Princess Jellyfish : Le temple des Amars

© 2009 Akiko Higashimura / Kodansha Ltd.

Un an après la diffusion de l’anime en simulcast sur KZPlay, le premier tome de Princess Jellyfish, le manga d’Akiko Higashimura dont il est adapté, est désormais disponible dans nos librairies avec Akata. L’occasion de replonger dans le petit monde de Tsukimi, perturbé par le charmant Kuranosuke. Entrons dans le quotidien d’une communauté pas comme les autres.

Tsukimi est une jeune femme passionnée par les méduses qui s’est installée à Tôkyô pour devenir dessinatrice professionnelle. Elle a emménagé dans une résidence interdite aux hommes et habitée uniquement par des otakus comme elle. Toutes mènent une vie dédiée à leur passion et étanche à la pression du monde extérieur. Elles se surnomment les « amars » pour « nonnes » parce qu’elles sont célibataires et ne cherchent pas particulièrement à plaire ou à épouser le mode de vie patriarcal que leur impose la société. Il arrive cependant à Tsukimi de sortir, notamment pour rendre visite à Clara, une méduse qui prospère dans l’aquarium d’une boutique. C’est lors de l’une de ces échappées nocturnes qu’elle fait la connaissance bien malgré elle de Kuranosuke, une femme magnifique qui lui vient aide pour sauver Clara d’une mort certaine. Kuranosuke s’avère être un homme qui aime se travestir et qui va bouleverser le train-train des nonnes et de Tsukimi, la seule à connaître son secret.

La relation entre Tsukimi et Kuranosuke est le fil rouge de ce josei / cette comédie romantique. On découvre que Kuranosuke, quelqu’un d’extraverti qui apparaît comme parfaitement intégré dans la société, a en fait beaucoup en commun avec les amars. En effet, une des raisons pour laquelle il se travestit est pour se décrédibiliser auprès de sa famille et échapper à un destin d’homme politique qui ne l’intéresse pas. Il a pour projet de se lancer dans la mode en créant ses vêtements et trouve en Tsukimi une véritable muse. Tout comme les amars, il refuse de se conformer à une voie toute tracée.

© 2009 Akiko Higashimura / Kodansha Ltd.

Les filles, qui vivent de l’argent que leur envoient leurs parents, ont bien conscience d’être des NEET* et ne semblent pas en souffrir. Tsukimi est la plus complexée par cette façon de vivre. Elle aimerait plus ressembler aux filles qui ont l’allure de Kuranosuke, des princesses telles que sa défunte mère les décrivait en les comparant aux méduses et à leur dentelle. Elle a du mal à comprendre pourquoi elle n’est pas elle-même devenue une princesse alors que sa mère lui disait que toutes les fillettes en devenaient en grandissant. On devine que Kuranosuke va jouer un rôle. Avec sa manière d’agir un peu brutale, il va bousculer la jeune femme et la pousser à s’accepter. D’un autre côté, Kuranosuke voit en Tsukimi et les nonnes de nouvelles amies, des filles avec qui il va pouvoir se lier. C’est ce que le récit raconte avec humour, une belle rencontre qui fait complètement sens. Mais se faire accepter ne va pas être simple et mène souvent à des quiproquos. Et c’est ce qui rythme le manga. En tentant d’imposer sa présence, Kuranosuke enchaîne les gaffes. Par exemple quand il demande aux filles de quoi elles vivent puisqu’elles ne travaillent pas. Kuranosuke va donner du fil à retordre à Tsukimi qui tente tant bien que mal de garder son secret.

Il est pour l’instant clair que l’anime suit la BD à la lettre. On peut reprocher au dessin animé d’être un peu lent. Il se trouve qu’un épisode correspond à un chapitre du manga. Le tempo de ce dernier est donc au contraire dynamique. Si dans l’anime, l’humour a le temps de tomber à plat, il n’en ait rien dans le manga.

Princess Jellyfish est une œuvre optimiste, drôle et mature. Pas seulement divertissante, elle propose aussi une histoire bien construite avec des personnages attachants, une lecture fluide servie par un dessin comique.

  • NEET « not in education, employment or training » : jeunes sans emploi, ni scolarisé ni en formation

Céline Maxant

En créant le magazine Journal du Japon en 2008, je cherchais à valoriser la culture populaire japonaise auprès du grand public. Je souhaitais aussi mettre en avant les pratiques artistiques amateurs autour du manga et de l'animation comme le cosplay, et à faire vivre les événements aux passionné.es via des articles de presse et des reportages photos.

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