La Princesse au Bol Enchanté : Un conte spirituel
C’est un peu avec Ein Lee que l’aventure nobi nobi ! a commencé. La dessinatrice a en effet signé l’un des premiers albums illustrés de la maison d’édition jeunesse : Princesse Pivoine. Adaptation d’un conte traditionnel japonais, l’ouvrage avait naturellement rejoint la collection dédiée à ces histoires folkloriques : Soleil Flottant.
Depuis, il y a eu Le Secret de La Grue Blanche, cette fois co-signé avec Christelle Huet-Gomez qui avait déjà traduit et adapté les textes sur Princesse Pivoine. Les deux récits, bénéficient d’un niveau de dessin exceptionnel et d’un rendu poétique ne pouvant que séduire l’âme des plus jeunes.
C’est donc avec plaisir qu’on retrouve le coup de crayon d’Ein Lee sur l’album La Princesse au Bol Enchanté, adaptation d’un grand classique nippon, avec la plume de Samantha Bailly pour les textes.

Coup de bol
Avant de quitter la vie, la mère de la princesse Haruka envoie une prière à la déesse de la compassion Kannon. En plaçant un large bol sur la tête de sa fille, elle fait le voeux qu’il la protège. Haruka qui avait jusque là vécu dans le bonheur, sombre dans la mélancolie, d’autant plus que le bol posé sur sa tête est impossible à retirer.
Frappée par ce qui s’avère être une malédiction, Haruka est rejetée par les siens, et peine à se faire accepter par les autres. Consummée par le chagrin, elle va cependant découvrir que c’est un objet magique qui la protège du danger et qui va lui permettre de recevoir l’amour sincère d’un prince d’une autre région.
Cette histoire, retranscrite et adaptée ici avec poésie par Samantha Bailly sublime le monde japonais et les croyances ancestrales en nous plongeant dans ses plus belles traditions et ses arts tels que la calligraphie ou le koto, la dévotion à Kannon. Sur sa route, la princesse rencontre des samouraïs, devient préposée aux bains etc. Une véritable aventure dans le temps et l’espace. On y retrouve bien sûr une morale sur l’attention portée aux apparences et sur la volonté ou encore l’espoir.

© Samantha Bailly / Ein Lee 2012 • nobi nobi !
La mise en image du conte par la Taïwanaise Ein Lee est une fois de plus majestueuse avec un coup de crayon d’une grande finesse et une harmonie dans les couleurs qui est un vrai régal pour les yeux. On ne se lasse pas de regarder les magnifiques tableaux qui nous sont présentés. A la fin du livre, comme ce fut le cas pour les autres albums, on découvre en plus des croquis et travaux préliminatoires de l’illustratrice qui permettent d’apprécier encore plus ses dessins.
On ne peut que remercier les auteurs et nobi nobi ! pour ce projet et pour avoir transcrit ce fabuleux conte tiré du receuil Otogizôshi édité durant l’ère Edo (qui rassemble 23 des contes nés pendant l’ère Muromachi, dont Hachi-Kazuki Hime soit « La princesse qui porte un bol »). Nous aurons probablement l’occasion de le faire vite, puisque Ein Lee sera présente entre autres à la prochaine édition de Japan Expo qui se tiendra du 4 au 8 juillet 2012 au Parc des Expos de Paris-Nord Villepinte.

© Samantha Bailly / Ein Lee 2012 • nobi nobi !

© Samantha Bailly / Ein Lee 2012 • nobi nobi !

