BRIDE STORIES : Fresque d’Asie Centrale

© 2009 Kaoru Mori

Kaoru Mori s’est passionnée pour l’Asie Centrale et la région du Caucase alors qu’elle était au lycée. Elle s’est jetée à corps perdu dans la lecture d’ouvrages sur le thème de la route de la soie. Des tapis aux chevaux, en passant par les costumes traditionnels ou la vie en yourte des mongols, tout fascinait la mangaka. Si bien qu’elle a finit par en faire une histoire : BRIDE STORIES.

Tout commence au XIXe siècle dans une petite ville près de la mer Caspienne avec Amir Hargal, une jeune femme d’une vingtaine d’années, venue de loin et ayant quitté son clan pour se marier avec Karluk Eyhon âgé de 12 ans et s’installer dans sa famille.
Le premier tome, qui s’est fait une place parmi les bandes dessinées de la Sélection Officielle d’Angoulême 2012, reste centré sur l’arrivée d’Amir. Celle-ci doit très vite apprendre à connaitre son mari et s’habituer aux coutumes de sa nouvelle famille tout en faisant le deuil de son propre héritage culturel, de son éducation.
Ce qui n’est pas évident pour la jeune femme qui, bien qu’ayant été accueillie très chaleureusement, est dotée d’un caractère libre et sauvage. Elle continue de chanter les airs de son pays et de chasser le lièvre comme elle l’a appris. Elle le transmet à ses nouveaux amis et à son jeune mari tout en intégrant les leurs. Il se forme un véritable échange entre eux, d’autant plus souligné par la présence d’un étranger occidental, venu faire des recherches et étudier les coutumes de la région.

© 2009 Kaoru Mori

À travers le récit de Kaoru Mori, on découvre tout le folklore d’une époque et d’un territoire lointain. En effet, il décrit le quotidien de la tribu Eyhon, de la cérémonie de mariage à la chasse ou encore aux travaux artisanaux (sculpture, couture…) On va même jusqu’à rencontrer une branche de la tribu nomade et dormir avec eux dans des yourtes.
Bien que la petite vie tranquille du clan Karluk soit passionnante, car racontée avec beaucoup de poésie, on ne serait pas contre quelques rebondissements ! Mais la mangaka a pensé à tout. Le mariage arrangé d’Amir et Karluk sera la source d’un conflit de territoire entre clans qui se poursuit et s’intensifie dans le tome 2, plus violent en étant plus axé sur cette action.
Bien sûr, il ne faut pas voir en BRIDE STORIES un livre d’histoire, mais plutôt un conte romancé. L’auteure avoue elle-même s’être quelque peu emballée dans l’écriture de son héroïne Amir en lui octroyant tant de caractère et presque trop de savoir-faire (bonne archère, grandes connaissances, etc.) pour une jeune fille de l’époque. Cependant le manga reste une lecture ancrée dans la réalité notamment dans l’image et dans la description de scènes de la vie quotidienne.

Cette dernière passe parfois par un ensemble de dessins muets comme quand un vieillard montre les rudiments de la sculpture à un jeune garçon. L’univers graphique est foisonnant. Le détail apporté aux robes, aux objets ou encore aux paysages en font une fresque historique. On est comme transporté dans le temps.
BRIDE STORIES nous plonge dans un univers luxuriant qui nous réserve bien des surprises à chaque tomes ! On vit une véritable aventure.

Lire les premières pages du manga

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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