Doubt, mais qui est donc le loup ?
Quand un jeu innocent se termine en meurtres en série et que l’assassin fait partie de vos amis. Doubt, manga de Yoshiki Tonogai en 4 tomes publié par les éditions Ki-oon, saura vous tenir en haleine.
Tout commence par un divertissement via téléphone portable qui fait un véritable carton auprès des adolescent.es japonais.es. D’un concept simple, la règle du jeu de Doubt (ou Rabbit Doubt) consiste à débusquer parmi les joueurs un loup infiltré dans une colonie de lapins. À chaque tour, les joueurs désignent celui qu’ils pensent être le canidé. Si leur choix s’avère être juste, ils remportent la partie. Sinon, le loup se chargera de manger les joueurs jusqu’à leur extermination. Alors que cinq émules du jeu se rencontrent enfin dans la vie réelle pour un karaoké, ils se réveillent enfermés dans un bâtiment désaffecté, un étrange code barre tatoué sur la peau et le cadavre de leur camarade affublée d’une tête de lapin gisant dans la pièce d’à côté.

Si le scénario de Doubt n’a en lui rien de bien extraordinaire, c’est le suspens et la tension étouffante qui sauront vous donner l’envie de poursuivre cette quadrilogie jusqu’au dessein ultime. Chaque joueur cache derrière lui une attitude, un passé ou un motif qui font de lui un loup potentiel dans la réalité. Ainsi, même le personnage qui peut vous sembler des plus innocents aux premiers abords finira par attiser vos soupçons au point même que vous en viendrez à vous poser des questions sur le personnage principal lui-même.
Doubt ou un message a décoder ?
L’avancée dans la lecture du manga prête à se demander si Yoshiki Tonogai n’a pas voulu transmettre un message caché à travers son travail. Au-delà de l’effusion de sang et de l’univers glauque que promet la couverture de chaque volume, on peut penser que le mangaka souhaite montrer ces adolescents comme des exemples à ne pas suivre. Dans une société où la jeunesse fait tout pour retarder le passage à « l’âge adulte » le monde virtuel correspond, par analogie, à celui de l’adolescence et la réalité à celui des adultes. L’horreur débutant au moment où les protagonistes décident de plonger dans la réalité, n’aurait-il pas mieux valut pour eux qu’ils restent dans la virtualité ?

Le manga a fait un carton sur Japan Expo 2009, bien qu’il n’ait pas bénéficié de plus de publicité que les autres titres Ki-oon (BAMBOO BLADE). D’après Victoire de Montalivet, attachée de presse de la maison d’édition, « la tranche d’âge des 15-25 ans s’est montrée particulièrement sensible au graphisme ». Une cible tout aussi fascinée par le thriller de SQUARE ENIX et la chasse à l’homme à huis-clos.
Depuis, les deux premiers volumes sortis au cours de l’année 2009 sont restés dans le top 10 des meilleures ventes manga selon CanalBD. Le troisième tome est sorti le 11 février 2010 et s’apprête à suivre le même destin. C’est avec une excitation certaine que l’on attend de savoir qui gagnera la partie. Et cela avec une seule phrase en bouche : « Mort au menteur ! »

