Interview avec Reno Lemaire, l’auteur de Dreamland

Avec son premier manga Dreamland, Reno Lemaire est l’un des auteurs français les plus lus. Autodidacte, il est entré chez Pika par hasard après avoir envoyé un mail de trois lignes. Cet auteur hors du commun et plus que modeste était présent au Dijon Saiten les 15 et 16 octobre 2011 pour faire découvrir à son public le 10e tome de sa série.
Journal du Japon : Tu es arrivé chez Pika Editions grâce à un petit coup de chance. Comment s’est déroulée ta rencontre avec eux ?
Reno Lemaire : J’ai toujours aimé dessiner. Depuis que je suis petit je dessine. En cours j’étais un cancre et je passais mon temps à gribouiller sur mes cahiers. J’ai appris comme ça : en relisant 3 fois la même BD et en m’entraînant. J’ai toujours voulu en faire mon métier mais j’ai d’abord fait de la gestion, l’opposé total. Comme cela ne m’intéressait pas j’ai continué de faire des conneries. Et puis un jour j’ai décidé d’envoyer un mail à plusieurs boîtes d’édition. Je ne me suis pas foulé : j’ai envoyé 3 lignes avec deux dessins en pièces jointes. J’ai été étonné du nombre de réponses que j’ai reçu ! Et celle que j’ai trouvé la plus intéressante et la plus concrète était celle de Pika.
Et tu es arrivé devant Pierre Valls avec un projet déjà en tête ?
Exactement. Je suis arrivé avec mon histoire, mon projet et j’ai tout posé sur la table. J’y suis allé au culot, j’ai posé mes conditions. Et ça a fonctionné, Pierre Valls a décidé de me suivre et c’est comme ça qu’est né Dreamland. Pour moi c’était clair dès le début : on ne touche pas à l’histoire mais sinon je suis ouvert aux critiques pour le dessin. En plus, au départ je n’imaginais pas une seconde que cette histoire allait être publiée, c’était juste un délire avec mes potes.

Tu ne te considères pas comme un mangaka. Pourquoi ?
Je n’ai pas cette prétention. Même si Dreamland est au format manga, je n’applique pas tous les codes de ce genre. Par exemple, dans les mangas quand un personnage est excité, il a le nez coule. Dans mon histoire, il a simplement une érection ! (Rires) Et puis Dreamland n’est pas un shônen. Pour moi, il n’a pas de genre attitré, c’est un mélange de tous. Par exemple : les tomes 1 à 7 sont tout public et par contre le numéro 8 est interdit aux moins de 15 ans.
Dreamland est fait de rêve et de réalité. De quoi t’inspires-tu ?
Ce sont mes personnages qui font mon histoire. Je m’inspire aussi de ma vie, de mes potes mais pas seulement. Un truc qui me donne vraiment des idées, c’est d’aller dans un PMU, un vrai, et d’écouter tout ce qui se passe. Je me sers de tout sans réfléchir, ça vient tout seul. Dans la partie réalité, on suit le quotidien des personnages et lorsque je passe dans le rêve, là je me laisse aller à tous mes délires.
As-tu déjà une idée de la fin ?
La fin est déjà écrite. J’ai déjà toute l’histoire dans ma tête. Il me reste juste à la mettre sur le papier. Et c’est loin d’être simple. Il faut faire vite pour tenir un rythme constant de publication et à la fin, quand j’ai bientôt fini le tome, j’en peux plus, je peux plus le voir. Et puis il sort et c’est tout oublié.

Pour aller plus loin :
www.pika.fr/dreamland
Propos recueillis par Marie Protet
