Interview avec le groupe post-rock MONO
Les musiciens du groupe MONO, figures emblématiques du mouvement post-rock japonais, ont donné un concert au Printemps de Bourges le 22 avril 2009. Nous les avons rencontré quelques heures après leur représentation.

Les membres du groupe MONO semblent impatients de se produire sur scène. Ils nous reçoivent dans la loge du 22 avec le sourire. Même si l’excitation se lit sur leurs visages, l’entretien se déroule dans le calme, autour d’un paquet de chips. Après leur concert du 27 mars au Glazart à Paris, ils vont pouvoir retrouver leur public français devant la scène du 22 Est. Taka, enthousiaste, répond en anglais avant même que le traducteur n’ait eu le temps de finir de traduire les questions.
MONO est un groupe de post-rock instrumental formé en 2000 à Tôkyô. Il est composé de deux guitares (Takaakira « Taka » Goto et Yoda), une basse (Tamaki) et une batterie (Takada Yasunori). Leurs morceaux sont basés sur des mélodies à la guitare. Les différents instruments qu’on retrouve dans les orchestres classiques, comme le piano, les flûtes ou le violon, apparaissent peu à peu au fil des compositions du quatuor. Ils ont sorti leur 5e album Hymn To The Immortal Wind pour le 10e anniversaire de leur carrière. Ces musiciens ont fait de leur musique un parcours romanesque et spirituel qui transporte ses auditeurs.
Journal du Japon : Le groupe fête ses 10 années d’existence, qu’est-ce qui vous a poussé à créer MONO
Taka : Je faisais déjà partie d’un groupe quand j’ai rencontré Takada. Le courant est bien passé et nous sommes vite devenus amis. Nous avions envie de créer un groupe ensemble, sans chanteur. Nous avons cherché un bassiste et un autre guitariste, c’est ainsi que MONO est né.
Qu’est-ce qui vous a poussé à faire du post-rock instrumental ?
Taka : La scène musicale était occupée par des groupes qui proposaient déjà tous les mêmes choses. Nous avions besoin de nous imposer, de créer notre propre identité. Chercher notre son partait d’une volonté commune.

Pouvez-vous nous parler de votre dernier album Hymn to the immortal Wind ?
Taka : Nous avons enchaîné les concerts pendant 5 ans, nous avions donc envie de nous poser pendant un an pour réaliser un album. Nous avons cherché à créer un ensemble harmonieux, symphonique, qui fait passer beaucoup d’émotions. Nous nous sommes inspirés du courant « necrospiritual », pour donner une dimension spirituelle à notre musique.
Comment se déroule l’enregistrement d’un album ?
Taka : Au début, nous ajoutions les instruments au fur et à mesure de la composition des albums. Aujourd’hui c’est devenu plus difficile de travailler comme ça, nous avons plus d’une vingtaine d’instruments à gérer, comme le violon. Dans un premier temps, j’écris ce que j’appelle la « démo », je compose une mélodie. Je l’adresse ensuite aux membres du groupe qui vont l’enrichir avec leurs propres idées. Nous faisons évoluer les morceaux ensemble de cette façon.
Pourquoi avoir choisi de faire un clip vidéo sur Follow the map ?
Taka : La plupart de nos morceaux, qui durent 8 à 10 minutes, sont trop longs pour en faire des clips. Une des raisons pour lesquelles nous avons choisi Follow the map est qu’il dure environ 4 minutes. Nous avons collaboré avec un professionnel pour la réalisation de cette vidéo, qui nous a proposé un script sur lequel nous avons pu adapter notre musique.
Quelle est la signification du masque blanc du personnage ?
Taka : Le masque blanc donne un côté très mystérieux au personnage du clip, qui vient mettre en valeur la quête de spiritualité de ce dernier. Le but du personnage est de retourner vers son esprit, vers son âme, comme un retour à l’enfance, à la pureté.
Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec World’s End Girlfriend ?
Taka : Nous sommes avant tout amis et nous avons la même vision des choses concernant la musique. Nous avons écrit ensemble Palmless Prayer / Mass Murder Refrain parce que nous en avions l’occasion et le temps nécessaire.
Aura-t-on la chance de vous voir en France avec World’s End Girlfriend ?
Taka : Le mois prochain, nous enchaînons avec une série de concerts dont un à New York où nous jouerons avec un véritable orchestre. Pourquoi ne pas inviter World’s End Girlfriend à nous rejoindre ? Si on peut le faire, nous le ferons.
Parlez-nous de vos prochains projets ?
Taka : Nous avons prévu de jouer à Taïwan après quelques dates aux États-Unis, en Australie, à Singapour et au Mali. On sera également au Furia Sound Festival à Cergy Pontoise en juillet.
Avez-vous déjà prévu de travailler sur un nouvel album ?
Taka : Nous avons tout juste fini la réalisation de cet album, nous voulons nous reposer maintenant ! S’il vous plaît ! (Rires)
Avez-vous pu observer une différence entre votre public européen et japonais ?
Takada : Le public français est vraiment bien ! (Rires)
Taka : Le public japonais est plutôt calme à côté du public européen, mais les tendances s’homogénéisent peu à peu. La différence était plus flagrante il y a quelques années. Quand les Américains ne nous connaissaient pas, ils buvaient de la bière et parlaient en même temps ! Le public français est respectueux et très gentil. (Rires)
Que souhaiteriez-vous dire à vos fans français ?
Yoda : Merci !
Tamomi : Merci, nous sommes heureux que vous nous écoutiez.
Taka : Revenez nous voir en juillet au Furia Sound Festival, merci.
Takada : On se retrouve au festival en juillet, et merci pour tout !
