9 ans, grandit entre un père violent, un frère apathique et une mère qui tente de protéger ses enfants… Aya aimerait bien disparaître et fuir ce quotidien cauchemardesque. Là voilà comblée, d’une bien étrange façon, avec ce don d’invisibilité. Pour autant, son quotidien ne change pas… Alors elle met fin à l’insoutenable, et décide de tuer son père. Mais est-ce qu’elle va, pour autant, réussir à être heureuse après ça ?

Seinen en 4 tomes des éditions Kurokawa, voici sans nul doute l’un des meilleurs titres de l’année et un must-read instantané si vous êtes fan des thriller et des scénarios soignés avec des rebondissements qui vous retournent le cerveau ou des cliffhangers qui mettent à mal votre palpitant. Transparente sort clairement des sentiers battus, tout en conservant une qualité de narration et de mise en scène dans le haut du panier.

En dehors de ce meurtre fondateur qui sera le fil rouge de ce récit, revenant la hanter et l’empêcher d’accéder au bonheur, le premier tome marque d’abord le lecteur par son chara-design et son identité graphique : les planches sont sobres mais les contrastes très tranchés – tout est d’ailleurs histoire de contraste dans ce titre – les lignes droites et rudes, froides, viennent sans arrêt heurter les personnages plein de courbes et d’envie de vivre. Les compositions et les cadrages, enfin, sont millimétrés avec, toujours, une intention : celle de nous focaliser sur le personnage et la tonalité que prend sa vie à un instant T. Symbole d’une vraie volonté artistique, le volume 3 prend des paris très forts avec des pages – des chapitres même – sans un mot, des planches qui se répètent presque à l’identique, pour imprimer l’ambiance et amplifier l’immersion du lecteur… Jun OGINO sait où il va, est audacieux et maîtrise à merveille son médium.

Sur le plan du scénario et de sa mise en scène, ce récit s’écoule le long des introspections de son héroïne et de ses rares – mais tellement précieuses et lumineuses – amitiés lycéennes. Les silences et les colères y sont toujours saisissants : ce père qui pète un plomb, une famille au bord du gouffre, une violence sourde, le chara-design qui se déforme et caractérise le monstre, puis on retombe sur un calme plat, jusqu’à l’apathie devant le quotidien qui paraît insipide, sans oublier des moments père-fille plus doux qui viendront nourrir les doutes de notre héroïne. Plein d’éléments qui intriguent énormément et qui poussent à la lecture du second tome où le lien entre le pouvoir d’invisibilité de Aya et sa culpabilité prend tout son sens : la lecture est alors un pur régal de tension, de tempo, de découverte du bonheur pour l’héroïne, de la peur qu’elle a de le perdre… une angoisse qui devient une certitude, au fil des pages, pour le lecteur. La boule au ventre, on dévore le volume comme rarement on a dévoré un manga et nous vous tairons, pour ne rien gâcher, dans quel état nous étions en refermant cet opus. Le tome 3, lui, nous enverra avec son héroïne au fond du trou, au fond de la solitude dont on désire ardemment la voir sortir. Inutile de vous dire que l’on attend avec impatience le dernier numéro à la couverture très mystérieuse : adieu les portraits des 3 premier opus, remplacés par un bout de route, à la sortie d’une ville de campagne. 

La fin du chemin ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ?! Une seule certitude : ce titre nous a totalement sous son emprise ! (Paul)

Voici pour cette petite sélection. Vous aussi, n’hésitez pas à rebondir et à faire remonter vos coups de cœur ! Dans tous les cas, on se retrouve l’an prochain avec toujours plus de propositions… Passez de bonnes fêtes !

 

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