Creeepsta N de Bape : Pièce phare de la collection Printemps-Été 2010

Le singe de Bape

Cette année Bape réinvente les creepers et sort la Creeepsta N. L’occasion de vous présenter cette pièce phare de la collection printemps-été 2010 et le développement de la célèbre marque hype japonaise.

En 1993, Tomoaki Nagao, plus connu sous le nom de Nigo (« n°2 » en japonais), créé sa propre ligne de t-shirts en séries de 30 et en éditions ultra-limitées qu’il commence par distribuer dans le quartier branché de Shibuya à ses amis. Il donne, à cette marque naissante, le nom de A Bathing Ape (contracté « Bape ») en référence à une expression japonaise qui décrit les freeters, les jeunes qui se laissent aller : « bathing in a wakewarm water » (baigner dans une eau chaude) et du film de science-fiction de 1968 La Planète des singes (Planet of the Apes, « apes » voulant dire singes en anglais). Le singe apparaît comme thème récurant de la marque et en devient le logo.

La griffe Bape prend de l’importance au Japon. Elle est vite déclinée en collection femme (Apee et Bapy) et enfant (Bape kids) et en véritable lifestyle brand incluant un salon de coiffure (Bape cuts), une gallerie d’art (Bape gallery), un café (Bape café), une maison de disques (Ape sounds) ou encore des programmes de télévision ((B)ape TV).

A Bathing Ape reste focalisé sur les éditions limitées, la demande dépassant l’offre. Nigo suit le même procédé que son maître à penser Hiroshi Fujiwara (le gourou de l’exclusivité). Il utilise en plus sa notoriété de DJ pour promouvoir sa marque. Son collectif de rappeurs, les Teriyaki Boyz (avec lmari, Ryo-Z, VERBAL de m-flo, WISE) en deviennent les ambassadeurs créant la tendance.

Nigo

Après des années d’absorption de luxe occidental, le Japon se créé enfin une identité propre. C’est ainsi que la Bape mania a contaminé le monde. Comment s’y est-il pris ? en s’alliant au numéro 1 de la tendance aux États-Unis en 2000, Pharrell Williams. Pharrell a eu un véritable coup de cœur pour Bape et a demandé à Nigo de s’associer pour créer deux lignes sur le même principe. C’est ainsi que sont nés BBC (Billionnaire Boys Club) et Ice Cream. Nigo a envahi les USA…

Sur 27 boutiques, 20 sont au Japon. Elles sont époustouflantes car imaginées par Wonderwall, architectes des boutiques Uniqlo également. Les sept autres se trouvent à New York, Los Angeles, Londres, Hong Kong, Taipei, Singapour et Paris. En ce qui concerne cette dernière, Bape n’a pas implanté de flagship store à proprement parlé. La marque a en effet élu domicile chez Colette. Son développement ayant probablement été freiné à cause du grand nombre d’imitations vendues aux puces de Clignancourt en provenance directe de Chine. Il a fallu attendre l’été 2008 pour que la marque accepte la proposition de Colette pour créer une entité Bape store dans la célèbre boutique. « Un micro emplacement avec toute l’imagerie, la structure, et l’architecture des boutiques Bape », nous explique Guillaume Salmon, attaché de presse chez Colette. Nigo choisit les pièces à envoyer à Paris.

Creeepsta N vertes

Au départ, Bape se limitait à des t-shirts et sweatshirts siglés de la marque ou de slogans tels que « Ape shall never kill ape ». Aujourd’hui, Bape a exploité tout le vestiaire urbain coloré et kid hip-hop. « Ce qui ne l’empêche pas de faire des pièces plus basiques, souligne Guillaume Salmon. Actuellement, comme beaucoup d’enseignes, ils retravaillent les vêtements dits workwear : chemises en flanelle, chemises à carreaux… » Cette année Bape réinvente les creepers : pièce phare de la collection printemps-été 2010.

La marque suit la tendance des créateurs pour 2010. Chaussure directement sortie des fifties, elle a été tour à tour adoptée par les Teddy boys (sous-culture du rock’n’roll britanique des années 50), pour être reprise dans les années 70 par les punks, les rockeurs et passée ensuite à la mouvance gothique. Bape réexplore cette chaussure à l’aspect orthopédique pour en faire des Creeepsta N, lui accolant les codes de la marque. Le résultat : des couleurs flashy (lila, bleu électrique, rouge, vert et tricolore) et un aspect enfantin. Guillaume Salmon en témoigne : « Elles suscitent la curiosité et l’engouement ». Anh, amateur de streetwear réagit : « Je trouve ça moche. Même si on m’assure que demain ce sera l’accessoire street tendance, je ne le porterais pas ! » Alors, à qui l’avenir donnera-t-il raison ? À suivre…

Pour aller plus loin :
www.colette.fr
hypebeast.com

Cristina Thaïs

Je suis passionnée de culture japonaise. J'aime étudier, comprendre les différences et les complexités de ce magnifique pays, non sans mille contradictions. Je voyage une fois par an au Japon pour le parcourir de long en large. J'ai un point faible pour les expositions, la mode, les cosmétiques japonais, le J-rap et la bonne cuisine locale. J'adore échanger sur ces sujets, alors n'hésitez à me laisser un commentaire! @tinakrys

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