Dusk Index: Gion – Une enquête à travers le temps

Cela faisait un petit moment (depuis Iwakura Aria en fait) que Journal du Japon n’avait pas pris le temps de proposer un nouveau visual novel non otome. Et l’actualité jeux vidéo n’a pas été au beau fixe durant le mois de janvier. Mais ne vous inquiétez pas, malgré la saison hivernale, les tests reprennent petit à petit. Et pour inaugurer l’année 2026, quoi de mieux que de se poser tranquillement devant le dernier VN disponible sur tout support signé Bushiroad : Dusk Index: Gion ? Pas grand-chose. Alors installez-vous et laissez-vous porter dans cette histoire des plus étranges.

Bushi-quoi ? L’éditeur de Dusk Index: Gion méconnu

Affiche promotionnelle de la toute première série Vanguard. ©TMS/Bushiroad

Si le nom de Bushiroad ne vous dit rien, c’est assez normal. En effet, bien que la société a vu le jour dans les années 2010, ce n’est pas les jeux vidéo qui en font sa renommée. Par contre, vous avez sans doute connu ou connaissez toujours les cartes de jeux Cardfight!! Vanguard, au moins de nom. Un animé dans le styles des séries Yu-Gi-Oh! est diffusé depuis plusieurs années et semble avoir trouvé un certain public. C’est ça qui fait vraiment la renommée de Bushiroad, les cartes à collectionner. Future Card Buddyfight, Monster Collection (depuis 2011), Weiß Schwarz, Luck & Logic,… tant de franchises sont éditées par cette société japonaise.

Côté JV, Bushiroad c’est presque exclusivement des jeux sur smartphone. Love Live! School Idol Festival, Cardcaptor Sakura Happiness Memories ou encore Crayon Shin-chan: The Storm Called! Flaming Kasukabe Runner! sont tous des titres affiliés à Bushiroad mais mis à part la licence Love Live! qui s’est plutôt bien exportée à l’internationale avec une traduction anglaise, le reste du catalogue reste presque exclusivement resté confiné au pays du Soleil Levant. Du moins jusqu’à ce que Bushiroad s’associe avec Automaton, une agence qui permet de s’exporter de part le monde. Et le premier jeu qui a traversé les frontière n’est autre que celui qui nous intéresse aujourd’hui : Dusk Index: Gion.

Dusk Index: Gion – Entre tradition et modernité

Le jeu nous plonge dans un récit futuriste dans lequel la technologie est telle qu’il devient possible de recréer des lieux, des moments historiques à la quasi-perfection. Comment ? Grâce à de la réalité augmentée de pointe : « Echoes of Kyoto ». Ce petit bijou de technologie est signé de la main de Rio Quinn, une jeune ingénieure et inventrice de génie. De tels changements numériques s’accompagnent aussi d’accessoires et autres outils comme des lunettes AR (augmented reality ou réalité augmentée en français) ou, encore plus modernes, de lentilles ultra sophistiquées. Et pour vendre le tout, quoi de mieux qu’un petit avatar perfectionné et pratiquement autonome, customisable comme l’on souhaite ? Des personnages chibis, des animaux choupi, et des… figures humaines, ces assistants virtuels, appelés IRA (intelligences de réalité augmentée), peuvent être un peu tout et n’importe quoi. Et ils aident tout le monde et pour tout… comme les enquêtes policières par exemple.

Daiki menant l’enquête avec Dee, Togawa (l’autre enquêteur) et Suburi-Chan. ©DUSK INDEX: GION

Ainsi, dans Dusk Indes: Gion, Dee, la mascotte en forme de D, est presque le Watson de notre protagoniste : Daiki Katsuki. Ce jeune enquêteur (légèrement technophobe sur les bords) est un jour contacté pour se rendre sur les lieux d’un crime : une chercheuse a été assassinée ! Et son corps a été retrouvé gisant au milieu d’un cercle cérémoniel suspect… un symbole qui a été au cœur d’une série de crimes datant d’il y a 100 ans. Simple coïncidence ? Non. Et « Echoes of Kyoto » ne va pas être de trop pour résoudre cette enquête centenaire.

Dusk Index: Gion – Une enquête, une histoire, deux époques

Image promotionnelle du jeu montrant les quatre personnages centraux du récit : Daiki Katsuki et Rio Quinn à droite, Masayoshi Nagahama et Saki à gauche. ©DUSK INDEX: GION

Comme vous l’aurez déjà certainement compris, Dusk Index: Gion se déroule dans deux époques différentes. D’un côté nous avons les investigations de Masayoshi Nagahama (le détective en habit occidental) et de Saki la geisha, et de l’autre Daiki le détective de la DSCA (division spécial des crimes anormaux) et Quinn la programmeuse. Ces deux groupes font toute la force du jeu. Chaque duo a une dynamique différente qui permet de facilement s’attacher à chacun d’eux. Aucun n’est plus important que l’autre, ils sont tous complémentaires et donnent un charme à l’histoire de Kyoto période Meiji ou Kyoto moderne.

De plus, la séparation passé/présent se fait entre chaque chapitre de manière assez naturelle dans la narration. Il est assez simple de savoir si l’on est dans le Kyoto d’aujourd’hui ou d’antan, juste par l’image. En effet, les décors sont suffisamment différents pour ne pas confondre les deux (habitations traditionnelles versus immeubles) mais les développeurs sont allés plus loin ! Si l’on est avec Masayoshi, l’image va avoir des imperfections et du bruit, comme dans les vieilles vidéos. Au contraire, tout est très propre avec Daiki et Quinn, des bandes de données analytiques apparaissant parfois pour indiquer l’utilisation de la réalité augmentée.

Un visual novel particulier : le Kinetic Novel

Vous vous demandez peut-être « pourquoi il n’a pas encore parlé de gameplay et s’attarde sur les duo ou le récit ? » Tout simplement car il n’y a pas de gameplay. DIG est clairement un visual novel sans choix, un Kinetic Novel, qui ne fait que se lire et s’écouter. Les personnages, la voix des doubleurs qui les animent, et les images, voilà le cœur de tout. Les seuls boutons sur lesquels appuyer sont le A (sur Switch) pour avancer plus rapidement les dialogues ou la gachette R pour activer la lecture automatique. Le reste est superflu. Il vaut mieux poser la console, et écouter (si vous comprenez le japonais) ou lire tranquillement (si vous comprenez l’anglais). Ce type de visual novel s’apprécie dans le calme et généralement par petites sessions d’une heure ou deux grand maximum.

Qui a écrit et illustré Dusk Index: Gion ?

Comme dit précédemment, les visuels et la narration doivent être impeccables pour que ce Kinetic Novel soit apprécié. L’éditeur Bushiroad a donc confié le développement à deux équipes, celle du studio mebius (surtout connue pour des jeux pour adultes), ainsi que Cherrymochi (aussi responsables de Tokyo Dark). Plusieurs personnes ont donc participé à la création de DIG comme Jon Williams le scénariste, Maho Williams la gestionnaire, Moochirin la character designer, Matthew Steed pour le son et la musique ou bien Tedra Elliot à la conception.

Saki dansant avec son éventail ©DUSK INDEX: GION

Doubleurs : la narration immersive

L’image, le son et le scénario, c’est une chose mais la narration c’est aussi ce qui fait un bon VN. Et les doubleurs sont toutes et tous des pointures. On retrouve Yôhei Azakami (Masayoshi Hashimoto dans Classroom of the Elite) dans le rôle de Daiki Katsuki. Toujours coté homme, Ryôtarô Okiayu (Byakuya Kuchiki dans Bleach – Thousand Year Blood War) interprête Masayoshi Nagahama. Pour le cast féminin, c’est Yuuki Temma (Ichigo Momoyama dans Tokyo Mew Mew New) et Yôko Hikasa (Yoh Asakura dans Shaman King 2021) qui doublent respectivement Quinn Rio et Saki. Cinq autres personnages (Dee, Togawa, Hikari, Galaxy et Suburi-Chan) sont également doublés, à vous de découvrir par qui.

Pour conclure, Dusk Index: Gion, est un excellent récit à lire et écouter. Durant plusieurs heures, on n’a de cesse de vouloir en savoir davantage sur le mystère autour des morts ritualisées et on prend plaisir à voir deux duos mener l’enquête dans les deux Kyoto. Plutôt long, il faudra plusieurs heures de visionnage pour arriver à la fin. Mais comme on dit ce n’est pas l’arrivée qui compte mais le voyage qui y amène. Et ce dernier en valait le détour. En attendant le prochain test, continuez à jouer à des VN !

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