Live report : Dir en grey au Koko à Londres

Ils l’avaient promis, ils l’ont fait. Après avoir annulé leur précédent concert londonien en janvier 2009, les Dir en grey étaient finalement de retour dans la capitale britannique pour tenter d’étancher la soif de leurs fans. Un concert qui a eu lieu le 3 août 2010 au Koko dans la foulée de leur prestation au Sonisphère Festival de Knebworth deux jours auparavant.

Les Dir en grey, plus à l’aise que jamais sur cette scène européenne. Photos Pascal Voglimacci

La tension était palpable bien avant le début du concert. Certains étaient postés devant la salle depuis plusieurs jours déjà et tout cela n’a pas été sans heurts entre groupes italiens, français et anglais à qui aurait les meilleures places. La queue s’est allongée démesurément au fil de la journée, la foule s’excitant à la moindre occasion : les instruments de musique arrivent devant la salle et c’est la cohue ; le van des Dir en grey est verbalisé par un bobby local et les flashs crépitent.

Quand les portes de la Koko s’ouvrent à 19 h passées, l’attente est loin d’être finie. Le concert ne démarrera en effet pas avant 20 h 30. Un temps certain qui aura laissé au public tout le loisir de découvrir cette salle réellement fantastique, hormis un manque de visibilité au fond de la fosse. La Koko s’apparente a un équivalent labyrinthique de l’Olympia, pourvu d’une multitude de balcons et d’alcôves qui fournissent autant d’imprenables points de vue sur la scène.

Kyo de Dir en Grey au Koko à Londres © Photo Pascal Voglimacci

Plus confiants

Quand les premiers riffs se font entendre, on ne peut s’empêcher de nourrir une inquiétude au niveau de la balance : la voix de Kyo semble peu audible. Mais tout cela est rapidement balayé et on est emporté par le charisme et le jeu de chaque membre. Les DIR ont fait du chemin depuis 2005 et leurs premiers concerts européens et apparaissent définitivement plus sûrs d’eux. Même si Kyo reste toujours aussi peu loquace entre les morceaux, la communion avec le public se produit invariablement devant la transe du prophète, extatique et possédé dès qu’il pose le pied sur la scène.

Pas en reste, Kaoru harangue la foule pendant que Shinya matraque sans relâche ses fûts avec une virtuosité et une rapidité telle que l’on craint de le voir rompre à tout moment. Toshya et Die, plus concentrés sur leurs instruments et moins expansifs au début du concert commenceront à se lâcher un peu plus par la suite.

La setlist reste essentiellement centrée sur les deux derniers albums et le dernier single en date (Hageshisa to, kono mune no naka de karamitsuita shakunetsu no yami), ainsi que sa face B, une relecture de Zan. Deux morceaux annoncés par le groupe comme avant-coureurs du prochain album, actuellement en cour d’écriture. Kyo repousse toujours plus loin les limites de ses performances vocales notamment lors des « Inward Screams », véritables plages d’expression personnelle et de décompression pour le chanteur, et maintenant tradition récurrente à chaque concert. Surprise pour les fans, le groupe nous gratifiera de quelques titres plus anciens comme Obscure, Shokubeni ou encore The Final.

À l’extérieur, une fois la soirée achevée, la joie se lit sur les visages tandis que beaucoup attendent patiemment que les membres du groupe rejoignent leur véhicule. De nôtre côté, on ne pourra s’empêcher d’être légèrement frustré par la faible durée du set de ce soir. Ce qui est sûr, c’est que toute cette débauche d’énergie nous a surtout donné envie d’un nouveau fix de Dir en grey !

Les groupies italien.nes : Rappelons-le, la date londonienne était unique en Europe. Pour l’occasion de nombreuses nationalités : anglaise, française, italienne, polonaise, suisse, canadienne ou espagnole se côtoyaient dans la file d’attente qui fût longue, très longue… « Côtoyer » ? Le terme « guerre » serait plus approprié pour traduire les tensions qui régnaient entre les fans. On se demandait pourquoi les groupes japonais n’aimaient pas jouer en Italie, maintenant on le sait ! Les italiennes n’ont pas hésité à utiliser la violence pour être aux premières loges, laissant les français.es sur le carreau ou plutôt le K.O. Et l’organisation du côté de la sécurité n’a pas aidé. David Amelin.

SETLIST Dir en grey au Koko :

  • Sa Bir
  • Red Soil
  • Agitated Screams of Maggots
  • The Fatal Believer
  • Hageshisa to, kono mune no naka de karamitsuita shakunetsu no yami
  • Stuck Man
  • Gaika
  • CHINMOKU GA NEMURU KORO
  • INCONVENIENT IDEAL
  • INWARD SCREAM
  • Dozing Green
  • Rotting Root
  • Shokubeni
  • Obscure
  • INWARD SCREAM
  • Bugaboo
  • REIKETSU NARISEBA
  • Vinushka
    (encore)
  • The Final
  • Zan
  • Rasetsukoku

Pour aller plus loin :
www.direngrey.co.jp
myspace.com/direngrey

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