Interview avec Puffyshoes : Les deux pieds dans le rock-garage

Puffyshoes © Social Alienation

Elles ont signé sur le nouveau label français Social Alienation. Les Puffyshoes, un encore rare groupe de rock féminin nippon, se présentent et nous donnent quelques clés pour nous aider à les décrypter.

On pourrait bien se demander ce que Usagi (guitare) et Neko (batterie), deux jeunes nanas d’un peu plus de 20 ans, font dans le rock-garage. En fait, elles sont arrivées là un peu par hasard. « Nous ne savions pas trop quoi faire, comme des enfants perdus, fatigués de marcher, marcher, marcher », nous explique Neko en interview. Ce sont donc avec les « jambes enflées » qu’elles mettent les deux pieds dans la musique et qu’elles trouvent leur nom Puffyshoes (chaussures confortables).

Pour les artistes, qui s’admirent mutuellement, leur conception de la musique est avant tout festive. Il n’est pas question de rechercher des effets ou des sons en particulier, encore moins un message si ce n’est que « la musique est accessible à tout le monde » et « pas si difficile à faire », mais bien de nous distraire tout en se faisant plaisir. « Lazy Seventeen et Kissing in the kitchen sont, par exemple, juste des chansons sur lesquelles on peut s’amuser. Nous serions heureuses si les auditeurs pouvaient s’éclater autant que nous à leur écoute », confie Usagi, la guitariste.

Ces chansons vous les retrouverez sur leur 2e album Something Gold, disponible depuis le 1er juin 2010 sur le territoire européen avec le label Social Alienation au prix de 12,50 euros. Un album court puisqu’il n’est composé que de onze pistes d’une durée moyenne de 2 minutes. Mais c’est mieux ainsi. Plus long, avec un son garage très sec aussi sursaturé, l’album aurait pu être indigeste.

Si les titres de Puffyshoes pourraient être intéressants à écouter et voir en live, ils restent pour l’instant donc assez inaccessibles au grand public. Et ce, même s’il est distribué avec un DVD bonus qui permet déjà d’avoir un bon aperçu sur leur univers, peuplé de pizzas, de glaces multicolores et de gentils fantômes, et de leur méthode.

Rappelons en revanche pour les adeptes de rock garage que d’après le label, le duo Puffyshoes est « encensé par les sites consacrés à la musique indé » et que le Japan Times les a cité comme l’un des quatre groupes japonais « à suivre en 2010 ».

Puffyshoes – Somehting gold © Social Alienation

Journal du Japon : Pouvez-vous vous présenter, quels sont vos rôles respectifs dans le groupe ?

Neko : Je suis Neko, à la batterie.
Usagi : Je suis Usagi, à la guitare. Il nous arrive aussi d’échanger nos rôles. Neko devient la guitariste et je m’occupe de la batterie.

JDJ : Vous êtes toutes les deux des personnes de nature indépendantes, qu’est-ce qui vous a donné envie de former Puffyshoes ?

Neko : Nous l’avons fait sans raison particulière. J’avais juste envie de « faire » quelque chose avec Usagi. N’importe quoi. Elle semblait super balèze la première fois que je l’ai rencontrée. Forte. Solide comme l’acier, comme si aucun ennemi ne pourrait lui résister. C’est ce qui m’a intéressée.
Usagi : Depuis le début j’ai trouvé que Neko était quelqu’un d’intéressant. Puis nous avons discuté et on a pensé que ce serait bien de former un groupe.

JDJ : Quelle est pour vous la signification de Puffyshoes, comment avez-vous choisi ce nom ?

Neko : Nous l’avons choisi sans raison particulière, encore une fois. Je pense que Puffyshoes, ça veut dire quelque chose comme « chaussures confortables », parce que nous avions les « jambes enflées ». Nous ne savions pas trop quoi faire, comme des enfants perdus, fatigués de marcher marcher marcher.
Usagi : C’est Neko qui a proposé l’idée de ce nom, et comme ça le sens résumait bien l’état dans lequel nous nous trouvions alors, nous l’avons gardé.

JDJ : Avez-vous un message particulier à communiquer à travers votre musique ?

Neko : Rien d’important. Si j’avais quand même quelque chose à dire ce serait que tout le monde peut faire de la musique, à n’importe quel moment et à n’importe quel endroit, alors lâchez-vous !
Usagi : Nous n’avons rien d’essentiel à communiquer. Que la musique n’est pas une chose difficile à faire, et nous voulons juste continuer comme ça.

JDJ : Vos titres sont courts et appuyés, comment décririez-vous votre univers musical ?

Neko : Simple et ordonné, comme un journal intime.
Usagi : C’est une question assez difficile. Mais je n’aime pas les musiques qui demandent une certaine pression et une exigence personnelle.

JDJ : Qu’est-ce qui vous inspire ?

Neko : Les émotions. Particulièrement la tristesse.
Usagi : La musique des autres.

Puffyshoes © Social Alienation

JDJ : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la musique ?

Neko : Je ne l’ai jamais décidé. J’y suis juste venu naturellement. Je la ressens, alors je la compose.
Usagi : Je n’ai pas non plus conscience d’avoir décidé d’en faire. J’ai juste essayé et c’est venu comme ça.

JDJ : Qu’avez-vous appris l’une sur l’autre, depuis que vous avez commencé ?

Neko : Usagi est super balèze.
Usagi : Neko est une alcoolique. (Rires)

JDJ : On vous connaît désormais via votre album mais on se demande comment vous êtes sur scène. Voulez-vous montrer quelque chose de particulier pendant vos concerts ?

Neko : Je ne sais pas, je n’essaie rien de montrer en particulier, mais je pense que les spectateurs trouvent quelque chose, eux.
Usagi : J’ai juste envie que les gens nous regardent. C’est ce qui me plaît.

JDJ : Pouvez-vous décrire l’album Something Gold ? En quoi est-il différent de votre premier album Miracle Puffy Shoes are Coming ?

Neko : Il est totalement différent. C’est comme si nous avions 3 ans à l’époque. Maintenant on en a 12.
Usagi : Miracle Puffy Shoes are Coming est, comme son nom l’indique, un album issu de l’immaculée conception. Il est arrivé comme ça. Je pensais qu’on ne pourrait pas faire mieux, mais Something Gold a finalement un degré de miracle encore plus élevé. C’est un bon album.

JDJ : Avez-vous rencontré des difficultés particulières dans la réalisation de l’album Something Gold ?

Neko : Pas si difficile, mais ça a été un challenge de faire en sorte qu’il soit différent du précédent.
Usagi : J’ai d’abord pensé qu’on n’y arriverait pas.

JDJ : De quoi parlent les morceaux Lazy Seventeen et Kissing in the kitchen ?

Neko : De rien !
Usagi : Ce sont juste des chansons avec lesquelles on peut s’amuser. Nous serions heureuses si les auditeurs pouvaient s’éclater autant que nous à leur écoute.

JDJ : Avez-vous un message à adresser aux lecteurs français ?

Neko : N’essayez pas de chercher de messages cachés à nos chansons ! Merci d’avoir lu notre interview et j’espère que nous pourrons nous rencontrer très bientôt.
Usagi : Je serais heureuse que vous appréciiez notre album.

Pour aller plus loin :
puffyshoes.com
myspace.com/puffyshoesx

Céline Maxant et David Amelin

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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