Kaori Yoshikawa : « Ma vie de mangaka et d’enseignante »

Rencontre avec Kaori Yoshikawa, une mangaka qui a choisi d’enseigner ses techniques de dessin aux Français.

La fresque qui orne le mur du Manga Café © Photo Sophie Pluquet

Si vous passez par le Manga Café, rue des Carmes à Paris, arrêtez-vous pour contempler la nymphe que Kaori Yoshikawa a réalisée sur l’un des murs de la salle de lecture. Elle en vaut le détour ! Le manga, l’artiste japonaise baigne dedans depuis qu’elle est née. Son style personnel est plutôt gothique, ses créations destinées au shôjo. Disponible et agréable, elle nous accueille à l’école AAA (Associations des Amitiés Asiatiques) quartier Opéra, toujours à Paris. Elle y enseigne les techniques japonaises de dessin depuis 4 ans.
Techniques qu’elle a apprises dans son pays natal.

Kaori Yoshikawa © Photo Sophie Pluquet

Kaori fait ses débuts à Tôkyô, à la Japan Designer School de Shibuya où elle choisit le manga en option comme on choisit l’espagnol en France. Une véritable institution. Ses talents de dessinatrice lui permettent alors de remporter un concours lancé par le magazine Dengeki Gao! (revue shônen et seinen de ASCII MEDIA WORKS) alors qu’elle est encore étudiante. Elle travaillera aux côtés de la maison d’édition dans la réalisation de dessins et scénarii pour la revue. « En fonction de l’éditeur, on sort un tome, composé de 5 chapitres, tous les 5 mois. Pour les mangas les plus célèbres, un tome tous les 3 mois… »
Un rythme « très strict », selon elle, qui demande d’être « rigoureux et organisé ». Elle fait le compte. « Un mangaka peut dessiner 16 à 19 pages par semaine et jusqu’à 31 pages par mois. »

Forte de son expérience au Japon, c’est la curiosité qui la pousse à venir en France (2e consommateur mondial de manga). Pour savoir ce qu’il s’y fait, ce qui marche et quelle vision a notre pays de son art. « C’était intéressant pour moi de savoir pourquoi le manga avait autant de succès dans d’autres pays, et quelle est la différence de mentalité par rapport au Japon. Lorsque l’école AAA m’a proposé un poste d’enseignante, j’ai tout de suite dit oui ! » Depuis, elle se dédie presque entièrement à la transmission des techniques à ses élèves.

Cours de manga

Kaori transmet son héritage à ses élèves © Photo Sophie Pluquet

Les semaines sont rythmées par les cours. On peut s’y inscrire en tant qu’amateur, avec une fréquence de 1 à 2 cours de 2 h par semaine. En cours régulier, tous les jours pendant 2 ans. La 1ère année est dédiée à la maîtrise des bases (construction d’un manga et familiarité avec les outils de travail). La 2e année permet de consolider ces bases.

Pour ceux qui veulent en faire un véritable métier, une 3e année leur donne toutes les cartes en main pour pouvoir y arriver. Les élèves se penchent alors exclusivement sur leur projet personnel à travers la réalisation des maquettes et du scénario qu’ils proposeront avec l’aide de Kaori aux maisons d’édition en France et au Japon. « Le diplôme de mangaka n’existe pas en France, c’est juste un certificat scolaire. Un éditeur ne regarde que le travail du dessinateur… » Un de ses élèves de 3e année va d’ailleurs publier son premier shônen en juillet 2010. Kaori est très enthousiaste et fière, mais elle ne nous en dit pas plus sur le contenu du manga pour le moment…

En dehors des cours, Kaori Yoshikawa continue de réaliser des illustrations pour la France notamment des pochettes d’albums pour des artistes japonais ainsi que des couvertures de magazine.

Cristina Thaïs

Je suis passionnée de culture japonaise. J'aime étudier, comprendre les différences et les complexités de ce magnifique pays, non sans mille contradictions. Je voyage une fois par an au Japon pour le parcourir de long en large. J'ai un point faible pour les expositions, la mode, les cosmétiques japonais, le J-rap et la bonne cuisine locale. J'adore échanger sur ces sujets, alors n'hésitez à me laisser un commentaire! @tinakrys

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