La Rivière sans pont : Un Japon peu connu du début du XXe

Diffusé à la Cinémathèque Française à Paris dans le cadre de la manifestation « Les productions Siglo », La Rivière sans pont (Hashi no nai kawa) est un long-métrage de Yôichi Higashi réalisé en 1992. Comme les autres films projetés lors de l’évènement, La Rivière sans pont met en lumière un problème de la société japonaise peu traité par le cinéma. Adapté du livre de Sumii Sue, il s’agit de la discrimination que subit la classe « eta » au début des années 1900.

Les « eta » sont des personnes n’ayant pas un métier fixe ou ayant un travail peu valorisé, qui vivent généralement le long des rivières. Non reconnus comme « humains » aux yeux de la population, leurs droits sont donc très restreints. Il est d’une certaine façon impossible pour eux de changer de classe et d’autant plus difficile de bouleverser les mentalités.

Les « eta » sont par exemple les seuls à exercer des métiers liés à la mort, qui, dû aux croyances religieuses, étaient très mal vus au Japon pendant cette période. Il leur est en outre interdit de se marier avec une personne qui n’est pas de leur rang.

Dans La Rivière sans pont, on nous raconte l’histoire de la famille de Seitaro et Koji, qui habitent un village de « bunraku » nommé Komori, près de Nara. On découvre le quotidien de cette classe sociale à travers le parcours de ces deux jeunes hommes depuis l’école primaire, comme leur rapport avec les autres élèves de la classe ou la difficulté de trouver une bonne situation. On nous montre à voir un portrait réel et poignant de leur situation. Le long-métrage raconte aussi leur combat pour se faire accepter dans la société, se faire reconnaitre en tant que personne.

En effet, bien qu’après Meiji leur statut ait été révoqué pour être remplacé par celui de « classe roturière », rien n’a vraiment changé. Le nom leur donne un rang plus « noble », mais ils vivent toujours exclus. C’est pourquoi dans le début des années 1900, des groupes politiques se forment pour essayer de faire bouger les choses. Malgré quelques longueurs et une fin qui peut être difficile à envisager, La Rivière sans pont, est un film bien mené qui montre les différents obstacles auxquels est soumise la communauté « eta » avec une touches d’humour.

Pour aller plus loin :
Lien de la Cinémathèque

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