20 ans de Doki-Doki – Partie 2 : le petit éditeur est devenu grand !
Seconde partie de notre entretien anniversaire avec les éditions Doki-Doki… En 2026, c’est en effet l’anniversaire de leur 20 ans ! Loin des catalogues qui débordent de titre ou des énormes blockbusters, cette collection de la maison Bamboo a tracé son propre chemin et a gravi toutes les marches de l’édition manga, et peut fêter cette année sa deuxième décennie la tête haute.
Après les années 2006 à 2015 dans notre entretien d’hier, Journal du Japon vous propose la seconde partie de notre entretien avec Arnaud Plumeri, créateur et dirigeant de Doki Doki. Les années 2015 à 2026, c’est toute une décennie marquante pour cette collection de manga, et un catalogue qui arrive à maturité… en voici la preuve !

Le covid, et au-delà !
Basculons désormais sur la seconde partie de votre histoire. En 2015, pour resituer un peu le contexte pour nos lecteurs, on sort d’une période difficile de plusieurs années de recul du marché du manga en France, quelques années après le tsunami et Fukushima. Mais le manga repart et Doki-Doki prend donc, comme tu dis, son envol, jusqu’à une belle année 2019 pour tout le marché du manga.
Et puis il y a eu le Covid et l’absurdité de la période qui a suivi.
Justement, comment avez-vous géré le tout début de cette vague, en 2021 et 2022 ?
Je me souviens que, déjà, ce que les gens ont apprécié, c’est que nous avons essayé de maintenir au maximum nos sorties. Idem avec nos partenaires avec qui nous avions des opérations de communication. Même en plein Covid, avec la distribution qui fermait, nous avons essayé au mieux de tenir notre planning et nous n’avons pas annulé nos engagements.

Ce n’était pas toujours facile, mais c’était important d’essayer d’être le plus stable possible. Nous ne savions pas où nous allions et il y avait déjà beaucoup d’incertitudes, donc il me paraissait important de garder un certain équilibre, de continuer à répondre présent.
Ensuite, le marché s’est adapté et s’est régulé progressivement. Ce qui a beaucoup changé la donne, c’est quand les librairies ont rouvert, parce que là, il y a eu un afflux vraiment massif.
Et une explosion des ventes…
C’est ça. Et c’est là qu’est arrivé ce que j’appelle l’« absurdité », c’est-à-dire que les ventes se sont mises à partir dans tous les sens. Il y a différentes raisons à ça : des lecteurs qui étaient clairement en manque, des gens qui avaient retrouvé l’envie de lire, d’autres qui ont été cloîtrés chez eux en regardant des anime et qui ont découvert de nouvelles séries, qui voulaient connaître la suite ou lire la version manga.
Et nous nous sommes retrouvés à doubler nos ventes, comme ça, à devoir réimprimer 80 titres sur une année. Il n’y avait plus de papier parce que beaucoup d’éditeurs étaient dans le même cas que nous, la plupart sans doute. Il n’y avait plus de chaînes d’impression suffisantes pour assurer toutes les réimpressions…
La plupart des mangas étaient imprimés depuis des années en Italie, notamment par la société Lego, qui est sans doute la plus connue. En France, quelques imprimeries, face à la demande qui explosait, se sont ouvertes ou rouvertes, sauf que la qualité n’était pas au rendez-vous. Les imprimeurs se sont aperçus qu’ils avaient perdu certains savoir-faire. Pas tous, certes, mais pas suffisamment pour répondre à la demande. Sur ceux que nous avons testés alors, ils n’arrivaient plus à imprimer des noirs assez denses pour le manga, et les jaquettes n’étaient pas de très bonne qualité.
Comme tous les titres cartonnaient, nous nous sommes retrouvés dans une situation paradoxale que je n’aimais pas : en gros, nous n’avions que des bonnes nouvelles, sans arrêt. Mais moi, je ne peux plus réfléchir si je n’ai que des bonnes nouvelles en permanence. Tu ne peux plus faire de bilans sur ce qui marche ou ne marche pas. Quoi que tu sortes, ça fonctionnait.
Mais il y a toujours une certaine inertie entre le moment où tu repères une série et le moment où tu signes le contrat. Donc quand tout marchait, nous devions choisir et signer nos futures séries, mais sans pouvoir analyser sereinement le marché. Nous savions que ça n’allait pas durer, mais il était impossible de savoir dans quelle direction allait le marché.
D’autant que tout le monde a voulu profiter de ces ventes record…
Complètement : comme les ventes étaient très bonnes, il y a eu une véritable frénésie, et de plus en plus de concurrents. Les éditeurs déjà installés se sont mis à sortir plus de titres, deux à trois fois plus chez certains. D’autres éditeurs sont arrivés, souvent des nouvelles branches manga au sein de maisons d’éditions déjà existantes, qui se sont dit que le manga était une poule aux œufs d’or.
Mais tout ça est revenu à se tirer une balle dans le pied.

Je m’exclus un peu de ça parce que, chez Doki-Doki, cela fait dix ans que nous publions peu ou prou le même nombre de mangas.
Si on regarde les statistiques que l’on trouve sur le web, il semble que le nombre de publications a quasiment doublé en quelques années…
C’est un travail que je fais chaque année pour présenter l’état du marché à mes équipes. En complément des chiffres GfK, je fais le décompte du nombre de sorties. Si on enlève les éditions collector et les coffrets de lancement ou packs promotionnels, en 2025 on compte environ 3 500 sorties. Cela s’est stabilisé depuis 2024, mais ça reste 1 000 titres de plus qu’il y a quelques années seulement.
Je m’intéresse aussi au nombre de sorties par éditeur et, ce qui est intéressant, c’est de mettre cela en corrélation avec leur classement de ventes en volume. Tu vois alors clairement que certains éditeurs — pas tous — se maintiennent dans le top 10 ou le top 15 parce qu’ils sortent plus de titres, et non pas parce que leurs ventes moyennes ont progressé. C’est même parfois le contraire.
Certains noient ainsi le marché et certains segments du manga, en proposant des titres d’une qualité assez contestable, mais qui monopolisent le lectorat, qui rate d’autres titres meilleurs ou qui n’a plus les moyens de se les procurer.
Il faut dire que les maisons d’éditions les plus productrices proposent 150, 200, voire plus de 300 mangas sur l’année. Ça fait vraiment beaucoup. Vous, vous vous situez où ?
Si je compte toutes nos sorties sur 2025, nous sommes à 74 publications. Mais si l’on retire les coffrets, nous sommes légèrement en dessous de 70. En gros, dans le classement des éditeurs par nombre de mangas sortis, Doki-Doki est 20e. Cela représente 5 mangas par mois là où d’autres en sortent 15 à 20…
J’ai déjà compté 30 sorties sur un mois chez un même éditeur une fois.
Je t’avoue que j’ai arrêté de compter dans ce genre de cas.
Je pense — j’espère, disons — que certains éditeurs vont réduire la voilure, car ils ont compris que ça ne se vendait pas si bien. Mais c’est dommage que ça n’arrive que maintenant.

Certains de ces éditeurs très productifs essaient de garder leur part de marché et tentent aussi, en publiant tout le temps de nouvelles séries, de tomber sur le prochain phénomène manga ou de multiplier les best-sellers…
À l’inverse, et c’est une des particularités de Doki-Doki, nous n’avons jamais eu de blockbuster. Nous sommes là depuis 20 ans, uniquement avec des middle sellers.
Au début, ce n’étaient pas des middle sellers, mais maintenant ils rentrent dans cette catégorie, c’est-à-dire qu’ils se sont écoulés au moins à 50 000 exemplaires. Hachi & Maruru – Chats des rues volume 1, lui, a dépassé les 100 000 exemplaires, par exemple.
Ça aide à pérenniser une collection, mais ça se fait sur le plus long terme la plupart du temps. Nous ne vendons pas 200 000 exemplaires de nos nouveautés, comme à chaque nouveau One Piece.
Quels sont les titres qui ont le plus « profité » de l’engouement pour les mangas en 2021-2022 parmi vos titres ?
Mushoku Tensei, par exemple, a vu ses ventes multipliées par six quand l’anime est sorti, car il était de bonne qualité.
Il y a eu Je suis un assassin aussi, Sun-Ken Rock édition Deluxe également, qui a profité de ce que Boichi ait pris une envergure de folie avec la sortie de Dr. Stone. Le pass culture a beaucoup aidé aussi !
À l’opposé, lors du recul du marché de 2023 à 2025, est-ce que vous avez aussi été impactés par la baisse ?
En 2023, ça allait et c’était même plutôt une bonne année pour nous.
Mais pour te répondre, il faut distinguer deux choses. Il y a d’une part le marché global avec les ventes qui baissent, et d’autre part la rentabilité de ta maison d’édition ou de ta collection — mais ça, ce n’est pas quelque chose que l’on peut rendre public. Chez Doki-Doki comme chez d’autres, il y a plusieurs variables, entre les frais d’impression que l’on peut faire diminuer, les droits d’auteurs… Tout ça fait que nous pouvons réussir à maintenir notre marge même si le marché baisse. C’est une question de dosage interne.
C’est important, cette marge, très important, parce que c’est ce qui m’assure de pouvoir verser un salaire à mon équipe et que je puisse continuer de mener ma barque tranquille, sans nous mettre en péril.
C’est sûr qu’au-delà des ventes et du succès ou de l’échec d’un titre, il y a aussi ce travail de gestion dont on parle peu.
Je peux en parler pour Doki-Doki, parce que je suis décisionnaire de beaucoup de choses… ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres maisons d’éditions, où les éditeurs s’occupent essentiellement de choisir et de porter les titres.
Pour Doki-Doki, j’ai carte blanche chez Bamboo, et c’est pour ça aussi que c’est très enrichissant et très valorisant. Quand je repense aux 20 ans, je me dis que Doki-Doki n’est pas un mastodonte, certes, mais c’est devenu un éditeur qui compte. Nous avons réussi à tenir sur la durée, et c’est déjà une satisfaction. Ensuite, je suis très content de ne pas avoir été parachuté d’une collection à l’autre et d’avoir pu suivre cette collection, qui est mon bébé et que je vois grandir.

C’est intéressant car, en effet, on peut constater que certains éditeurs ont maintenant les mains liées et ne sont plus tous maîtres de ce qu’ils ont créé ou qu’ils ont grandement participé à créer. Cela dit, dans ton cas, Doki-Doki n’est pas indépendant puisque c’est une collection de Bamboo.
Oui, c’est vrai, mais pour Doki-Doki c’est moi qui signe tous les contrats, qui gère la collection de A à Z. C’est quelque chose que je n’ai vraiment pas envie de perdre, parce que je suis arrivé dans ce métier par passion et je n’ai pas envie de devenir un businessman.
Évidemment, il faut faire des ventes, il faut travailler avec des commerciaux, et je n’ai pas de souci avec ça. Nous sommes dans une société capitaliste, donc il faut être réaliste et savoir s’adapter. Mais je ne veux pas signer des licences uniquement parce qu’elles peuvent faire du chiffre et que ça va booster le chiffre d’affaires. Je n’ai pas envie de signer des licences pour signer des licences, sans y croire.
Pour notre dernière partie, parlons de cette année des 20 ans, en 2026. Nous avons déjà cité la nouvelle édition de Sun-Ken Rock, mais qu’est-ce que cette année nous réserve d’autre ?
Nous aurons un très beau line-up cette année. Pour comprendre un peu les enjeux sur certains titres, il faut savoir que, pour différentes raisons, ça a pris pas mal d’années pour travailler avec les trois plus gros éditeurs au Japon.
En fait, c’est une question de confiance, c’est un travail de longue haleine. C’est aussi lié à notre capacité à gérer tout ce que ces éditeurs demandent en matière de mise en avant et de promotion.
Nous avons travaillé depuis longtemps et historiquement avec Kadokawa, qui est le quatrième éditeur au Japon. Ensuite, nous avons collaboré avec Shôgakukan, le numéro 3, ce qui a permis de lancer Street Fighting Cat, Félin pour l’autre, La Gameuse et son chat, Battle Game in 5 seconds, qui sont des succès.
Désormais, depuis 3 ans, nous travaillons avec Kôdansha, le numéro 2, et nous avons débuté avec un coup de maître : Hachi et Maru, chats des rues. La série a dépassé les 300 000 exemplaires vendus. C’est énorme et l’éditeur n’en revient pas du succès lui-même, car nous avons fait largement mieux qu’au Japon.
La série a une cote d’amour assez folle. L’an dernier, nous avons fait une opération de marketing avec une peluche à l’effigie de l’un des héros et ça a été un carton absolu. En conséquence, pour nos 20 ans, nous remettrons le couvert avec l’autre chat et je sais que ça va très bien marcher.



Je n’en doute pas ! Vous avez donc gravi les échelons des différents éditeurs. Il n’en manque plus qu’un au palmarès. Enfin… il n’en manquait plus qu’un !
C’est tout à fait ça. Nous allons en effet commencer à publier nos premiers titres de chez Shueisha.
Pour la petite anecdote, j’avais commencé à faire des offres à cet éditeur depuis 2014. Leur réponse était, en substance : « Vous savez, Shueisha ne veut pas trop diversifier ses partenaires. Nous comprenons votre intérêt et votre demande sur des séries de second rang, mais ce n’est pas possible pour le moment. »
Ce que l’on pouvait traduire par : « Vous êtes encore trop petit, revenez plus tard. »
Pour être honnête, cela m’arrangeait quelque part, parce que mon équipe n’était pas encore assez étoffée. Il fallait que nous fassions encore du chemin. J’ai envoyé différentes offres, mais ça n’aboutissait pas, et finalement un jour ce sont eux qui sont revenus vers nous. C’était à Japan Expo et ils nous ont dit : « Ah, nous avons observé vos titres sur les animaux, comme Hachi et Maru et d’autres, et c’est vraiment bien ce que vous faites. Nous sommes assez impressionnés. »

Nous nous sommes échangé quelques cadeaux et puis ça a lancé la machine. Nous avons eu différents rendez-vous : nous sommes passés par l’agent, nous avons fait des plaquettes de présentation, des organigrammes de la société, puis nous avons fait des offres et nous avons obtenu notre premier titre qui sort donc ce mois-ci : Shiba Inu Rooms.
Shiba Inu Rooms est un titre qui correspond parfaitement à notre collection sur les animaux d’un point de vue éditorial. C’est aussi un gros coup de cœur de lecteur de ma part, parce que ça raconte l’histoire d’une fille qui a un passé un peu difficile et qui emménage dans une nouvelle résidence. Elle a trouvé l’appartement de ses rêves à un loyer défiant toute concurrence. Et, évidemment, il y a un « mais » : la contrainte, c’est qu’elle doit vivre avec le fantôme d’un Shiba caractériel qui est, tout comme elle, une âme blessée en quête de réconfort.
Oui je vois, nous l’avions repéré dans nos lectures du Japon celui-là, l’an dernier.
C’est un titre qui marche très bien au Japon. Il a d’abord été lancé sur Manga Plus, comme DanDaDan ou Spy × Family. Il a été plébiscité, puis imprimé en manga et réimprimé de nombreuses fois. Il a reçu différents prix, dont celui de la couverture la plus impactante.
Mais au-delà de ce succès, ce qui me plaît beaucoup dans cette histoire, c’est qu’elle parle de réconfort et de panser ses plaies grâce à la présence animalière. Ça me parle beaucoup. C’est la rencontre de deux âmes en peine qui recréent du lien en s’apprivoisant l’une l’autre.
C’est une histoire à la fois belle et drôle, parce que le Shiba a un très mauvais caractère et fait des tronches complètement folles. C’est assez génial, et je suis ravi de commencer par ce titre avec les éditions Shueisha. Donc, évidemment, nous allons tout faire pour réussir le lancement et répondre aux exigences de l’éditeur qui est, à juste titre, très pointilleux en ce qui concerne la promotion de ses titres.
Et je suppose qu’il n’y a pas que des titres de chez Shueisha qui sont attendus ?
Effectivement, nous avons bien sûr d’autres titres de très bonne qualité. Pour continuer sur la vibe des animaux, en mars nous avons sorti Cats and Dragon, qui va avoir un anime d’ailleurs (en juillet 2026, NDLR).
C’est l’histoire d’un dragon qui a été élevé par une maman chat dotée de pouvoirs magiques, qui l’élève comme l’un de ses chats. Le dragon, qui vit forcément très longtemps, va s’occuper de toutes les générations de chats qui vont se succéder. Ces derniers sont attirés par les humains sauf que, parmi les humains, certains se révèlent malfaisants et le dragon va essayer de protéger ses frères félins.
C’est un titre purement jeunesse, très mignon, et qui me fait un peu penser à La Guerre des clans (plusieurs cycles de romans à succès qui suivent des générations de chats sauvages et de leurs clans, NDLR) dans le sens où tu as des générations de chats et d’histoires qui s’entremêlent. Les ventes du titre démarrent très fort, au même niveau que Hachi & Maruru – Chats des rues !
J’ai repéré aussi Mon adolescence explosive.
Oui, celui-là est arrivé début février. Il me fait un peu penser au film d’animation Alerte rouge sur Disney+. C’est une allégorie des changements du corps des jeunes filles avec la puberté.
Cette demoiselle a des super-pouvoirs psychiques qui arrivent avec l’adolescence et son père est complètement désemparé parce qu’il élève sa fille seul. C’est un militaire, mais il n’arrive pas à faire régner la discipline. Il va être obligé de s’adapter à sa fille et aux ravages qu’elle peut causer autour d’elle, tant qu’elle ne maîtrise pas ses pouvoirs.
Ensuite, il y a aussi un magnifique titre de chez Kôdansha avec des planches qui sont vraiment à tomber par terre : Dungeon Elf, qui est en fait recommandé non pas par les auteurs de Frieren, mais par Frieren en personne. (Rires)



C’est drôle ça !
En fait, c’est ce que l’on appelle de la méta-fantasy. Dans les donjons, il y a toujours des coffres, mais on ne se pose jamais la question : comment sont-ils arrivés là ? C’est une elfe qui est chargée de déposer les coffres, et c’est son histoire.
C’est un titre entre Gloutons et Dragons, Frieren forcément, et un peu de Boichi dans le sens où l’on suit une héroïne avec des formes pulpeuses, qui adore les bons petits plats. On y retrouve des doubles planches magnifiques, qui se prêteraient tout à fait à une exposition !
Ensuite, nous avons une belle romance entre salarymen qui s’appelle Nos cœurs de chats. C’est l’histoire de deux personnes assez opposées au sein d’une entreprise : d’un côté, un commercial brillant qui séduit tout le monde et de l’autre, une assistante très timide et secrète. L’un et l’autre vont se retrouver en dehors du bureau et se découvrir dans un parc où elle nourrit les chats errants. Ainsi, ils vont faire tomber les masques et s’ouvrir l’un à l’autre grâce aux félins.
Tu vois le manga Une fille si féline chez nous ?
Oui je vois bien, j’aime assez même.
Eh bien, pour simplifier, ce serait une version plus adulte de ce genre d’histoires.
Après, nous avons bien sûr d’autres projets que l’on doit encore affiner, mais je pense que, rien que sur ces 7 premiers mois, nous sommes déjà à la hauteur de cet anniversaire.
Carrément.
Et pour finir cette interview, une dernière question. Au bout de 20 ans, qu’est-ce qui te plaît toujours dans ton métier ?
Comme je l’ai dit tout à l’heure : ce qui m’anime, c’est la transmission. Vraiment. C’est pour ça que je suis aussi auteur d’une BD, sur les dinosaures.
Ce qui m’intéresse, c’est de transmettre une connaissance, un savoir, une passion, une culture ou de belles valeurs.

Par exemple, l’année dernière, nous avons lancé Beast King and Medicinal Herb. J’adore ce titre parce qu’il nous transmet une réflexion. Il s’agit du récit d’un ancien général des démons qui, après la guerre perdue contre les humains, va se reconvertir en médecin pour soigner ce que ces derniers appellent des monstres. Cela remet en perspective et questionne sur qui sont vraiment les monstres : est-ce que ce sont les animaux qui sont appelés « monstres », ou est-ce que ce sont les humains qui les déciment ?
J’aime beaucoup ce genre d’histoires et, à chaque fois, je me pose toujours la question, quand je découvre un manga, de ce que j’ai envie de transmettre aux lecteurs : des émotions, un dépaysement, un divertissement, une réflexion, du réconfort ?
J’essaie toujours de voir ce qu’il y a derrière, et c’est ce qui continue à me plaire, parce que je ne veux jamais oublier que je suis moi-même un lecteur, même si c’est plus difficile et plus compliqué d’apprécier la lecture quand c’est ton métier, quand tu as le nez en permanence dans les bouquins. C’est aussi pour ça que je pratique d’autres genres de lecture que le manga, pour m’aérer un peu la tête de temps en temps.
Au-delà de ça, je me dis surtout que, si on m’avait dit quand j’avais 10 ans que je serais éditeur de manga, c’est-à-dire une version BD des anime que je regardais à l’époque… Si on m’avait dit que je m’occuperais de ça, que j’en publierais et que je partagerais ça avec des lecteurs… qu’il y aurait des chats et qu’il y aurait des mondes imaginaires… j’aurais été ravi, profondément ! (Rires)
Donc j’essaie toujours de remettre en perspective les différents ennuis que je peux avoir dans mon métier par rapport à ces rêves d’enfant. Je pense qu’il ne faut pas perdre son cœur d’enfant dans ce que l’on fait, sinon on perd un peu le sens des choses. Donc même si ce n’est pas tous les jours facile, j’essaie d’avoir du sens dans ce que je fais… et je trouve mon sens là-dedans.
C’est un super message pour finir cet entretien.
Joyeux anniversaire à toi Arnaud et joyeux anniversaire Doki-Doki !
Retrouvez les éditions Doki Doki sur leur site web ou suivez les sur les réseaux sociaux : Facebook, X, Instagram et Twitch. Et pour finir, on vous partage les témoignages des membres de l’équipe de Doki Doki, pour ce 20e anniversaire.

Un grand merci à Arnaud Plumeri pour son temps et à Teddy Maldadri pour la mise en place de cette interview.
