[Interview] A la rencontre de deux artistes indépendants : Waccha et Karin de KIRIE

Nous les avions rencontré l’an dernier. et ils sont de retour pour l’édition 2015 : KIRIE, la formation hétéroclite qui regroupe la danse, la calligraphie et de nombreux arts nippons. A l’occasion de ce retour, Journal du Japon a eu l’opportunité de s’entretenir avec le beatboxer Waccha et la danseuse Karin directement à Tokyo, pour aborder la scène indépendante japonaise, les activités de KIRIE, mais aussi leurs futurs projets.

 KIRIE

Profil et monde indépendant

image1Tout d’abord, pouvez-vous nous parler des raisons qui vous ont conduit à entreprendre une carrière artistique ?

Karin : J’ai commencé le ballet classique à 5 ans. Au début, je n’aimais pas tellement ça, en fait c’est ma mère qui m’a poussé à continuer et même à en faire intensivement. Avec le temps, je me suis rendue compte que j’aimais beaucoup ça, et plus particulièrement la sensation d’être sur scène. Alors j’ai persévéré, je me suis inscrite dans un lycée proposant le ballet classique, puis j’ai réussi une audition pour passer un mois dans une école au Canada où l’on faisait beaucoup plus de danse contemporaine. En revenant au Japon, j’ai voulu continuer dans ce domaine. En voyant certaines performances de danse contemporaine j’ai été subjuguée par leur beauté. Alors je me suis dis que moi aussi je voulais être danseuse professionnelle.

Waccha : J’aime la musique depuis que je suis petit. Je me suis essayé à la guitare et au chant, mais je n’étais pas tellement bon pour allier les deux. Alors à l’université je me suis mis à travailler a capella. Le niveau était très élevé alors j’ai du beaucoup travaillé, et c’est à ce moment là que je me suis mis au beatbox.

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

Karin : Ce qui m’inspire le plus, ce sont les compagnies de danse contemporaines anglo-saxonnes, parce qu’au Japon ce style n’est pas très courant.

Waccha : Pour moi c’est avant tout la culture et la nature japonaise qui m’influencent lors de mes compositions.

wacchaQu’est ce qui est le plus difficile lorsque l’on est un artiste indépendant ?

Karin : Trouver des contrats assez lucratifs et de longue durée afin de pouvoir vivre de notre art.

Waccha : Idem, c’est un processus assez long pour arriver petit à petit à se faire suffisamment d’argent pour en vivre.

En tant qu’artistes indépendants, pouvez-vous ne vivre que de ça ?

Karin et Waccha : Pas encore, pour l’instant nous devons travailler en complément de nos activités artistiques.

Selon vous, qu’est ce qui est le plus efficace pour se faire connaître ?

Karin : Pour un danseur, le meilleur moyen de se faire connaître est de faire partie d’une compagnie. C’est très difficile parce qu’il faut beaucoup démarcher, et surtout avoir déjà assez d’expérience pour retenir leur attention, mais aussi bien sûr passer des auditions.

Waccha : Pour toucher le maximum de gens, les réseaux sociaux comme YouTube sont très utiles. En revanche, pour faire venir et revenir des gens aux shows, le meilleur moyen reste les performances en elles-même. Donc le bouche à oreille est aussi très utile.

 

KIRIE

KarinUne autre caractéristique de KIRIE est que vos membres viennent d’univers artistiques très différents, comment avez-vous été choisis ?

Karin : En 2013, j’avais un manager qui avait entendu que KIRIE recherchait des danseurs pour leur projet, alors il m’a présenté à Miko. J’ai dansé avec eux une première fois et nous nous sommes tous bien entendus donc on a continué à travailler ensemble.

Waccha : Je crois que c’était en 2010, je faisais de la musique avec un ami joueur de shamisen. Comme les membres de KIRIE vont et viennent, il s’est proposé avec moi de faire partie de la troupe. Au début Miko était très sceptique à l’idée d’incorporer du beatbox, mais après avoir performé avec eux, Miko réalisa qu’en fait c’était une super idée.

Vos shows comme votre musique sont assez originaux, comment composez-vous et comment vous organisez-vous tous ensemble ?

Waccha : Au début, c’est le directeur artistique M. Kuma qui choisit l’endroit et l’histoire, puis Miko (body painter) et Miho (calligraphie) créent l’univers et le mettent en forme. Ensuite, le reste de la troupe vient se greffer à l’ensemble afin de former un tout en symbiose.

Quel est le message ou les émotions que vous voulez transmettre au public ?

Waccha : Une forme d’expression artistique de la vie passant à travers la culture et la nature japonaise. Nous voulons créer un spectacle sonore et visuel basé sur cet ancrage profondément japonais.

En plus de KIRIE quels sont vos autres projets ?

Karin : Je recherche constamment de nouveaux contrats avec d’autres compagnies afin d’accumuler le plus d’expérience possible. Par exemple, je viens de décrocher un contrat pour faire de la danse contemporaine quelques temps en Corée du Sud.

Waccha : En plus de KIRIE je me produis aussi en solo, et je participe à un autre projet basé sur des performances au sabre mêlées à la musique traditionnelle et au beatbox.

 

Japan Expo, futur projets

MG_3115Quels souvenirs gardez-vous de votre venue à Japan Expo ?

Waccha : Pour moi, cette expérience m’a fait ressentir beaucoup de fierté en tant qu’artiste japonais. Je me souviens avoir eu particulièrement envie de vouloir exprimer l’art japonais aux français.

Karin : J’ai une anecdote assez drôle qui me vient en mémoire. Je me souviens que nous avions des choses assez lourdes à porter pour créer notre scène. Comme nous nous produisions plusieurs fois dans la journée il fallait à chaque fois les enlever et remettre, ce qui était assez long et difficile. Une fois, nous étions vraiment en retard à cause de ça et cerise sur le gâteau nous avons renversé le gros encrier servant à la calligraphie. Résultat nous avons dû nous dépêcher de tout nettoyer pour ne pas être trop en retard, et donc j’ai performé avec de l’encre pleins les mains. Sur le moment c’était terrible, mais avec le recul je trouve ça très drôle.

Est ce que la Japan Expo a eu un impact sur votre carrière ?

Waccha : Cela octroie une certaine reconnaissance dans le milieu ainsi que l’admiration de nos proches, mais sans véritablement influer sur notre carrière personnelle, tout du moins pas à grande échelle. Néanmoins, il est certain que cette expérience a été bénéfique pour le groupe.

Karin : Pour moi qui suis danseuse c’est assez particulier. Je pense tout comme Waccha que cela a été bénéfique pour KIRIE du point de vue de l’expérience retirée et aussi du fait de se produire à l’étranger. Par contre, étant donné que KIRIE est une combinaison d’arts très différents, cela n’a pas d’influence dans ma carrière de danseuse en particulier.

Qu’est ce que vous prévoyez de faire durant votre prochaine venue ?

Waccha : En plus des performances à Japan Expo, nous tiendrons une exposition dans la galerie d’art « Atelier 213 » à Paris, du 6 au 12 juillet. En complément de l’exposition photo, il sera possible d’acheter de nombreux items fais à la main par Miko.

Karin : Je ne sais pas encore si je pourrai venir cette fois mais nous sommes en train de voir avec le manager de KIRIE pour l’organisation, donc nous verrons.

expo kirieQuels sont vos projets pour le futur ?

Karin : Continuer la danse, voyager et acquérir le plus d’expériences possibles. Je me suis dit que jusqu’à mes 30 ans (j’en ai 25), je me donnerai à fond pour réaliser mon rêve quitte à partir dans de nombreux pays étrangers. Bien sûr je ne compte pas abandonner KIRIE.

Waccha : Avec KIRIE, nous envisageons de nous produire dans des pays étrangers. Par exemple cette année, en plus de la Japan Expo, nous nous produirons à l’Hyper Japan Expo de Londres. Et bien entendu je compte poursuivre et développer mes activités solo.

Pour finir, avez-vous un message pour nos lecteurs ?

Waccha : J’espère que vous prendrez du plaisir à nous voir sur scène ! Nous sommes impatients de nous produire à nouveau à Japan Expo alors n’hésitez pas, venez nous voir et apprécier notre spectacle.

 

KIRIE sera présent à Japan Expo durant tout le festival ! N’hésitez pas à vous rendre sur le site de Japan Expo (ici) pour connaître leurs heures de représentation !

 

Pour retrouver KIRIE et les artistes de cette troupe sur le net vous pouvez vous rendre sur leur site internet, leur page Facebook ou encore leur compte YouTube. Vous pouvez également visiter les sites internet ou page Facebook de Miko, Karin, Miho ou Waccha, pour aller à leur rencontre !

Remerciements à Karin et Waccha pour nous avoir consacré un peu de leur temps.

 

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