Interview avec Tenya Yabuno, l’auteur du manga Inazuma Eleven
Inazuma Eleven c’est d’abord une série de RPG développée par Level-5 pour Nintendo DS. Mais c’est aussi un manga en 10 tomes écrit et dessiné, d’après la licence, par Tenya Yabuno, dessinateur sur la série Digimon Adventure V-Tamer 01 de 1998 à 2003. Publié dans les pages du CoroCoro Comic entre 2008 et 2011, le manga Inazuma Eleven a remporté le prix du meilleur manga pour enfants aux 34e Prix du manga Kôdansha en 2010.

Inazuma Eleven raconte l’histoire du collégien Mark Evans qui s’est mis au défi de reconstituer la légendaire équipe de foot Inazuma Eleven dont les membres étaient autrefois connus pour leurs techniques spéciales.
En France, la sortie du 6e tome est prévue pour le 9 février chez Kurokawa. En visite au salon Art to play, qui s’est déroulé du 2 au 4 décembre 2011 à Nantes, Tenya Yabuno a été très sollicité aussi bien par les jeunes garçons que par les fillettes et nous avons pu en profiter pour le rencontrer.
Journal du Japon : Sur quoi vous basez-vous pour mélanger l’aspect foot et le côté plus surnaturel de l’histoire ?
Tenya Yabuno : Toutes les techniques spéciales des joueurs existent déjà dans le jeu vidéo, je m’en suis donc entièrement inspiré. Pour les dessiner je me suis appuyée sur des anciens mangas et animes comme Ashita no joe ou Les Chevaliers du Zodiaque.
Pour ce qui est de la partie réaliste, il faut savoir que je regarde le foot à la TV et que j’ai déjà dessiné des mangas de foot par le passé ! (Rire)

Quel est le personnage qui vous a le plus surpris, que vous aimez dessiner ?
Mark Evans !
C’est un personnage qui n’abandonne jamais, qui fait preuve de beaucoup de courage face aux difficultés. Il est très facile à dessiner.
Il a aussi beaucoup d’humour, il est énergique et rigolo… C’est vrai que c’est dur de ne pas moi-même être de bonne humeur quand je le dessine ! (Rire)
Comment abordez-vous les scènes dramatiques avec votre éditeur ?
En général quand je dois dessiner une scène dramatique, je prends le temps de déterminer qui seront les personnages au cœur de l’intrigue puisqu’ils ont des caractères différents donc réagiront de manière différente et la suite de l’histoire en sera changée. Je définis aussi les enjeux de la scène puis j’en discute avec mon éditeur pour savoir quel sera l’impact sur les lecteurs, des jeunes garçons puisque c’est un shōnen, et si ça va fonctionner.
On connait l’importance du retour des lecteurs dans la publication d’un manga. Qu’avez-vous appris en contact avec eux, en quoi avez-vous progresser ?
Je me suis beaucoup amélioré sur la mise en scène. Des enquêtes auprès des lecteurs sont régulièrement publiés dans le CoroCoro Comics (magazine de prépublication de Inazuma Eleven, ndlr). Les enfants peuvent s’exprimer directement et ils n’hésitent pas à souligner ce qui va ou ne va pas sur telle bulle, telle image ou telle action. Ils sont très précis.
J’ai fait pas mal d’expérimentations et avec cette information directe j’ai pu m’orienter, je sais ce qui va mieux fonctionner. J’apprends beaucoup et très vite sur ce qu’ils préfèrent lire et sur la manière dont ils veulent lire.

Qu’est-ce qui plait à votre lectorat dans le manga ?
Pour notre époque, Inazuma Eleven fait un peu ringard parce que c’est un manga très classique. C’est un manga de sport où c’est la volonté du héros qui fait qu’il va surmonter les obstacles. Chaque personnage est pourvu de super attaques et évolue à chaque ennemi vaincu. Ça rappelle des mangas comme Ashita no joe ou Les Chevaliers du Zodiaque.
Avant de lancer le manga Inazuma Eleven, on se demandait si ce déroulement classique n’allait pas paraitre trop vieillot. Mais avec le succès qu’il rencontre, on réalise que les vieilles recettes fonctionnent !
Vous dites que votre manga est très classique mais il rencontre un franc succès. D’après vous comment ce titre se démarque-t-il ?
Ce qui fait la particularité de ce shônen est justement son époque de publication. On ne trouve plus forcément ce type de manga aujourd’hui. C’est aussi un manga de sport avec beaucoup d’actions et ça plait au jeunes garçons.
On peut dire enfin que l’interaction entre le jeu vidéo et le manga est très intéressante. Les deux médias sont complémentaires.
Que pensez-vous pouvoir apporter à la saga Inazuma Eleven avec le manga ?
L’univers de la licence Inazuma Eleven est très riche et exploité sous différentes facettes avec un jeu vidéo, un manga et un dessin animé. J’espère qu’en lisant mon manga, les lecteurs verront Inazuma Eleven sous un nouveau jour et feront des découvertes.
Pour finir, quelle équipe de foot soutenez-vous ?
J’habite Tôkyô, je soutiens le F.C.Tôkyô bien entendu ! (Rire)
Propos recueillis par Céline Maxant

