Keishô Ohno, le samouraï du tsugaru shamisen

Article écrit par Alexandre Cador et Naya Maachi

Keisho Ohno pratique l’art du tsugaru shamisen depuis qu’il a 8 ans. © Photo Japan Expo Sud TDR

Le joueur de tsugaru shamisen Keishô Ohno a donné une représentation à l’occasion de Japan Expo Sud 2010 à Marseille.

Le public, curieux, s’assoit tranquillement au pied de la scène. Il s’apprête à assister à un spectacle étonnant ! L’instrument-star de l’orchestre est le shamisen, sorte de guitare ancienne japonaise. Le chef d’orchestre est un musicien confirmé qui pratique l’art du shamisen et qui mélange à la fois instruments et musique traditionnels et sonorités entraînantes modernes. Le concert de Keishô Ohno s’est déroulé dans une ambiance enjouée. Surnommé le « samouraï du shamisen », le musicien japonais a enflammé la scène, accompagné de son groupe-orchestre, avec des titres rythmés comme Kaze ou plus lents et romantiques comme Yoake.

Keishô Ohno pratique le tsugaru shamisen depuis l’âge de 8 ans. Le tsugaru shamisen est un art musical traditionnel japonais plus rythmé que le shamisen et qui vient de la région de Tsugaru au nord de l’île de Honshû. Mr Keishô Ohno n’a que 12 ans quand il devient Natori. Un titre qui lui permet d’utiliser une partie du nom de son maître, Chikuei Takahashi dans sa pratique. Son premier album Shamisen Tamashi – Shamisen Spirit sortira cette année en Europe. « Ça me rend très heureux ! nous confie l’artiste avant de monter sur scène. Jusqu’à aujourd’hui mes anciens albums n’étaient accessible qu’au Japon, c’est donc enfin l’occasion pour mes auditeurs d’avoir plus facilement accès à mes titres. » Mais ce qu’il préfère avant tout c’est le live. Là où les joueurs de shamisen dans le Japon ancestral restaient assis sur scène (souvent parce qu’ils accompagnaient une pièce de théâtre), Keishô Ohno joue du shamisen debout comme les rock-stars, sur fond de musique raisonnante.Le musicien décrit sa musique comme « une fusion entre la musique traditionnelle et moderne ». « J’ai voulu apporter cette touche moderne à l’art du shamisen pour le rendre plus accessible et le faire connaître dans le monde. » Keishô Ohno se place d’emblée comme un ambassadeur de la musique japonaise. En plus, tout au long du concert on voyage entre le Japon ancien et le Japon « qui s’exporte ». Des parties du concert étaient par exemple plus traditionnelles que d’autres. Par instant, seuls le shamisen et le tambour se mêlaient pour faire découvrir au public les sonorités japonaises. Keishô Ohno pouvait déployer par ailleurs une énergie communicative en scandant des mots ou en poussant des cris, éléments musicaux à part entière dans cet art nippon. Mais il pouvait tout aussi bien se mettre à la portée du public français. Le groupe a en effet fait une reprise live du thème de James Bond, dans l’euphorie générale.

© Photo Japan Expo Sud TDR


Ambassadeur de la musique japonaise

Avec ses musiciens : Toshihiro Yuta au tambour wadaiko et Yoichiro Suzuki à la flûte sha­ku­ha­chi et au trombone, Keishô Ohno écume les routes pour présenter la musique japonaise folklorique. Et c’est avec beaucoup de plaisir qu’il s’engage dans de nouveaux projets pour favoriser l’expansion de sa musique. Son style original a réussi à susciter l’engouement d’un public de plus en plus large, notamment en France (et grâce à une belle mise en avant par Japan Expo ou la MCJP). « Je ressens le respect du public français pour la tradition japonaise, un aspect que je garde dans ma musique, nous confie Keishô. Il est très sensible à la fusion des styles et très chaleureux. » Le samouraï du shamisen n’a pas failli à sa réputation de maître pendant cette petite heure de concert !

Pour aller plus loin :
myspace.com/ohnokeisho

Article écrit par Alexandre Cador et Naya Maachi

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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