Secret Japon : sur la piste des Anciens au Pays du Soleil Levant

Si les anciennes civilisations et le Japon vous intéressent, Franck Ferrandis a écrit et illustré son carnet de voyage en trois tomes pour faire voyager le lecteur dans le temps et l’espace, sur la piste des Anciens au pays du Soleil Levant, où l’archipel ne portait pas encore son nom de Japon. Retour à la fin du paléolithique à la (re)découverte de mondes engloutis !

Les 3 tomes font découvrir de nombreuses traces de l’Ancien et Secret Japon disséminées dans l’Archipel : les mystérieuses statuettes aux lunettes Dogū ; les vases Jōmon aux allures de saint Graal ; divers sites d’observation et de suivi des phénomènes célestes ; les kofun, imposants tertres pyramidaux et tumulus ; les mystérieuses tablettes d’Okinawa, clés de la compréhension de la Préhistoire dans les Ryūkyū qui leur valent le surnom d’«Okinawa Rosetta» (en référence à la pierre de Rosette)

En route pour découvrir une facette secrète de l’archipel japonais qui s’avère très passionnante !

©Franck Ferrandis

 

Des mondes engloutis et des artéfacts étranges…

Liés aux changements périodiques de l’excentricité de l’orbite terrestre et de l’obliquité de son axe de rotation, les cycles de Milanković sont responsables des glaciations périodiques qui immobilisent des quantités énormes d’eau sous la forme de glace. L’exposition solaire fluctuant permet ainsi des cycles de glaciations et de submersions dues au dégel des glaces. Lors du dernier maximum glaciaire, il y a 22 000 ans, la mer libéra parfois des continents entiers, comme le Sundaland.

Le lecteur explore ainsi avec l’auteur, grâce à ce cahier de voyage en 3 tomes, les vestiges de ces mondes oubliés, sur la piste des Anciens au pays du Soleil Levant. Chaque page riche en croquis, dessins et photos des sites est une invitation à rêver et imaginer ces temps anciens et ces civilisations oubliées à travers d’étonnants monuments mais aussi d’artéfacts qui peuvent nous sembler étranges aujourd’hui.

Des mondes engloutis

Des mondes engloutis ©Franck Ferrandis

Des dogū et des vases de la période Jōmon, Eden préhistorique ?

Lorsque l’on parle du Japon, les époques qui reviennent le plus souvent sont le Sengoku, Edo ou Heian par exemple. La préhistoire japonaise est souvent ignorée, à tord… Entourées de mystères et de leur beauté primitive, les dogū, ces « figurines de terre cuite » littéralement, sont des vestiges des premiers habitants de l’archipel. Les dessins de Franck Ferrandis reproduisent les nombreux détails (formes géométriques et glyphes) qui laissent à penser à un ancien culte de la fertilité où ces figures féminines devaient servir de messagers… D’autres voient en ces dogū une preuve qui valide la théorie des anciens astronautes. En effet, pour les partisans du néo-évhémérisme, les statuettes représenteraient d’anciens visiteurs d’un autre monde munis de combinaisons spatiales. Les extra-terrestres auraient apporté sur Terre des connaissances et des technologies dans les domaines comme l’écriture, l’architecture, l’agriculture, les mathématiques, l’astronomie et la médecine. Les vases de la période Jōmon interpellent aussi l’œil avec leurs ornements qui subliment la terre cuite utilisée. Il y a de cela 10 000 ans la main de l’homme façonnait déjà de belles œuvres d’art qui n’ont rien à envier à nos créations actuelles.

Des dogū

Des dogū de différents styles ©Franck Ferrandis

Des monolithes pour suivre les événements célestes ?

De passage à Nara, en général, les touristes visitent le Tōdai-ji pour admirer son Grand Bouddha (Daibutsu) de 16 mètres et de plus de 400 tonnes ! S’il est toujours plaisant et apaisant de déambuler dans le parc de la ville où plus de 1 200 cerfs sika déambulent librement, la ville d’Asuka moins touristique réserve quelques artéfacts et blocs de pierre qui méritent une visite ! L’auteur s’est rendu sur plusieurs de ces sites mystérieux et d’une richesse de formes qui (dé)montrent le génie de l’humanité dans l’observation des événements célestes.

Ainsi, la préfecture de Nara regorge de dolmens, structures mégalithiques aux dimensions spectaculaires qui ne peuvent laisser indifférents les visiteurs ! Les nombreuses photos du Dolmen de Ishibutai rendent compte de l’ingéniosité de l’humanité… L’auteur explique qu’avec les éléments topologiques le dolmen était parfaitement perpendiculaire à l’axe du lever du soleil au solstice d’hiver ou du coucher du soleil au solstice d’été. Autre élément remarquable, depuis Ishibutai, à 62 km de distance, le sommet du mont Rokko (931 m) est clairement visible depuis l’ouverture du dolmen.

Des ensembles mégalithiques d'Asuka

Des ensembles mégalithiques d’Asuka ©Franck Ferrandis

Encore plus surprenant, le monolithe de Sakafune Ishi situé sur le sommet d’une colline ! Les rigoles et les cuvettes permettaient de suivre toute une série d’événements célestes pendant la période Jōmon grâce à l’indice de viscosité. Les hommes de la préhistoire japonaise devaient utiliser de l’eau ou du saké pour déterminer les périodes de semailles par exemple. D’ailleurs, encore plus troublant, en janvier 2000, à la base de la colline, des vestiges d’une installation cérémonielle ont été découverts dont une vasque Tortue-Univers. Ces structures sont associées à l’impératrice Saimei de la période d’Asuka et au Palais Futatsuki figurant dans le récit mythique du Nihon Shoki (Chroniques du Japon). Si aujourd’hui, il est fréquent de trouver un dragon aux fontaines des temples, la tortue devait avoir ce rôle jadis.

Sakafune Ishi

Sakafune Ishi ©Franck Ferrandis

Autre mégalithe particulier : le Masuda no Iwafune, « un navire de pierre échoué hors du temps » comme le décrit si bien l’auteur ! Les visiteurs les plus ouverts d’esprit peuvent voir un petit vaisseau spatial en ce vestige de la période Jōmon, dont le poids est estimé entre 600 à 800 tonnes et dont les dimensions font 11 x 8 x 4,7 m de hauteur, réemployé aux périodes suivantes de Kofun et Asuka. Tout du moins, il s’agit plutôt d’une métamachine à usage cosmogonique et cérémoniel qui peut laisser à penser que d’autres éléments restent peut-être à découvrir dans la zone. Niché autour de bambous, le mystère reste entier !

Masuda no Iwafune

Masuda no Iwafune ©Franck Ferrandis

Fascinantes îles Ryūkyū

Le troisième tome est un véritable guide pour découvrir Okinawa et l’ancien royaume des Ryūkyū riche en vestiges que les touristes au Japon auraient tort de louper en visite sur l’île ! On y découvre de beaux châteaux aux murs polygonaux aux propriétés antisismiques façon « blocs en Tétris » ou « ailes de libellules »… Okinawa regorge de merveilles qui peuvent être aussi sous-marines, comme par exemple le site de Yonaguni. Ce sont aussi de mystérieuses tablettes retrouvées qui semblent être une clé de compréhension de la préhistoire de la zone. Si on ne dispose que d’une douzaine d’artéfacts, on peut y identifier une série d’objets comme des temples de bois surmontés de symboles, des Oiseaux-lumières, des pyramides, des bateaux…

Tablette d’Okinawa ©Franck Ferrandis

 

Secret Japon remplit toutes ses promesses de découverte et de voyage dans le Japon ancien et mystérieux ! Les 3 tomes de 80 pages mêlant carnets de croquis et plus de 300 dessins et photos des sites rendent compte du voyage de leur auteur, Franck Ferrandis, à la recherche d’endroits insolites et reculés qui méritent d’être plus connus des visiteurs au Japon. Si les figurines de terre cuite, les dogū, ainsi que les kofun ne seront pas pour la plupart d’entre nous des nouveautés, de nombreux monolithes seront des endroits à ajouter dans sa liste à visiter ! Les textes et leur jargon scientifique ou théologique pourront en rebuter certains mais les images, croquis et dessins de l’auteur savent s’apprécier et sont le cœur de l’ouvrage destiné à des curieux qui ont l’esprit ouvert en quête de l’ancien et secret Japon.

Plus d’informations et d’images sur le site de l’auteur.

David Maingot

Responsable Culture à JDJ et passionné de la culture et d l'histoire du Japon, je rédige des articles en lien avec ces thèmes principalement.

7 réponses

  1. Olivier dit :

    Très joli ouvrage, mais pour l’aspect scientifique à ranger dans le rayon ésotérisme des librairies. On est dans la droite ligne des bouquins sur les Atlantes, le continent perdu de Mü, les illuminati, les trésor des Templiers et le Graal, etc. Dire de ceux qui veulent bien croire à des théories extravagantes qu’ils sont « ouvert d’esprit », c’est ma foi un peu limite 😉

    • David Maingot dit :

      Bonjour,
      Je suis David, le rédacteur de l’article.
      Il est en effet question de science mais pas que dans l’ouvrage. D’ailleurs, pour avoir suivi une scolarité scientifique, je ne crois pas en ces croyances ésotériques mais pour autant, cela ne m’a pas empêché d’apprécier la lecture. Je parle de « visiteurs les plus ouverts d’esprit » : le « les plus » a son importance. Et je parle aussi de « pour les partisans du néo-évhémérisme » qui marque aussi une certaine distance critique.

      • Olivier dit :

        Merci de la précision 😀 en fait le problème du sujet traité, c’est de savoir si c’est vous qui mettez ces mises en garde ou si c’est précisé dans l’ouvrage? Du coup si c’est vous, ça renforce l’idée qu’il faut bien souligner le fait que cet ouvrage n’a rien de scientifique. Merci pour votre réponse et au plaisir d’un prochain article 😀

        • David Maingot dit :

          L’ouvrage ne se prétend jamais scientifique. D’ailleurs, la page de garde des 3 tomes explique entre autre : « Mêlant carnets de croquis, dessins et photos des sites parmi les plus intrigants au monde, ce tout premier tome fait parcourir au lecteur la piste des Anciens au pays du Soleil Levant. Ceux qui savent voir y trouverons peut-être des réponses, sinon de passionnantes questions, mais n’y cherchez pas de thèses : ce recueil est une invitation aux voyages, rêve et réenchantement… Bonnes découvertes. » Les textes sont vraiment « soft » et n’ont rien à voir avec des théories du complot ou des thèses de platistes. Au plaisir. Mon prochain article à venir prochainement sera sur le roman « Le Silence de l’amour » de François Simon dans un tout autre univers (musical cette fois-ci) tout aussi enrichissant et intéressant !

          • Olivier dit :

            Ha bin merci pour ces précisions du coup, J’avoue j’ai regardé les vidéos de présentation, me suis arrêté sur les pages présentées des carnets (dans la vidéo en arrêt sur image). C’est en effet de très beau recueil de croquis et une balade ésotérique et fantastique. et impatient de lire votre prochain article du coup 🙂

  2. Alexander dit :

    GUIDES DE VOYAGES INCONTOURNABLES : DES MONUMENTS ET LIEUX UNIQUES
    C »est sur les recommandations et encouragements du responsable de la Préhistoire du Tokyo National Museum que cet artiste et professeur à publié ses carnets de voyages (à cause du caractère totalement inédit). C’est d’ailleurs un excellent ouvrage avec références archéologiques et scientifiques. Toutes les publications référées sont présentent en bas de page (Cambridge University, Tokyo University, etc). DES OUVRAGES PARFAITS POUR UNE VISITE INÉDITE ET INATTENDUE DU JAPON DONC.

    Bien sûr cet auteur est très très marqué par l’École Pratique des Hautes Études : quant on le lis on a l’impression d’un résumé maitrisé de cours (il a été professeur d’histoire de l’art, cela se sent). Féru d’Hermémeutique (discipline académique in situ) je comprends son intérêt pour les Cosmogonie (il ‘est d’ailleurs vu confié des documents qui n’étaient jamais sortis des archives de temple).

    Les références littéraires aux mouvements artistiques et littéraires ne manquent pas dans les très rares textes (des Photos et des dessins magnifiques forment 80% des livres).

    J’ai acheté cette série d’ouvrages pour tous mes amis se languissant de retourner au Japon. Même ceux qui y vont depuis 30 ans vont d’étonnements en étonnements. Des Excursions se préparent, les ouvrages sont en fait des Guides de Voyage.

  3. Kenji dit :

    Ces trois livres seront mes Guides de Voyage pour tous mes prochains séjours au Japon. Jamais je n’avais vu de tels vestiges. Ils sont d’ailleurs parfaitement indiqués, il y a en des centaines. Je me suis renseigné et j’ai hâte pouvoir acheter l’édition anglaise qui n’aura pas de photos et seulement ses magnifiques dessins quand je repasserai à la Librairie du British Museum (à Londres) ; sa sortie est prévue pour 2022 chez Bloombury Publishing (USA) et Wooden Books (UK).

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