MONO en concert : un « hymne » à la musique post-rock

Taka garde toujours la tête rivée sur le sol et la gratte.
© Photo David Amelin

MONO est de retour sur la scène française dans le cadre d’une tournée européenne. Dimanche 14 mars 2010, le groupe de post-rock japonais était en concert à La Maroquinerie de Paris.

Le temps de siroter un dernier verre au bar de La Maroquinerie, les portes s’ouvrent enfin sur la salle intimiste. Chacun tente de trouver les meilleures places, la meilleure vue afin de savourer la soirée qui l’attend dans des conditions optimales. Les lumières s’éteignent laissant le groupe White Hills ouvrir le bal. Ce trio venu des États-Unis est, spécialement pour ce show, accompagné d’une française au synthétiseur. Le groupe se donne à fond. Il ne laisse aucun moment de répit entre des titres qui mélangent à la fois du métal, du rock et du noise. Malgré les nuisances techniques : un son parfois trop brouillon et un micro défectueux pour la bassiste, le groupe repart sous les applaudissements.

Changement de groupe, changement d’ambiance, Pontiak, trio new-yorkais composé de trois frères, fait résonner la salle avec un son psychédelique et rock des années 70 et 80 modernisé. Sur une mélodie entêtante et lourde, les membres sourient et prennent énormément de plaisir à jouer avant de laisser place à la tête d’affiche : MONO.

MONO entre en scène

MONO n’est pas encore sur scène que le public montre déjà sa joie. Les premières notes de Ashes in the snow se font entendre… Quelques minutes plus tard, alors que le titre se termine dans une puissance phénoménale, Burial at sea prend la suite sur des accords toujours aussi magnifiques et aussi bien maîtrisés. Les morceaux s’enchaînent et ne se ressemblent pas. MONO nous emmène loin et surtout très haut.

Le groupe japonais MONO, composé des guitaristes Taka et Yoda, du bassiste Tamaki et du batteur Takada, appartient au courant post-rock. C’est-à-dire qu’il produit des morceaux instrumentaux et basés sur des mélodies à la guitare. Les différents instruments qu’on retrouve dans les orchestres classiques, comme le piano ou le violon, apparaissent peu à peu au fil des compositions du quatuor. Ces musiciens, signés sur le label indie Temporary Residence Limited, ont fait de leur musique un parcours romanesque qui a pour but de transporter ses auditeurs en sublimant les accords musicaux.

Transportés

Et on le ressent tout de suite. Dans la foule, certains donnent quelques headbangs et d’autres ont les yeux rivés sur le spectacle. Le public se laisse porter par la musique complexe et planante : chacun profite du concert à sa manière. Ce qui n’a rien d’étonnant puisque MONO est énergique avec un jeu de scène qui fait appel à l’émotion. Taka, le guitariste et leader du groupe, va jusqu’à se traîner par terre et frapper le sol de toutes ses forces, en sueur et en larmes. Une image symbolique de la façon dont le groupe conçoit le live. « Nous cherchons vraiment à faire passer toutes les émotions grâce à notre musique », nous confie-t-il avant de monter sur scène. Un concert qui restera gravé dans les mémoires d’un public ravi, aux anges.

Le dernier album du groupe Hymn to the Immortal Wind est sorti le 4 mars 2009. Après dix ans de carrière, il semble que ce soit le plus abouti. MONO rappelle s’être « retiré de la scène pendant un an pour le travailler ». Depuis le groupe enchaîne les dates au Japon, aux États-Unis, en Australie et en Europe. Et s’il est plus présent sur la scène internationale c’est parce qu’il y a finalement trouvé sa place et son public. « Nous aimons nous produire en Europe par exemple, parce qu’il y a beaucoup de monde et surtout un excellent public », affirme Taka avec un grand sourire.

Chef d’orchestre

Plus qu’un groupe de rock, MONO est aussi une formation de musiciens dont le but est de partager le goût de la musique, son essence même, plus que de faire passer un message. Ils ont d’ailleurs donné une prestation pour le moins marquante à New York avec un orchestre symphonique. Un show qu’il sera possible de rattraper avec la sortie d’un CD+DVD : Holy Ground: NYC Live With The Wordless Music Orchestra le 27 avril prochain. Multipliant les expériences au cours de ses tournées mondiales, le groupe japonais n’a pas fini de nous étonner et de nous faire rêver.

SETLIST MONO à La Maroquinerie :

  • Ashes in the Snow
  • Burial at Sea
  • The Kidnapper Bell
  • Pure as Snow (Trails of the Winter Storm)
  • Sabbath
  • Yearning
  • Follow the Map
  • Halcyon (Beautiful Days)
  • Everlasting Light

Pour aller plus loin :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mono_(groupe_japonais)

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