Cécile Corbel, la mélodie du prochain Ghibli

La composition de la bande originale du prochain Ghibli a été confiée à Cécile Corbel.

L’artiste française Cécile Corbel travaille depuis plusieurs mois sur la bande originale du prochain film du studio Ghibli : Karigurashi no Arrietty.

Le vent de Bretagne souffle sur le Japon. Cécile Corbel, chanteuse et harpiste bretonne, a déjà parcouru le monde avec sa harpe celtique et ses musicien.nes : Europe, Australie, Birmanie, Estonie, États-Unis… Mais c’est son aventure sur l’archipel qui nous intéresse. L’artiste est en effet actuellement en train de finaliser la composition de la musique et l’écriture des chansons du prochain film d’animation du studio Ghibli : Karigurashi no Arrietty, avec son complice, le musicien Simon Caby.

Karigurashi no Arrietty, le nouveau long-métrage réalisé par Hiromasa Yonebayashi (qui a déjà travaillé sur Le Voyage de Chihiro, Ponyo sur la Falaise et Le Château Ambulant) sous la supervision de Hayao Miyazaki, devrait sortir cet été au Japon. C’est une adaptation du roman The Borrowers (Les Chapardeurs en français), paru en 1952 et écrit par l’anglaise Mary Norton, auteure pour enfants. On suit les aventures d’un peuple miniature, notamment celles de la famille Clock, toujours en quête d’objets humains. Bien que le travail sur le film, ainsi que sur sa bande originale, ne soient pas encore achevés, le public japonais a déjà eu la chance de découvrir le générique du film le 19 décembre dernier.

Mais il y a une petite astuce pour savoir à quoi pourra bien ressembler la musique de Karigurashi no Arrietty. Il suffit d’écouter le dernier album de Cécile Corbel SongBook vol2. « J’ai voulu garder mon style, celui que M. Suzuki a aimé en écoutant mon album », nous explique Cécile Corbel avec qui nous avons pu échanger. C’est en effet grâce à cet album que le producteur en chef du studio japonais a été séduit, après qu’elle lui ait envoyé. « Les chansons seront donc construites autour de la harpe et des voix avec beaucoup d’instruments celtiques : flutes, cornemuses, bodran, accordéon. Mais aussi des cordes, basse, guitare, percussions. »

L’aventure japonaise

Cécile Corbel est née à Pont-Croix dans le Finistère. Une région « à forte identité musicale », nous rappelle-t-elle. Elle aime et joue de la musique depuis qu’elle est très jeune. « J’ai eu un véritable coup de foudre pour la harpe celtique à l’adolescence et depuis elle ne m’a plus quittée. » Alors qu’elle s’installe à Paris pour suivre des études d’archéologie, elle commence à jouer et chanter dans les pubs irlandais et bretons. En 2005, elle sort son premier album Harpe Celtique et Chants du Monde, puis un autre Songbook 1 en 2006. Son dernier album SongBook vol2 est sorti fin 2008. Son style de musique est bien sûr à l’image de ses origines. Cécile écrit ses chansons en puisant dans des racines celtiques, folk et médiévales. « Mes musiques gardent un esprit acoustique, ancré dans l’imaginaire et les légendes celtes, mais avec un son et des arrangements que j’espère modernes. »

En 2009, SongBook vol2 est arrivé entre les mains de Toshio Suzuki. Il a avoué qu’il n’écoutait jamais les disques qu’il recevait. « Je crois que les fées bretonnes ont donné un petit coup de pouce au destin… », confie Cécile. Aujourd’hui la musicienne a intégré l’équipe de production du film et le vit comme un « honneur et un très beau cadeau », d’autant plus qu’elle ne s’y attendait pas. « Après la sortie de mon album j’ai eu un coup de blues, je me suis rappelée l’époque où je jouais dans la rue […] Je voulais retrouver cette naïveté que j’avais à mes débuts. » C’est finalement en guise de remerciement « pour la joie apportée avec leur travail » qu’elle envoie son album au studio Ghibli. « Je connais tous leurs films je les admire profondément, et d’une certaine façon, ils m’influencent musicalement… »

Il ne nous reste plus que quelques mois à attendre avant de découvrir la mélodie écrite par la jeune bretonne, obligée de rester discrète en ce qui concerne l’ensemble de son expérience avec le studio Ghibli. Pas de potins sur les coulisses, mais nous apprenons tout de même qu’elle est très bien accompagnée et qu’elle peut visiblement laisser libre cours à son imagination. « Nous nous basons sur le scénario, les dessins du réalisateur M. Yonebayashi et de courts poèmes dans lesquels il nous a décrit l’univers du film, les lieux et les personnages. » Cécile a réussi à séduire les Japonais par une touche de fraîcheur que nous sommes pressés d’apprécier à notre tour.

Pour aller plus loin :
www.cecile-corbel.com
myspace.com/cecilecorbel

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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