Hikaru Utada, Kaze Fujii … Les sorties d’albums J-Music du début d’année

Alors que 2021 fut une année très chargée en sorties, 2022 paraît déjà lui tenir tête. Entre pop, rock ou encore R&B, il y en a pour tous les goûts. Avec certains des plus grands noms de la scène musicale japonaise, partons à la découverte des albums J-Music qui ont su marquer nos esprits de janvier à avril.

Bad Mode – Hikaru UTADA

4 ans après son dernier album Hatsukoi, Hikaru UTADA dévoile Bad Mode, le huitième album studio de sa carrière. Sorti le 19 janvier, jour du 39ème anniversaire de l’un des artistes japonais les plus connus à travers le monde, cet album nous plonge dans ses pensées les plus intimes et sincères. Au fil de l’album, on découvre le personnage sensible mais fort qui se cache sous la belle voix de Hikaru.

L’ambiance envoûtante de l’album nous prend aux tripes dès les premières secondes : l’auditeur rentre dans Bad Mode par le titre éponyme, une chanson pop aux sonorités jazz et R&B dans laquelle Hikki (surnom de l’artiste) explique le concept de « bad mode », soit le fait de ne pas se sentir en phase psychologiquement. L’inspiration de ce morceau est en grande partie tirée des effets secondaires de la pandémie du coronavirus durant laquelle Hikaru, comme beaucoup, s’est senti.e au plus bas mentalement. « Que tu sois au top de ta forme ou dans un bad mode, mon degré d’amour pour toi ne change pas » : en résumé, c’est le propos. L’artiste partage également à la fin de la chanson sa peur de gâcher les relations, tant amoureuses qu’amicales. S’en suit Kimi ni Muchuu (« Fou de toi »), une balade piano assez particulière de par ses basses puissantes qui résonnent et métamorphosent complètement l’atmosphère du titre. Le morceau traite le comportement que l’on peut avoir lorsqu’on aime quelqu’un à la folie : on en vient à faire des sacrifices, et parfois on finit par s’oublier soi-même tant on pense à l’autre.

Les deux chansons suivantes sont respectivement le thème principal du film Evangelion 3.0+1.0 : Thrice Upon A Time, marquant la fin de l’une des sagas phares de l’animation japonaise, et le thème d’ouverture de l’anime To Your Eternity, diffusé en printemps/été 2021. La première, intitulée One Last Kiss, peut être interprétée comme un dernier hommage à cette licence légendaire que Hikaru a accompagné sur plus d’une décennie avec ses chansons (Beautiful World, Sakura Nagashi et maintenant One Last Kiss). La seconde, quant à elle, a une signification plus profonde, et Hikaru considère d’ailleurs que c’est cette chanson qui a donné le ton de l’album : Pink Blood, quatrième titre de l’opus, parle de l’amour de soi et de l’insouciance face au jugement porté par les autres. Utada nous dit que c’est à chacun de nous de déterminer sa propre valeur, car, comme dit dans la chanson, « la seule personne qui puisse me soigner, c’est moi-même ». Cette notion d’amour-propre paraît importante aux yeux de l’artiste, puisqu’on la retrouve également à deux autres reprises dans l’album : dans Find Love, seul titre (hors bonus) entièrement en anglais, ainsi que dans Face my Fearsthème principal du jeu Kingdom Hearts 3 réalisé en collaboration avec le célèbre DJ et compositeur américain Skrillex.

Retournons dans le cours de l’album et découvrons Time, un morceau empli de regrets dans lequel Hikaru semble avoir du mal à cerner le concept de relation amoureuse, remis ainsi en cause. Mais au-delà de remettre en cause, l’artiste se permet d’innover. Dans Kibun Ja Nai No (Not in the Mood), Utada s’essaie pour la première fois à un style d’écriture particulier : les paroles de cette chanson, écrites en l’espace d’une journée, racontent une scène de vie un jour froid de décembre. Dans un album qui jusqu’alors était entièrement introspectif, on ressent enfin un contact entre l’artiste et l’extérieur. Le morceau reprenant la très célèbre comptine d’enfant « Rain, rain, go away » est parée d’une atmosphère déconnectant de la réalité qui, associée à la voix fragile de Hikaru, assure un des moments forts de Bad Mode. L’artiste invite d’ailleurs son propre fils sur ce morceau, que l’on peut entendre chanter en anglais vers la fin, marquant une expérience encore plus mémorable.

Propulsé sur un nuage après cette dernière chanson, l’auditeur n’a pas fini d’être surpris. Porté par sa superbe instrumentalisation à base de saxophone et de bongos (instrument à percussions cubain), le titre Dare ni mo Iwanai (« Je ne le dirai à personne ») prolonge l’ambiance désormais mystique qui entoure l’album. Composé par Nariaki OBUKURO, un ami de longue date, Dare ni mo Iwanai constitue un parallèle intéressant avec Time : dans ce dernier, Hikaru vit dans le passé et en émet des regrets tandis que dans le premier, l’artiste se souvient de ses erreurs passées mais ne souhaite pas les laisser influencer son approche du présent, quitte à finir blessé.e. L’artiste ne cesse jamais de grandir et veut nous montrer qu’aujourd’hui, c’est une personne forte.

En résumé, Bad Mode est un album poignant, tant musicalement que lyriquement. L’album paraît très personnel, axé sur la vie de l’artiste, mais on ne peut s’empêcher de se reconnaitre à travers certaines paroles. Pour cela, nous vous invite fortement à lire les traductions anglaises des morceaux. Hikaru UTADA prouve une énième fois que peu importe les années qui passent, son âme d’artiste saura toujours se réinventer et proposer de l’excellente musique qui au-delà du son sait toucher le cœur. L’album mériterait un article entier tant il est fascinant à décortiquer : les histoires derrière les morceaux, les références, les détails que l’on finit par entendre après plusieurs écoutes … Quel album, merci Hikki.

Love All Serve All – Kaze FUJII

En 2020, un vent nouveau souffle sur le Japon. Help Ever Hurt Never, premier album de Kaze FUJII, crée la surprise dans les charts en se plaçant nº2 du classement Oricon la semaine de sa sortie. Deux ans après, le jeune artiste originaire de la préfecture d’Okayama atteint la première place avec son deuxième projet Love All Serve All, sorti le 23 mars. Et pas de n’importe quelle manière : l’album s’est vendu à 100 000 exemplaires dès son premier jour d’exploitation ! Après une année 2021 calme en sorties mais très riche en visibilité, Kaze frappe fort en ce début d’année. Dans cet album de 11 titres, il garde sa ligne directrice musicale : un mélange de R&B et de pop aux réminiscences de kayōkyoku, pop japonaise des années 80.

Mais pour autant, il n’oublie pas d’innover : des morceaux comme damn et Hedemoneyo (« Je m’en fous ») le montrent bien, Kaze prend des libertés sur cet opus. Tant vocalement que musicalement, il confirme son statut de nouvelle star de la J-Pop en brillant à tous les niveaux. Accompagné de Yaffle, producteur de l’intégralité des morceaux de l’album, le chanteur de 24 ans au sens musical très éclectique s’essaie à tous les styles et élargit sa palette artistique.

Pour cet album Kaze a opté pour un ton beaucoup plus festif et coloré, comme le montre la pochette. Sur cette dernière, il arbore un grand sourire par-dessus un fond aux couleurs chaudes. Ce sourire est au centre du message que l’artiste veut propager au monde entier : soyez heureux, aimez-vous, et profitez de ce que la vie peut vous offrir. Un message simple, mais fondamental. Parmi les thèmes récurrents de l’album on retrouve ainsi la jeunesse, le bonheur ou encore la nostalgie, le tout couvert d’une dimension spirituelle bien caractéristique de l’univers du jeune homme. Par exemple, le titre de l’album fait lui-même référence à un enseignement de Sathya Sai Baba, un « maître spirituel » indien. Kaze se démarque de la majorité de la population japonaise sur ce point-là : c’est une personne très croyante, ce qui apporte une perspective intéressante dans sa musique et ses textes. On ressent cet aspect-ci notamment sur le morceau Garden, dans lequel l’artiste développe sa vision du « jardin spirituel », une sorte de havre de paix présent dans le cœur de chacun, qui se cultive au fur et à mesure que l’on grandit. Cette notion d’âge paraît d’ailleurs très importante aux yeux du chanteur, surtout quand il s’agit de l’adolescence à laquelle il dédie Seishun Sick (« Maladie de la jeunesse »), un hymne empli d’émotions qui dépeint la place particulière qu’a l’adolescence dans une vie.

L’album s’ouvre dans la bonne humeur avec l’ensoleillé Kirari, titre phare de sa carrière jusqu’à présent, suivi du plus traditionnel mais non moins ambiançant Matsuri (les festivals traditionnels japonais, présentés en profondeur dans cet article). Les deux morceaux élèvent l’auditeur sur un nuage de bienveillance avant de le briser violemment dans Hedemoneyo, morceau qui nous rappelle que le regard des autres n’a aucune importance. L’authenticité, chez Kaze, c’est une valeur élémentaire, et il le montre à la fois dans ses textes et dans ses choix artistiques. Dans Matsuri comme dans Hedemoneyo, l’utilisation d’instruments aux sonorités très nippones ne laissent pas indifférents, et montrent l’attachement du jeune FUJII à sa culture. L’artiste est également très proche de la nature et aime rappeler à quel point elle est belle : Garden est structuré en quatre couplets sur les quatre saisons, Sore de wa (« Sur ce ») se sert du champ lexical de la nature pour parler des sentiments, Matsuri célèbre les saisons à travers les festivals …

Mais au-delà d’être un amoureux de la nature, Kaze FUJII est aussi profondément attaché à l’humain. Car pour célébrer la vie, il faut y avoir des gens avec qui célébrer : de cette façon, derrière chaque chanson, il y a un public visé. Il dédie Lonely Rhapsody aux gens seuls, Tabiji (« Voyage ») aux jeunes diplômés, ou encore damn à ceux qui vivent à travers le regard des autres. Et pour chacun de ces publics, Kaze souhaite leur passer un message de bienveillance et de paix. Aux gens seuls, que rien ne sert d’y penser car au fond, nous sommes tous seuls et unis par cette solitude. A ceux qui dépendent du regard des autres, que le plus important est de s’aimer soi-même. Aux jeunes diplômés, que la route est encore longue et qu’il y aura toujours des hauts et des bas. C’est d’ailleurs sur Tabiji que l’album se clôture, et on ne peut qu’espérer que la route soit encore très longue pour Kaze  …

Neon – Iri

Celle que nous avions qualifiée de « renouveau du groove japonais » il y a 4 ans de cela a connu depuis une ascension à la hauteur de son talent. iri, artiste aux multiples talents, a sorti le 23 février dernier son cinquième album, intitulé neon. Sans surprise, comme pour ses derniers projets, l’influence R&B y est forte. Et c’est également une fois de plus que l’artiste a fait appel à une flambée d’excellents producteurs tels que Shin Sakiura, TAAR ou encore Yaffle (oui, le même qui a produit l’album de Kaze FUJII).

Entre mélancolie, tranquillité et extase, neon est un labyrinthe émotionnel. On en vient à se demander ce que l’artiste a souhaité nous transmettre une fois l’album terminé, et c’est l’une des raisons qui nous amène à l’écouter à nouveau. Personnage assez énigmatique, dont le vrai nom n’a pas été dévoilé officiellement, iri n’hésite pas à laisser une interprétation libre à l’auditeur dans ses textes, souvent des scènes de vie que l’on imagine tirées d’expériences personnelles. Il est difficile d’établir une liste de thèmes récurrents, mais une chose est sûre, iri aime la ville. Elle lui dédie même le morceau promotionnel de l’album, Matenrou (« Gratte-ciels »), dont le clip montre bien l’amour de l’artiste pour la ville et la nuit. En parlant d’amour, la chanteuse/rappeuse à la voix grave caractéristique dédie plus d’un morceau sur ce dernier sujet : de manière très explicite dans darling comme de manière un peu plus délicate dans Ienai (« Je ne peux pas le dire »), iri partage sa vision de ce sujet universel qu’est l’amour.

Grandement influencée par Alicia Keys dès sa jeunesse, iri use de ses influences et de son don inné pour la musique R&B pour pondre des merveilles du genre telles que Mezame (« Réveil »), Hajimari no Hi (« Le jour du début ») ou encore Ame no Nioi (« L’odeur de la pluie »). Les arrangements des divers producteurs présents sur l’album (dont iri elle-même !) collent parfaitement à la voix de la chanteuse/rappeuse japonaise et en résulte un album musicalement maîtrisé de A à Z. Que cela soit sur les titres dansants comme Waver ou sur les titres plus calmes comme Awa (« Mousse »), les atmosphères des morceaux nous frappent de plein fouet.

Enfin, celle qui avait commencé la musique avec sa guitare n’oublie pas ses racines et nous offre une touche de douceur dans baton, morceau purement romantique qui se démarque du reste de par son aspect nostalgique et sa sonorité plus instrumentale. Plus étonnant encore, le dernier morceau de l’opus, The game, démarre par d’inhabituels accords de guitare électrique, instrument que l’on entend peu voire pas du tout dans la musique de l’artiste. neon, oscillant entre nouveauté et nostalgie, mérite donc totalement sa place parmi les meilleurs albums de ce début d’année.

Happy End e no Kitai wa – Macaroni Enpitsu

Au sein d’une époque où les craintes ne cessent d’augmenter, on peut bien avoir le droit d’être optimiste. Le groupe de rock japonais Macaroni Enpitsu, du moins, est de cet avis. En intitulant leur troisième album studio « Les attentes d’une fin heureuse », le groupe aux sonorités pourtant nostalgiques portent leur regard sur l’avenir. Et dans cet avenir comme dans le présent, selon eux, c’est l’amour qui triomphe. En effet, une bonne partie des chansons de cet album traitent de ce thème vu sous différentes perspectives, dans des contextes différents. Qu’il soit romantique, amical ou familial, le groupe célèbre les joies et les peines de l’amour, à commencer par l’amour de soi dans Ikiru wo Suru (« Vivre »), qui crie fiévreusement dans son refrain « Je n’arrêterai jamais de m’aimer ». Dans un ton un peu plus classique, le mélodieux mais tranchant Suki datta (« Je t’aimais ») conte les regrets post-rupture amoureuse et dépeint ainsi l’une des facettes plus douloureuses de l’amour. Enfin, plus intimiste, le titre mother dévoile en chanson une lettre d’un individu destinée à sa mère dans laquelle il lui adresse ses peurs et lui confie son amour pour elle.

Démarrant par les paroles « La vie a été plus cruelle que je ne le pensais », l’album part étonnamment d’une manière assez péjorative, avant de conclure dans le même morceau « Ne perds pas l’espoir d’une fin heureuse ». Par là, les membres de Macaroni Enpitsu veulent nous dire qu’il ne sert à rien de perdre espoir, peu importe à quel point les choses ont l’air terribles à première vue. Quelque soit la situation il faut continuer de « vivre », comme l’indique le titre suivant, Ikiru wo Suru. Et plutôt que de simplement subir sa vie, pourquoi ne pas profiter de chaque instant intensément ? C’est ce que les morceaux Hashirigaki (« Gamin courant ») et Tomason souhaitent transmettre aux plus jeunes, notamment par la phrase « Je n’ai pas un sou mais des rêves pleins la poche » issue de la deuxième chanson.

Musicalement, Macaroni Enpitsu font ce qu’ils savent faire de mieux sur cet album. On retrouve leur son rock authentique porté par la voix expressive de Hattori, chanteur et leader du groupe qui aime s’arracher la voix sur des morceaux comme Hashirigaki ou Hachigatsu no Kagerou (« Brume de chaleur d’août »). Mais à côté de chansons rock jusque-là conformes au répertoire habituel du groupe, on retrouve quelques ovnis comme Kiss wo Shiyou (« Embrassons-nous »), une simple combinaison voix-guitare acoustique, et TONTTU, titre le plus farfelu de leur carrière. Enfin, impossible de passer à côté du célèbre hymne pop Nandemonaiyo (« Laisse tomber »), qui pose des mots sur le caractère spécial d’une relation amoureuse fusionnelle. Véritable roller coaster, Happy End e no Kitai wa est un album qui dégage une énergie et une fougue impressionnantes et dont le rock ardent n’est pas prêt de quitter nos oreilles.

Ichi – Yuuri

Devenu un incontournable de la scène musicale du pays par le biais de ses multiples hits, l’auteur-compositeur-interprète Yuuri sort son premier album, très sobrement intitulé Ichi (« Un »). Présenté dernièrement par Journal du Japon comme l’un des artistes les plus populaires chez la jeunesse japonaise, il montre dans ce premier essai pourquoi et comment il s’est établi de la sorte. Ichi est un recueil de tubes potentiels ou avérés, qui expose la facilité de l’artiste à trouver des mélodies qui restent longtemps dans la tête. En l’espace d’une heure, on assiste à un résumé des deux dernières années assez folles qu’a vécu le chanteur. Démarrant par un enchaînement de ses deux chansons les plus connues, Bételgeuse et Dry Flower, l’album veut définitivement marquer les esprits. Yuuri use de son inimitable voix rauque et de ses refrains dont lui seul a le secret tout au long de l’album, qui n’arrête jamais de nous étonner.

En plus d’être une référence de la mélodie sur le plan vocal, l’album est également très réussi du côté des productions. Dans l’ensemble plutôt simplistes en apparence, il est difficile de leur décerner beaucoup de mérite. Cependant, si les chansons marchent autant, ce n’est effectivement pas seulement grâce à la voix du chanteur, les compositions jouent aussi. Dans la douceur comme dans l’énergie, les mélodies de piano ou de guitare accompagnent parfaitement les mélodies de la voix : pour ne citer que quelques exemples, les accords de guitare de Kachou Fuugetsu (« Beautés de la nature ») n’ont rien à envier au refrain génial de la chanson, l’originale combinaison piano-guitare électrique du refrain de Senaka (« Dos ») ajoute une touche épique au morceau, et le piano dramatique de Kagome (référence à un jeu d’enfants japonais) est un soutien colossal à la performance vocale déchirante de Yuuri.

Et si le chanteur pousse autant sur sa voix, comme sur Kagome, ce n’est pas seulement pour faire joli. Yuuri est très attaché aux messages qui se cachent derrière ses chansons et souhaite les transmettre de la manière la plus expressive possible. Ainsi, s’il donne l’impression de déchirer sa voix sur Peter Pan, référence évidente au syndrome portant le même nom, c’est pour mieux communiquer la crainte d’entrer dans l’âge adulte que l’artiste, comme beaucoup d’individus, a du connaître dans sa vie. S’il fait de même dans le chaotique Smartphone Wars, c’est pour amplifier le conflit intérieur que subit la protagoniste de la chanson, une fille amoureuse qui ne peut s’empêcher de penser que son copain la trompe et qui hésite à fouiller son téléphone, qu’elle compare alors à la boîte de Pandore. Dans ces deux morceaux, et dans la quasi-intégralité de l’album, le chanteur traite de sujets qui parlent beaucoup aux jeunes gens. Que ce soit des thèmes habituels comme la rupture dans Kakurenbo (« Cache-cache ») et Shutter, ou des thèmes un peu plus originaux comme la relation entre chien et humain dans Leo, Yuuri sait parfaitement quelles émotions transmettre et sait surtout comment le faire. Ichi marque un début de carrière phénoménal pour le chanteur de 28 ans, qui a encore bien l’intention de rester au sommet pendant de longues années…

Actor – Ryokuoushoku Shakai

Sans doute l’une des belles surprises de cette année jusqu’à présent, Actor, le troisième album du groupe Ryokuoushouku Shakai (plus communément appelé Ryokushaka), nous offre une démonstration complète de la facette addictive de la pop japonaise. Virevoltant entre morceaux aux rythmes entraînants et balades aux ambiances magiques, le groupe originaire de la préfecture d’Aichi couvre une majeure partie du spectre de la J-Pop dans ce nouvel opus.

Ouvrant sur une piste instrumentale, déjà marquante par son superbe effet crescendo, Actor commence de manière très forte en enchaînant directement sur la piste principale, Character. Choisie par le groupe pour accompagner la sortie de l’album, la chanson traite la mauvaise manie de jouer un personnage au lieu d’être soi-même. A travers son gimmick entêtant et très efficace « Tout le monde a besoin de toi », le morceau communique une incommensurable joie de vivre que l’on retrouvera à plusieurs reprises dans l’album. On la retrouve en effet dans Landscape, qui se permet également d’inclure des éléments de dance à sa composition, ou bien dans Tatoe Tatoe, autre temps fort de l’album dans lequel Haruko NAGAYA, chanteuse du quatuor, n’hésite pas à se mettre en avant. Car si les compositions sont excellentes, il faut avouer que l’album n’aurait pas la même saveur sans l’accompagnement parfait qu’est la voix de cette jeune femme.

Autre grand point fort de l’album, la variété des titres apporte une dimension inépuisable à celui-ci : au fil des écoutes, on ne se sent jamais lassé. On passe sans transition de Zutto Zutto Zutto (« Toujours toujours toujours »), titre mouvementé à souhait, à Yureru (« Osciller »), qui se veut plus reposant. On alterne entre valse élégante avec A la mode ni Waltz (« Valse à la mode ») et balade déchirante avec Kesshou (« Justification ») … et la liste continue pour tout l’album. Actor est une expérience musicale propre à la J-Pop, trouvable uniquement au sein de ce genre si unique dont Ryokushaka maîtrise les codes à la perfection, offrant ainsi un album très réussi.

En l’espace de seulement quatre mois, nous avons déjà matière à établir une longue liste d’albums marquants de l’année … plus qu’à espérer qu’elle se poursuive de la même manière qu’elle a commencé !  Et vous, quels albums vous ont marqué en ce début d’année ? N’hésitez pas à écrire vos recommandations en commentaires !

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