Interview avec Moonkey : Auteur de manga français

Moonkey est officiellement le premier auteur européen à s’être lancé dans le manga shônen. Il fait son entrée dans ce monde grâce aux éditions Pika avec qui il publie son premier manga : Dys. Le 15 et 16 octobre 2011, il est venu de sa Belgique natale pour présenter sa nouvelle série Necromancer au public du salon Dijon Saiten. Avec ses personnages aux cheveux longs et son histoire fantastique, Moonkey arbore un nouveau style graphique. Rencontre.

Moonkey dessine pour Journal du Japon © Photo Marie Protet

Journal du Japon : Tu es l’un des premiers auteurs européen à t’être lancé dans l’écriture d’un manga. Comment ton aventure avec Pika a-t-elle commencé ?

Moonkey : Je travaillais pour Dynamique Vision (ancien Dybex, ndlr) pour qui je faisais des adaptations graphiques de leurs mangas. Je travaillais également pour leur site Internet. Un jour, j’ai vu dans le magazine numéro 1 de Pika Editions, Shonen Collection qu’ils recherchaient un auteur français. Je leur ai alors écrit et mon travail a vraisemblablement dû leur plaire puisqu’ils m’ont engagé.

Ton premier travail pour eux a été le manga Dys, l’aventure d’un jeune homme qui part à la recherche d’un travail. Comment cette série est-elle née ?

Pierre Valls avait le projet en tête. Il voulait faire un manga que les Japonais ne pouvaient pas faire. Un manga fait par un Français pour les Français, en gros. Il m’a demandé si cela me tentait et j’ai accepté de participer à l’aventure. C’est un manga encré dans la culture française, dans lequel les lecteurs devaient se reconnaître.

Necromancer tome 1 © Pika / Moonkey

Aujourd’hui tu publies ta propre série, que tu as entièrement inventée. Le tome 1 est sorti le 30 juin dernier et tu travailles sur le numéro 2. Quelle est la différence avec Dys ?

Après Dys j’ai effectivement voulu créé ma propre série. Comme Pierre Valls connaît mon travail et qu’il a été satisfait de Dys, il m’a laissé carte blanche. Necromancer mélange le fantastique et le réel. Cela se passe au moment de l’apocalypse mais le lecteur peut reconnaître des endroits qui lui sont familiers. L’histoire commence au Mont Saint-Michel par exemple. J’ai voulu travailler avec le fantastique et le patrimoine français à la fois. Et puis Necromancer n’est pas aussi classique que Dys, avec des héros toujours gentils. C’est plus ambigu.

Tu n’en es qu’au deuxième tome mais sais-tu déjà combien de tomes va constituer cette série ?

Non je ne sais pas du tout et je ne préfère pas penser à la fin car cela me démoraliserait. En France, un tome met environ neuf mois à sortir alors si je me dis « voilà j’en fais 20 », cela veut dire que dans 15 ans j’y serai encore. C’est tellement de travail que je ne préfère pas penser à ça (rires). Aujourd’hui mon but est de publier un tome tous les 6 mois. C’est un travail énorme !

Dys et Necromancer sont dans le même rayon que les mangas japonais. N’est-ce pas trop dur de percer avec toute cette concurrence ?

Je ne considère pas qu’il s’agisse de concurrence car je n’ai pas la prétention d’être au même niveau que les auteurs japonais. Non, pour moi Dys et Necromancer, même si ce sont des shônen, sont dans un genre différent, adapté à la culture française. Mais il est vrai que c’est un travail difficile dans lequel il ne faut pas compter les heures. Il faut être passionné pour tenir. Heureusement, quand j’ai envie de laisser tomber, je lis les messages de mes lecteurs sur mon blog et le courage revient.

Dys est un shōnen, Necromancer est un shônen. Souhaites-tu te lancer dans un autre format ?

J’adore le manga et surtout le format shônen depuis que je suis tout petit, ce qui doit m’influencer. Mais je ne suis pas parti en me disant « bon je veux faire un shônen, quelle histoire serait la plus adaptée ? », c’est plutôt le format qui correspond à l’histoire. Si mon histoire avait collé, ça aurait pu être une BD franco-belge.

Dédicace de Moonkey pour Journal du Japon © Photo Marie Protet

Propos recueillis par Marie Protet

Pour aller plus loin :
www.gameblog.fr/blogs/moonkey

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