Interview avec le collectif 8bit Project : tous les hits au format 8bit

Nous avons rencontré le collectif japonais 8bit Project, actuellement en France pour préparer la sortie européenne de ses deux albums et une tournée en région parisienne.
8bit Project est cette curieuse formation musicale qui propose un retour aux sources du jeu vidéo aux plus nostalgiques. Performers ou musiciens, les membres de ce collectif reprennent les titres à succès et les hits du moment en version 8bit, c’est-à-dire au format sonore des anciens jeux vidéo (jeux d’arcade, consoles de salon…) Loin d’être destinée à un grand public, cette musique expérimentale et alternative a bien trouvé son public.
Le groupe 8bit Project donnera des représentations les 13, 15 et 17 avril 2010 respectivement à la soirée privée d’ouverture du Musée du Jeu Vidéo (92), à la Soirée Tokyo Underground (Paris) et à la Fashion Manga 4 (95).
Biographie : Au Japon, le collectif 8bit Project est connu pour son interprétation officielle des titres Disney en version 8bit. Mais aussi pour ses collaborations avec l’idole et chanteuse japonaise Shôkotan (Shôko Nakagawa) et le label de production de bande-son pour l’animation Lantis. Le 2e album du groupe Spicy Innovator vs Superior Marionette est sorti en 2009 sous le label indie Third-Ear JPN et devrait être édité en France dans le courant de l’année 2010 avec leur 1er album Familiar Computing World.
Journal du Japon : Pouvez-vous présenter votre collectif ?
8bit Project : Nous sommes les 8bit Project ! Notre formation est composée de deux performers et de deux musiciens. Aujourd’hui les musiques de jeux vidéo sont vraiment magnifiques, ce sont des vraies compositions. Mais ce qui nous intéresse, nous, c’est le même type de son utilisé pour le hardware de la Nes qui ne permet d’avoir que 3 ou 4 pistes sonores simultanément. Comme on ne peut utiliser que peu de son, il y a plus de limites et le concept 8bit Project est de faire de la musique avec ces limitations.
Comment êtes-vous reçu par le public japonais, quel type de public vient à vos concerts ?
A priori, il s’agit d’abord de jeunes entre 10 et 20 ans et qui ne connaissent pas forcément les consoles de salon comme la Nes. Il y a aussi des gens plus mûrs, comme nous, qui ont 40 ans passés, à qui ça plaît et qui nous suivent.
Quels sont les jeux vidéo qui vous ont influencés ?
Évidemment ça a commencé avec les jeux d’arcade comme Space Invaders ou Pac Man. Après, il y a eu les jeux sur consoles de salon tels que Mario, Super Mario… et beaucoup de sorties de cette époque.
« Moins qu’un message, on fait passer une histoire ! »
Est-ce que vous cherchez à faire passer un message particulier à travers ce type de musique ?
Un message ? (Rires) À travers un morceau, on essaie de faire passer toute la dramaturgie, l’histoire d’un jeu. Par exemple sur une reprise d’un morceau de Lady Gaga, ça commence tout d’abord comme un jeu de tir puis ça devient un jeu d’action. Vous pouvez facilement vous en rendre compte en écoutant. Tout ça, en ajoutant des effets sonores. En ajoutant des effets sonores dans un morceau, on raconte une histoire. Donc tout en reprenant un morceau de Lady Gaga, on y ajoute une histoire semblable à celle d’un jeu vidéo. Moins qu’un message, on fait passer une histoire !
Pouvez-vous nous parler de votre nouvel album Spicy Innovator Vs Superior Marionette ?
Le titre est un jeu de mot entre les noms des jeux Space Invaders et Super Mario. La couverture de l’album est un visuel d’un des premiers jeu d’arcade Computer Space, dont on a obtenu l’autorisation d’utilisation. C’est un bel exemple de notre univers !
Est-ce que vous avez rencontré des difficultés dans la réalisation de cet album ?
On a pas rencontré de difficulté particulière. Dans un groupe classique, on doit faire cohabiter plein de sons différents. Mais nous, au contraire, on enlève les sons inutiles. On diminue le nombre de sons dans un morceau. C’est donc même plutôt simple en fait ! (Rires). Par contre on ne jouera par les mêmes titres d’un pays à un autre. On ne choisira pas les morceaux qu’on veut interpréter de la même façon selon si on se trouve au Japon ou en Europe. On doit tenir compte du facteur culturel, et c’est peut-être là la difficulté.
Quels sont vos projets après la sortie de cet album ?
Nos deux albums seront édités pour l’Europe en juin prochain et nous espérons revenir très vite jouer en France.
Pour aller plus loin :
myspace.com/8bitproject
David Amelin et Pascal Voglimacci

