Conférence de Hiro Mashima à Japan Expo 2010

Nous sommes le samedi 3 juillet 2010. C’est le 3e jour pour Japan Expo 11e Impact, et la salle de conférence qui s’est remplie deux heures plus tôt pour la rencontre avec Masakazu Katsura ne s’est pas vidée (cf. notre dossier). Le public attend une autre star du manga : Hiro Mashima. En attendant l’arrivée du mangaka, une vidéo de présentation de son manga phare, FAIRY TAIL, est projetée, ainsi qu’un épisode de la série animée qui en a été adaptée.

Hiro Mashima dessine Natsu et Happy. Photo Thomas Hajdukowicz

Le modérateur rappelle au public que certaines rumeurs infondées voudraient que Mashima-sensei aurait été, dans un passé lointain, assistant de l’auteur d’une série mettant en scène une joyeuse bande de flibustiers, ce qui est faux. Aussi, il est expressément demandé de ne pas faire mention d’une quelconque série au design similaire ayant lieu dans le monde des pirates. Le public se l’est tenu pour dit. Nous avons abordé ce sujet dans notre chronique de Fairy Tail (cf. notre article).
Avant de débuter la conférence proprement dite, quelques cosplayeurs grimmés en Natsu, Lucy ou encore Erza ont eu la chance de poser à ses côtés. Puis le maître monte sur scène sous les applaudissements. Après quelques présentations et mots de remerciements dans un français approximatif, la conférence débute.

Hiro Mashima, l’auteur de Fairy Tail, à Japan Expo 2010. Photo Thomas Hajdukowicz

Q : Est-ce la première fois que vous venez en France, et que pensez-vous de notre pays ?

Hiro Mashima : C’est la deuxième fois que je viens en France. Je trouve que les villes françaises sont magnifiques, et ça me sert beaucoup dans la conception des décors de mes histoires.

Q : Comment avez-vous appris le dessin, et comment avez-vous été initié au métier de mangaka ?

Hiro Mashima : J’ai été fan de manga dès mon plus jeune âge et je ne me souviens pas de l’époque où je n’avais pas de crayon entre mes mains pour dessiner. Je suis devenu mangaka professionnel en envoyant mes premiers travaux à des éditeurs, et j’ai eu la chance que certains d’entre eux soient retenus. C’est à partir de ce moment que je suis devenu un véritable mangaka.

Q : Quels sont les auteurs qui vous ont donné envie de devenir mangaka ?

Hiro Mashima : Akira Toriyama et Hayao Miyazaki.

Q : Quelles sont les caractéristiques essentielles pour qu’un manga soit de très bonne qualité ?

Hiro Mashima : Tout d’abord, l’imagination. Mais il faut aussi faire beaucoup d’efforts.

Q : Dans Mashima-En, vous évoquez l’époque durant laquelle vous jouiez dans un groupe. Pratiquez-vous toujours la guitare à l’heure actuelle ?

Photo Thomas Hajdukowicz

Hiro Mashima : Je fais de la « air guitar ».

Clameurs dans le public.

Oui, mais uniquement pour le plaisir.

Q : Quels sont vos autres hobbies ?

Hiro Mashima : J’aime beaucoup voir des films, écouter de la musique, et jouer aux jeux vidéo.

Q : La magie semble être une constante dans vos œuvres ? Est-ce là l’expression d’un intérêt personnel ?

Hiro Mashima : Oui (en français dans le texte).

Q : Parmi tous les personnages que vous avez créé, quel est celui dont vous vous sentez le plus proche ?

Hiro Mashima : Je mets un peu de moi dans chaque personnage, mais c’est sûrement Natsu qui me ressemble le plus (applaudissement). Mais comme il y a aussi beaucoup de mignonnes Lucy (cosplayées dans la salle, ndlr), je vais aussi dire que je suis un peu de Lucy (applaudissements).

Q : Quel est le personnage que vous préférez dessiner ?

Hiro Mashima : Happy.

Q : Quel est votre secret pour pouvoir tenir le rythme ?

Hiro Mashima : C’est la rencontre avec les fans qui me porte vraiment, qui me permet d’aller de l’avant.

Sortie du 13e tome de la série à l’occasion de Japan Expo 11. © 2006 HIRO MASHIMA / KODANSHA LTD.

Q : Comment vous est venue l’idée de FAIRY TAIL ?

Hiro Mashima : J’ai toujours aimé me retrouver avec mes potes, passer du bon temps, faire un peu les fous. J’avais tout simplement envie de mettre au centre d’une histoire un groupe de copains un peu déjantés, et suivre leurs aventures. C’est vraiment ça le point de départ de FAIRY TAIL.

Q : Par rapport aux autres shônen manga, les filles ont une place importante dans FAIRY TAIL. Est-ce que vous cherchez à vous rapprocher de vos lectrices par la création de personnages féminins très charismatiques ?

Hiro Mashima : C’est une chose dont je suis très content : j’espérais que FAIRY TAIL puisse intéresser aussi les lectrices, et j’en suis très heureux. Mais je dois dire que c’est surtout que dans mon entourage, j’ai toujours eu l’impression que les filles étaient très fortes dans leur personnalité. Aussi, il était normal pour moi d’intégrer des personnages féminins avec des caractères très forts dans mon histoire.

Q : Au sujet de la fin de FAIRY TAIL, avez-vous déjà une idée de quand et comment elle aura lieu précisément, ou est-ce que vous vous laissez la possibilité d’évoluer pour que vos idées évoluent en même temps ?

Hiro Mashima : À ce stade de FAIRY TAIL, je ne pense absolument pas à la fin : la fin, je ne la connais pas. Pour l’instant, je suis vraiment dans une logique d’aventures qui vont se suivre les unes après les autres, et souvent, je ne connais pas encore la suivante. Donc je ne sais vraiment pas comment va se conclure l’histoire pour l’instant.

Q : Dans toutes vos séries, les héros ont un prénom correspondant à une saison. Pourquoi ?

Hiro Mashima : En fait, c’est quelque chose d’assez commun au Japon : Haru, Natsu, des gens vraiment comme ça au Japon. Ce ne sont pas des prénoms inventés. C’était une façon d’avoir des prénoms à la fois faciles à retenir, au Japon comme à l’étranger. Pour moi, c’était une façon d’avoir un univers avec des prénoms sympas.

© HIRO MASHIMA / KODANSHA LTD.

Q : Monster Hunter Orage est tiré d’un jeu vidéo très populaire au Japon. Comment êtes-vous arrivé sur ce projet ?

Hiro Mashima : Je suis d’abord bien évidemment fan du jeu. Disons que je connaissais les gens qui travaillaient sur le jeu, et l’idée est venue assez naturellement.

Q : Ça fait donc un moment que vous jouez aux jeux vidéo. Quels sont les jeux qui vous attire ?

Hiro Mashima : Metal Gear et Monster Hunter.

Q : En septembre sortira MONSTER SOUL en France. Est-ce que vous pouvez parler un peu plus de cette série ?

Hiro Mashima : C’est une histoire courte, en deux tomes. Le héros est un monstre, et l’histoire est racontée de son point de vue. C’est en ça que c’est original. J’aime particulièrement les personnages de type « monstre de Frankenstein » et j’en ai intégré un dans l’histoire : quand il parle, son visage se défait et tombe. J’espère qu’il vous plaira.

Q : Est-ce que vous avez déjà des projets de nouvelles séries ou de one shot ?

Hiro Mashima : J’ai bien quelques idées, mais je ne pourrais pas en parler aujourd’hui.

Q : Vous être un jeune papa. Est-ce que c’est difficile de cumuler le rôle de mangaka et celui de père ?

Hiro Mashima : C’est très difficile. Mais comme ma femme est celle qui s’occupe le plus de l’enfant, le plus dur pour moi, ça reste le manga.

La suite en page 2

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