La nouvelle Princesse Sara est plus obstinée que jamais

La « Sara Crewe » d’après l’imaginaire d’Audrey Alwett et de Nora Moretti.

Le 1er volume de la BD Princesse Sara (Pour une mine de diamants), signée Audrey Alwett et Nora Moretti, est disponible dans les librairies depuis le 23 septembre 2009 dans la collection Blackberry-Strawberry chez Soleil.

« Princesse, Princesse, tu es bien jolie … » Cet air, vous le connaissez bien, c’est celui du générique français de Princesse Sarah. Notre héroïne des années 80-90, un peu bonne poire mais adorable et généreuse, qui vit l’enfer au pensionnat de Mlle Mangin (en VF). Audrey Alwett revisite l’histoire de Sara Crewe dans sa BD Princesse Sara. Tout comme les Japonais l’ont fait avant elle en 1985.

Pour mémoire, le dessin animé de Ryûzô Nakanishi est déjà une adaptation du roman A Little Princess, écrit en 1905 par l’anglaise Frances Hodgson Burnett. Et c’est parce qu’elle est fan du livre depuis sa jeunesse, qu’Audrey se lance dans l’écriture d’une bande dessinée, avec la dessinatrice italienne Nora Moretti. Le premier tome Pour une mine de diamants est disponible depuis le 23 septembre 2009 chez Soleil dans la collection Blackberry-Strawberry.

« Le roman, puis la série, ont connu un tel succès que nous avions peur de décevoir les fans », nous confie la scénariste avec qui nous avons pu échanger. Aucune crainte ! Cette version des aventures de Sara rend hommage au roman tout en ayant un angle totalement inédit et frais. Elle est plus moderne et moins problématique (le roman est colonialiste, ndlr) et elle se détache de la série japonaise. « Le dessin animé était destiné à un public plus jeune. Le parti pris y était donc différent de celui du roman, il était plus manichéen et la psychologie des personnages y était simplifiée. » Audrey et Nora ont jonglé entre le roman et le dessin animé pour donner naissance à un scénario et un univers graphique qui plairont à la jeune génération. « Sara Crewe est en fait une jeune fille que rien ne peut faire plier, qui garde sa grandeur et sa dignité coûte que coûte. C’est cet aspect de sa personnalité que j’ai voulu mettre en avant et qui s’effaçait dans la version animée. »

Jolies poupées

Nora Moretti s’est par exemple inspirée du mouvement gothic-lolita pour dessiner les robes de la jeune princesse, en faisant un travail de recherche. « J’ai parcouru de nombreux magazines sur la mode lolita », nous raconte-t-elle. Les deux artistes ont également introduit des automates pour « compléter l’approche steampunk de la BD ». Et s’en servent pour relever le scénario. Le père de Sara est en effet devenu riche grâce à son usine d’automates, sur lesquels il a donc bâti sa fortune. « Les automates qu’il a inventés sont des objets de luxe, qui vont créer des jalousies entre les pensionnaires de l’établissement de Miss Minchin (en VO) », explique Audrey. Enfin, la BD s’intéressera à la vie adulte de Sara. Série en 4 tomes, elle se penchera sur la vie de Sara, une fois sa fortune retrouvée. « J’ai toujours été très frustrée de ne pas savoir ce qui se passait à la fin du roman. Ce que Sara devient, est-ce qu’elle trouve l’amour ?! » s’exclame Audrey. Elle n’est sûrement pas la seule à se poser ces questions et nous en connaîtrons la réponse bientôt.

Pour aller plus loin :
blackberry-strawberry.blogspot.com
noramoretti.blogspot.com

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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