La tornade Puffy AmiYumi
Les divas rock du groupe Puffy AmiYumi, grand duo musical de la scène nippone en quête de reconnaissance internationale, étaient en concert à la 10e édition de Japan Expo.

« Bring it on ! Venez nous battre ! Serez-vous capable de nous suivre ?! » Ami et Yumi sont de vraies piles électriques sur scène. Elles ont la pêche et ont bien défendu leur titre de divas japonaises à cette 10e édition de Japan Expo. Les Puffy AmiYumi, qui ont commencé leur carrière au Japon en 1996 avant d’enchaîner sur les États-Unis en 2000, se sont produites, pour la première fois en France, sur la scène du JE Live House le samedi 4 juillet où elles n’ont eu cesse de provoquer le public français, de l’inviter à se déchaîner sur de la pop-rock, parfois folk, dans une ambiance de plus en plus festive et chaude.
Mais cette bonne heure et demi de concert ne leur suffisait pas. Les deux chanteuses de charme ont également animé le « Naruto Festa », un spectacle, organisé par Japan Expo, SHUEISHA et TV Tokyo, dédié à la licence NARUTO à l’occasion de ses 10 ans et de la sortie du film Naruto Shippūden: Hi no Ishi o Tsugumono, avec un mini showcase sur la Scène Principale. C’est au cours de ces deux performances, qu’elles nous ont dévoilé et interprété le titre, très attendu par tous les fans de NARUTO, Darekaga, le générique du film événement.

Ce morceau, vous pourrez le retrouver sur l’édition européenne de leur nouvel album Bring it!, sorti depuis le 17 juin 2009 au Japon et désormais disponible en France en édition spéciale avec Wasabi Records. Un album sans aucun doute témoin de leur énergie. « Dans Bring It!, nous mettons les autres au défi », nous raconte Ami avec passion. « Nous l’avons réalisé à l’image d’un live, explique Yumi. Nous pourrons reproduire l’album en concert dans le même ordre. Il est étudié pour. C’est ce qui fait la différence avec nos précédents albums. »
Mais ce n’est pas la seule. Avec cet opus, les Puffy AmiYumi sont particulièrement en train de peaufiner leur reconnaissance internationale. « Nous y avons réuni tous les styles musicaux que nous adorions, et travaillé avec les musiciens que nous admirions. Pour nous c’est un album très réussi. »

Bring it! est en effet le résultat de collaborations prestigieuses avec des artistes tels que Shiina Ringo, chanteuse et musicienne pop-rock délurée, qui signe par exemple les titres Shuen No Ono et Hiyori Hime. « Shina est une grande amie. Elle a écrit ces deux chansons avec son propre style mais à notre image. »
Ami et Yumi ont aussi travaillé avec Butch Walker, le producteur d’Avril Lavigne. Elles ont repris deux titres que la star américaine avait composé : All Because of You, à tendance folk, et I Don’t Wanna. « Nous n’avons pas travaillé directement avec Avril Lavigne, mais avec ses producteurs. Par contre, elle nous a invité sur scène lors de son passage au Tōkyō Dōmu, c’était un grand moment. »
Oui, c’est une belle reconnaissance, et le résultat de plusieurs années de travail, de morceaux composés, de concerts, et de projets divers et variés. Comme ce dessin animé Hi Hi Puffy AmiYumi à leur effigie diffusé par la chaîne américaine Cartoon Network en 2004. Elles animent à la même période leur propre émission Hi Hi Puffy Club. « Nous avons des tonnes de souvenirs de cette émission, confie Ami. Nous avons par exemple fait du soba (des nouilles de sarasin, ndlr) avec Lenny Kravitz. »
Chouchoutes des américains, si bien qu’elles ont été nommées Ambassadrices du Japon auprès des USA pour la promotion de la culture japonaise en 2006. Elles attendent la même chose de la part des Français. « Tout ce qu’on espère c’est pouvoir se produire dans le plus de pays européens possible. » Nous sommes prévenus.
Sur l’édition européenne de l’album Bring It!, distribué par Wasabi Records, on retrouve le titre Darekaga, générique du film Naruto Shippūden: Hi no Ishi o Tsugumono, mais aussi des titres en collaboration avec Avril Lavigne et Shiina Ringo. Les chanteuses, de véritables stars au Japon, artistes du label Ki/oon Records (ASIAN KUNG-FU GENERATION, FLOW, POLYSICS), reviennent sur cet album et sur leur parcours au cours d’une interview rythmées par les ailes d’une mouche encombrante.

Journal du Japon : Pouvez-vous vous nous présenter les points marquants de votre parcours artistique ?
Yumi : Difficile de revenir en détail sur nos treize années de carrières. On était toutes les deux des chanteuses solistes dans la même maison de disques. C’est là qu’on s’est rencontré et lié d’amitié. On s’amusait beaucoup ensemble et c’est de là qu’est né le projet Puffy en 1996. En 2000, on a eu l’opportunité d’aller aux États-Unis, et cette année en 2009, en France, avec l’album Bring it!.
Mata-Web : Quand votre premier single Asia No Junshin s’écoule à plus d’un million d’exemplaires, quel est votre état d’esprit à ce moment là ?
Yumi : Nous n’en avons pas vendu un million tout de suite. C’est venu progressivement donc on a pas ressenti le phénomène immédiatement. Mais il y a bien eu un moment où on s’est rendu compte de l’ampleur de notre succès. C’était après avoir passer quelques semaines à travailler aux États-Unis. À notre retour, on ne pouvait plus marcher tranquillement dans la rue. On ne s’y attendait vraiment pas et cela nous a fait un peu peur au départ.
JdJ : Quelle est l’image que vous souhaitez donner, le message que vous voulez faire passer avec votre musique ?
Yumi : On a pas vraiment de message à transmettre. Chacun peut ressentir, recevoir, vivre une chanson différemment. On peut très bien écrire une chanson joyeuse mais si la personne qui l’écoute est triste, ça peut la rendre encore plus triste. Tout dépend de l’état d’esprit des personnes quand ils écoutent notre musique.
[Une mouche vient parasiter notre entretien. Yumi tente en vain de la chasser, ce qui entraîne le fou rire général.]
MW : Bring it! est sorti le mois dernier au Japon, pouvez-vous le présenter plus en détail, quelle en est la signification ?
Ami : L’expression « Bring it! » signifie « venez », mais dans le sens « venez nous affronter, venez nous battre. » C’est un album où on a regroupé tous les styles musicaux qu’on adorait avec les artistes qu’on aimait. C’est le style de musique qu’on a toujours voulu faire. Pour nous, c’est un album très réussi.
[Toujours embêtés par la mouche, le staff s’empare de coussins pour l’abattre, toujours sans succès, et toujours sous les rires des demoiselles.]
JdJ : Qu’est-ce qui le différencie de vos précédents albums ?
Yumi : Le plus important dans ce CD est qu’on l’a fait à l’image d’un live. On va pouvoir reproduire le CD sur scène, en gardant l’ordre d’enchaînement des pistes. C’est ça la différence avec nos précédents albums, on s’est vraiment inspiré du live pour le faire.
MW : Vous avez collaboré avec Shiina Ringo et Avril Lavigne. Comment se sont passées ces collaborations ? Avez-vous des anecdotes à nous confier ? Y a-t-il d’autres artistes avec lesquels vous voudriez travailler ?
Yumi : On avait déjà eu l’occasion de travailler avec le producteur d’Avril Lavigne, Butch Walker. Il nous a proposé plusieurs titres pour notre album. On en a retenu deux en particulier (All because of you et I don’t wanna). C’est après qu’on a appris qu’ils avaient été fait pour Avril Lavigne. On les a pris avec son autorisation.
Elle n’est pas venue à l’enregistrement par exemple mais l’année dernière lors de son concert au Tōkyō Dōmu, elle nous a invité sur scène et on a chanté ensemble.
Ami : Concernant Shiina Ringo, elle était déjà une très grande amie à la base. Lors d’une réunion sur le contenu de l’album, on se demandait avec quels artistes on pourrait travailler, j’ai donc regardé mon carnet d’adresses sur mon portable et j’ai dit « pourquoi pas Shiina ?! ». Je lui a envoyé un mail auquel elle a répondu tout de suite que ça serait avec plaisir. Elle nous a écrit deux titres (Shuen No Ono et Hiyori Hime), mais avec sa propre vision de PUFFY.
Yumi : Jusque-là, on n’avait pas eu l’occasion de travailler avec des chanteuses, c’était plutôt des hommes, donc pour l’instant on a pas de nom à vous donner mais ça nous plairait beaucoup de jouer avec des musiciennes.
JdJ : Quelles difficultés avez-vous rencontrées sur la réalisation de cet album ?
Yumi : On a demandé aux musiciens qu’on aimait de nous faire des chansons, mais ces musiciens en question travaillaient chacun de leur côté sur leurs carrières respectives. Ils ont travaillé sur notre album dès qu’ils avaient un peu de temps à lui consacrer. Et réunir toutes les chansons nous a donc pris du temps.

MW : Le 25 mars, vous avez sorti votre 2e album de reprises PUFFY AMIYUMI X PUFFY. On y trouve des reprises d’artistes très différents comme Cindy Lauper ou les Beatles, comment s’est fait le choix des titres que vous avez mis sur cet opus ?
Yumi : Ce n’était pas vraiment un choix. À l’origine, on a travaillé sur plusieurs « tribute album ». (compilation hommage à un artiste, un groupe), et cet album sorti le 25 mars regroupe simplement toutes nos participations.
JdJ : Après votre venue à Japan Expo, quels sont vos futurs projets pour l’Europe et la France ?
Yumi : Le public français était vraiment très attentif pendant le concert, on était contente parce qu’ils écoutaient nos chansons très attentivement. Maintenant, ce qu’on aimerait c’est venir en Europe, dans le plus de pays possible. On ne chante qu’en japonais et en anglais et si on doit parler d’autres langues ça va être difficile, surtout en français ! Mais si l’occasion se présente, nous serions ravies !
MW : Dans votre album de reprises, on retrouve en bonus track deux versions du titre Hi Hi, en portugais et en espagnol. Avez-vous eu des difficultés particulières à chanter dans ces deux langues ?
Ami : Mais comment avez-vous eu cette information ? (rires) Avant de vous répondre, pensez-vous que nous devrions chanter en français ?
JdJ, MW : Oui !
Yumi : Oui ! Oui ! Ah, mais comment on va faire, ça va être dur… Si notre album est bien reçu en France, peut-être que nous donnerons suite ! (rires)
Yumi : Pour répondre à votre question, c’était vraiment très difficile de chanter dans ces deux langues, d’autant plus en chœur. On arrivait à prononcer l’espagnol à peu près correctement avec l’aide de l’alphabet (?), mais pour le portugais c’était plus dur, et nous ne nous en sommes toujours pas remises aujourd’hui d’ailleurs (rires).
JdJ : Qu’est-ce qui vous a amené à lancer le dessin animé Hi Hi Puffy AmiYumi à votre effigie ?
Ami : Alors que Sam Register, le producteur du dessin animé, était dans les embouteillages, une de nos chansons est passée à la radio. Comme il ne nous connaissait pas, il a simplement retenu notre nom et le label Sony, puis il a fait des recherches. Il a su qu’on était à Los Angeles au même moment et il nous a tout de suite contacter pour venir écouter notre musique. Il nous a laissé sa carte en nous disant qu’il aimerait bien faire un dessin animé avec nous. Après, ça a été très vite, on y croyait pas, c’était invraisemblable mais ça s’est fait.
JdJ : Quel a été votre rôle dans la production du dessin animé ?
Yumi : On a eu énormément de liberté quant à la modélisation des personnages, de leur vêtement, jusqu’à leur caractère. Ami est très énergique et Yumi plutôt posée et calme. C’était un dessin animé pour les enfants, donc il fallait que les gestes soient exagérés et là-dessus, on a pu intervenir à plusieurs reprises. C’est également nous qui avons pu choisir les chansons utilisées dans le dessin animé.

MW : Vous avez animé votre propre émission Pa-Pa-Pa-Pa-Puffy, où vous avez reçu de nombreuses stars internationales, puis l’émission Hi Hi PUFFY Club en 2006. Avez-vous l’intention d’en faire encore une autre ? Avez-vous des anecdotes à partager ?
Yumi : Des souvenirs de nos émissions, nous en avons des tonnes. Il y a eu cette histoire avec Aerosmith qu’on avait reçu. Steven Tyler, nous a proposé de monter sur scène avec eux le lendemain car ils avaient un concert. Lors de leurs concerts, il y a toujours une fille pour lui mettre une écharpe avec des plumes, et là c’est moi qui ait dû le faire. J’étais en première page des journaux le lendemain !
Sinon, on a fait du soba (nouilles de sarasin) et du cosplay avec Lenny Kravitz aussi, on s’est vraiment amusé, on a des souvenirs inoubliables.
JdJ, MW : Avez-vous un mot pour les fans français ?
Ami et Yumi : C’est la 2e fois qu’on venait en France. La première fois c’était pour un tournage, on avait pas eu le temps de visiter Paris et là oui, c’est une très belle ville. Mais on aimerait surtout revenir pour un concert.
Propos recueillis par les équipes du Journal du Japon et de Mata-Web.
Pour aller plus loin :
www.puffyamiyumi.com
www.puffyamiyumiworld.com
myspace.com/wearepuffyamiyumi

