Ponyo sur la Falaise : Hayao Miyazaki change de cap

© Ghibli
Ponyo sur la Falaise sort en DVD et Blu-ray aujourd’hui mercredi 23 décembre 2009 en version standard et en édition collector Fnac, juste à temps pour les fêtes de Noël !
Ponyo sur la Falaise, c’est l’histoire d’une princesse poisson rouge qui rêve d’explorer le monde terrestre et de devenir humaine. Après sa rencontre avec Sôsuke, elle espère rester près de lui. Le petit garçon qui l’a recueillie s’est juré de la protéger. Le dernier film de Hayao Miyazaki est considéré comme un succès dès sa sortie en juillet 2008. Au bout d’un mois d’exploitation en salle, 8,43 millions de Japonais sont allés le voir. Ponyo accroche le public qu’il soit adulte ou enfant. On le compare facilement à Mon Voisin Totoro. Le film a été conçu sans l’utilisation d’images de synthèse ou de techniques d’animation en 3D et Miyazaki s’inspire de l’aquarelle pour le dessin. Il dessine lui-même la scène du tsunami. Une performance technique à contre-courant des tendances de l’industrie de l’animation actuelle, largement saluée par la critique et les Japonais.
Le réalisateur a voulu revenir à un récit plus simple et une image épurée, destiné aux enfants. L’avenir dans l’histoire de Ponyo y paraît moins sombre que certains des films du catalogue Ghibli. Mais en creusant un peu, on est saisi par la nostalgie. Miyazaki est décrit par ses collaborateur.ices (cf. notre interview de Masako Sakano) comme un personnage extrêmement pudique, qui ne dévoile pas ses sentiments mais qui les exprime à travers ses films. Avec le réalisateur, il faut savoir interpréter ce qui se cache derrière l’image.

C’est le moment de réviser nos grands classiques. D’une part : Mon Voisin Totoro, d’autre part : Princesse Mononoké. La Nature est toujours au centre des préoccupations de Hayao Miyazaki, mais la problématique n’est pas tout à fait la même. Dans Mon Voisin Totoro, un père apprend à ses filles à écouter la nature et à communiquer avec elle. Il ya. une forme de respect et de lien naturel. Dans Princesse Mononoké, les humain.es sont pourvu.es d’un instinct destructeur. Ils cherchent à exterminer les esprits de la forêt, à des fins mercantiles. Mais celle-ci arrive toujours à le raisonner. « Quand il était jeune, il avait des théories un peu marxistes où il avait foi en l’Homme, il avait foi en une réconciliation entre l’Homme et la Nature », nous explique Gersende Bollut, co-auteur du livre Miyazaki l’enchanteur, que nous avons rencontré.
Dernier espoir
Et dans Ponyo ? L’histoire commence avec le père de Ponyo, créature hybride, qui, poussé (aveuglé) par la haine, cherche à redonner à la nature sa toute puissance, quitte à mettre la race humaine en grand danger (façon l’Arche de Noé). « Aujourd’hui, quand on regarde Ponyo sur la Falaise, on remarque que Miyazaki est devenu misanthrope et très critique avec l’être humain. Il a fait tellement de tort à la nature, que celle-ci doit reprendre ses droits. » Le petit Sôsuke va changer le cours des choses quand il découvre l’existence de Ponyo et qu’il se jure de la protéger. « Le réalisateur est devenu très amer, désabusé. Il place quand même un peu d’espoir chez les enfants qui gardent a priori leur naïveté. » Il charge ainsi la génération future d’une lourde mission, apporter la paix et la cohabitation entre l’Homme et la Nature.
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