Ces auteur.es qui racontent le Japon en images

C’est peut-être la façon la plus simple de raconter le Japon : en images (dessin ou photographie). C’est en tout cas de cette façon que Antoine Kruk, Héctor García, Florent Chavouet, Isabelle Boinot et Philippe Buchet ont choisi de s’exprimer.

Look at me Tokyo par Antoine Kruk, sorti en avril 2010 aux éditions Eyrolles, 25 €

Présenté comme un recueil de 200 dessins sur les looks des tribus urbaines tokyoïtes, Look at me Tokyo va bien au-delà de ça. Bien sûr, on (re)découvre la diversité, l’excentricité de la mode japonaise, ses libertés et ses inspirations. Mais à travers ses croquis, Antoine Kruk décrit, immortalise, les âmes qui traversent la capitale japonaise chaque jour. « Un carnet de voyage vous présente généralement les monuments d’une ville, pas les gens qui les fréquentent », explique Kruk dans son avant-propos. Voilà à quoi, ou plutôt à qui, s’intéresse notre auteur. En dessin mais en texte aussi.

Tout comme la ville étonnante de Tôkyô, ses illustrations sont bien loin d’être figées, au contraire, on aurait presque l’impression de suivre l’histoire de ces inconnu.es qu’il a couché sur le papier. Notamment grâce à un récit illustré (par des exemples, des comparaisons, des anecdotes) et un dessin au trait élégant, clair, courbé. Mais attention, la plupart de ses croquis on été réalisés au retour de ses voyages. Et il a retranscrit ses impressions. « Inventés ou ré-inventés, ces dessins ne font référence à aucune personne précise que j’ai connue. Pourtant, en les montrant à mes amis japonais, chacun m’avouait s’y reconnaître. » Telles des photos prises sur le vif, Antoine Kruk qualifie bien cet ouvrage d’un recueil « d’impressions ». Il fait une description lyrique et personnelle de la vie de Tôkyô.

Antoine Kruk est né au Japon d’un père français et d’une mère japonaise. Il connaît bien Tôkyô et il connaît bien Paris. Il se sert d’ailleurs souvent de la ville lumière (et des grandes villes) comme appui, se mettant ainsi à la portée d’un lectorat pour qui la capitale du Japon est encore un mystère. Son métissage lui permet en outre de garder du recul par rapport à ses observations. « Je partage ses envolées utopiques. Mais […] il n’est pas question d’oublier mon regard décalé, et un brin d’esprit critique. »

Look at me Tokyo s’articule autour de 4 chapitres : Look at me… Macadam, Look at me… Fashion Addict, Look at me… d’Est en Ouest, Look at me… jusqu’à tard.

www.antoinekruk.com (site)
www.editions-eyrolles.com (site éditeur)

Un Geek au Japon, par Héctor García sorti le 10 juin 2010 aux éditions 12 bis, 19 €.

L’espagnol Héctor García se considère comme un geek passionné par le Japon. Parti vivre au Japon, il a d’abord créé un blog : Kirai – Un Geek en Japón en février 2004, où il dépose ses observations. Plus que de raconter sa vie, García réalise en fait un décryptage du langage nippon, de ses coutumes, ses objets et ses symboles. Le livre Un Geek au Japon est une compilation de ses anecdotes en texte et en photo. On pourrait même parler de fiches pratiques qu’on pourrait détacher selon le chemin que l’on souhaite emprunter. En 152 pages, l’auteur fait le tour, par mots-clés, de toutes les petites choses qui n’existent nulle part ailleurs, telles que le manekineko, mais aussi les enjeux sociologiques et économiques qui définissent cette nation, comme l’importance du suicide, le kaizen… Tout y passe, les bains, les masques, Koda Kumi…

Bien sûr, l’auteur dédie un chapitre à la culture contemporaine en y décrivant des profils, retraité, office lady… et des sous-cultures urbaines : lolita, visual kei, cosplay… Un autre au manga et à l’animation de son introduction à aujourd’hui, etc. Un petit dico contemporain et interactif, à emmener avec soi en voyage au Japon.

www.kirainet.com (site)
www.12bis.com (site éditeur)

Tokyo Sanpo le premier carnet de voyage au Japon de Florent Chavouet

Florent Chavouet, « cartographie d’un village de campagne japonais », titre non défini, qui sortira en septembre 2010

Vous le connaissez probablement déjà pour son ouvrage Tokyo Sanpo, qui veut littéralement dire « balade dans Tôkyô ». Florent Chavouet, est revenu d’un voyage de 6 mois au Japon avec des centaines de croquis sur le quotidien des Japonais, notamment celui qu’on ne voit pas quand on prend les chemins touristiques. Souvenez-vous, il en a fait un recueil de dessins paru aux éditions Picquier en avril 2009. On y découvrait une cartographie des rues et quartiers de Tôkyô, d’une manière inédite, non seulement dans la façon de la raconter (en croquis) mais aussi par son contenu (en-dehors des sentiers connus), donnant un livre à mi-chemin entre le carnet de voyage (subjectif) et le guide (objectif).

Mais déjà à ce moment là, l’illustrateur n’avait qu’une envie, retourner au Japon pour réaliser une autre cartographie. Cette fois-ci, celle d’un petit village de la campagne japonaise. Celle-là même qui l’avait séduite alors qu’il l’avait sillonné à vélo lors d’un tout premier voyage. Ce fut chose faite, toujours avec les éditions Picquier, et un budget de 2 000 euros pour 2 mois.

Nous ne connaissons pas encore le titre de ce nouveau recueil, puisqu’il ne sera prêt que dans les environs du mois de septembre 2010. Mais nous savons que le livre sera constitué de 128 pages, avec un aspect narratif plus développé que le précédent. Que le choix du village de Florent Chavouet s’est arrêté sur celui d’une petite île au large d’Ôsaka. Ou encore qu’il a atterri dans un coin atypique et reculé du Japon, mais paradoxalement pas si loin d’une station balnéaire. « Au début, les habitants ne comprenaient pas pourquoi je restais là et je n’allais pas sur l’île d’à côté plus touristique, avec ses hôtels, ses jet ski, etc., raconte-t-il. Pour eux, leur île et leur vie n’avaient aucun intérêt. » Mais c’est justement ça que Florent cherchait, faire une photo authentique de leur quotidien, loin des monuments reconstruits qui ont perdu leur valeur historique. Et de présenter les personnages atypiques rencontrés comme « Rock », ce vieux loups de mer au chapeau de paille et au bateau complètement déglingué.

À lire aussi -> Notre interview de Florent Chavouet réalisée à l’occasion de la sortie de Tokyo Sanpo, en avril 2009
www.florentchavouet.com (site)

sumimasen! par Isabelle Boinot, sorti aux éditions En Marge, ré-édité le 16 avril 2010, 16 €

Beaucoup l’ont déjà fait avant de partir en voyage. Acheter un cahier vierge et préparer sa trousse pleine de crayons de couleurs et d’un pot de colle. Dans le cahier, vous y laisserez vos dessins, un peu de récit, des photos et des prospectus. sumimasen! (d’après la formule de politesse japonaise), c’est un peu ça. Isabelle Boinot, illustratrice de presse, a ramené de son voyage au Japon : croquis, notes et collages mais aussi des photographies d’objets ou de vues insolites.

sumimasen! révèle les multiples curiosités sur lesquelles le regard d’Isabelle Boinot s’est arrêté : chiens en tenue de sports, coupe de cheveux à la dernière mode, farandole de sushis, jouets, emballages si colorés dont les Japonais ont le secret, personnages improbables… en 112 pages et en couleur. Il s’agit l’un d’un 2e essai, puisque l’auteur avait déjà réalisé ce type d’ouvrage pour l’Italie, sous le nom de Prego (même signification que sumimasen).

http://i.boinot.free.fr/sumimasen.htm (site)
Extraits de Sumimasen

Petite épopée nippone par Philippe Buchet aux éditions Kana (collection Kiko), sortie prévue pour novembre 2010

Réalisé par Philippe Buchet, Petite épopée nippone est un petit carnet, qui, comme les auteur.ices cités ci-dessus, rassemble pêle-mêle des croquis et des petites anecdotes personnelles et subjectives, glanées au cours de ses 3 voyages au Japon. À l’heure actuelle, cet album reste bien mystérieux.

Il paraîtra dans la collection Kiko, pour la découverte du Japon, des éditions Kana (Dargaud) en novembre prochain. Philippe Buchet est un illustrateur, dessinateur et coloriste français de bande dessinée. Il est connu pour avoir co-signé avec Jean-David Morvan la célèbre BD Sillage (Delcourt).

www.mangakana.com (site)

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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