La BD franco-belge fait des bulles de mangas

Audrey Alwett et Nora Moretti font des bulles de mangas
© Photo Journal du Japon

La 1ère édition du rendez-vous mensuel Bulles de Mangas, qui s’est tenue le mercredi 21 octobre 2009 à la Fnac de Nantes, a mis à l’honneur deux auteurices de BD qui s’inspirent de la culture visuelle japonaise.

Audrey Alwett et Nora Moretti dédicacent les tomes 1 (Pour une mine de diamants) de la bande dessinée Princesse Sara, disponible depuis le 23 septembre 2009 chez Soleil. Elles font toutes les deux parties de ces auteur.es de bande dessinée franco-belge qui s’inspirent du manga et de la culture visuelle japonaise. L’association nantaise Univers Partagés cherche à promouvoir ces artistes à la patte, narrative, graphique et culturelle métisse.

Bulles de mangas les invitera tous les 3e mercredi du mois à venir présenter leurs albums lors d’un échange sous forme de questions-réponses et lors d’une séance de signatures à la Fnac de Nantes. Nous sommes d’ailleurs à la 1ère édition de ce rendez-vous et c’est Audrey Alwett et Nora Moretti qui donnent le coup de feu.

Tome 1 de Princesse Sara

On découvre très vite que l’univers de Princesse Sara est par exemple un élément symbolique de l’influence de la culture visuelle japonaise sur nos deux auteures, puisqu’elles se sont volontairement inspirées de la mode gothic lolita pour dessiner les robes de leur héroïne. « Nous avons dû éplucher pas mal de revues pour dessiner la garde-robe de Sara », nous racontent-elles. Preuve qu’elles aiment piocher dans un peu tous les styles. Audrey Alwett, scénariste sur la BD, est d’ailleurs la créatrice de la collection Blackberry-Strawberry aux éditions Soleil. Une collection qui propose de découvrir aussi bien de la BD franco-belge style manga, que du manga européen. C’est par exemple le cas de Geek and Girly, de Rutile et Nephyla. « Si on avait pris un grand format, la BD aurait été illisible. On a donc choisit de l’éditer sous un petit format comme le manga, parce que l’histoire collait mieux avec ce style de narration. Mais on a gardé la couleur parce qu’on ne pouvait pas y renoncer », explique Audrey.

Voilà le genre de compromis qui fait aujourd’hui la diversité du paysage de la bande dessinée. Un style qui arrive doucement en France mais qui a déjà bien été « appréhendé et digéré » en Italie, selon Audrey. Le coup de crayon de l’italienne Nora Moretti sur Princesse Sara n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui d’un autre grand dessinateur italien Alessandro Barbucci sur Sky-Doll, une des premières bandes dessinées franco-belge au crayonné japonisant. « En Italie, on peut aujourd’hui parler de style italien à part entière », souligne Nora. Vers quoi nous nous dirigeons en France ? La réponse dans le capital culturel de nos artistes.

Affiche de l’évènement par Rosalys.

« Ping-Pong »

Gothic Lolita de François Amoretti est le dernier ouvrage de la collection Blackberry, qui sortira le 28 octobre 2009. Il a été élaboré en partenariat avec l’une des plus grandes marques de l’enseigne Harajuku : Baby, the stars shine bright. Ce livre illustré nous plonge dans l’univers ultra-féminin des lolitas. Une mode qui, comme le rappelle Audrey, « vient tout droit de l’Angleterre et de la cour de Versailles des 17e et 18e siècles. » Pour elle, « c’est une vraie partie de ping-pong artistique ! » Après tout, Osamu Tezuka, fondateur du manga moderne, n’a-t-il pas lui-même introduit les « grands yeux » dans le manga en s’inspirant des dessins animés Disney ? Et bien oui…

Pour aller plus loin :
univers-partages.org
blackberry-strawberry.blogspot.com

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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