Interview avec TRILL-DAN : La révolution Hangyaku Seimei

Il y a un an, TRILL-DAN enregistrait son nouvel album en France. Le groupe punk-rock japonais nous avait reçu dans leur studio d’enregistrement pour nous parler de cette expérience rendue possible après avoir signé avec le label de J-Music Bishi Bishi.
Baptisé Hangyaku Seimei, ce CD réalisé avec la collaboration du producteur Stéphane Buriez (leader du groupe Loudblast, producteur ayant travaillé avec Lycosia, Tagada Jones ou encore Black Bomb A) sera dans les bacs, chez nous, le 23 avril 2012.
Il est possible en attendant d’aller directement le chercher auprès des membres du groupe JUAN (chant et guitare), MARU (chant et basse) et GIVA (batterie) lors d’un de leurs concerts. Les artistes sont en effet en tournée en Europe durant tout le mois d’avril.
Journal du Japon : Bonjour, comment est né le groupe ?
JUAN : On s’est tous les trois rencontré à l’université, au club de musique. C’est par la force des choses que le le groupe a vu le jour.
JDJ : Quelle est la signification de votre nom « TRILL-DAN » ?
JUAN : Il me semble que c’était le nom d’un médicament, d’un antihistaminique ! (Rires)
JDJ : Quelles sont vos influences ? Qu’est-ce qui a construit votre univers musical ?
JUAN : On bouge beaucoup avec l’instinct et on accorde beaucoup d’importance au live. On fait nos costumes de scène. Tout est dans l’agressivité, dans l’attaque !
GIVA : Et on est des fans de Red Hot.
JDJ : Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la musique et a vous lancer comme musicien.nes ?
JUAN : J’ai commencé à jouer du piano à l’âge de 3 ans. Plus jeune j’ai aussi fait de la batterie pour les fêtes de l’école mais ça ne m’allait pas du tout. Pareil pour la guitare. À la fac, je n’ai plus tellement continué le piano. Par contre, j’ai tenté la basse et ça a été le déclic
GIVA : Quand j’étais au collège, une amie de ma mère a apporté une guitare à la maison et j’ai essayé. J’ai fait de la guitare jusqu’à la fac. Quand je suis entré dans le club de musique j’ai essayé la batterie et j’ai trouvé ça beaucoup plus amusant. Ça me convenait plus, c’était mon truc ! Je suis le 3e batteur du groupe TRILL-DAN. J’ai rejoint JUAN et MARU après les avoir vu jouer en live.
MARU : C’est très basique. J’adorais la musique quand j’étais jeune. Les Red Hot par exemple. J’ai eu envie d’essayer et je n’ai plus arrêter depuis.

© Photo Céline Maxant
JDJ : Comment s’est déroulé l’enregistrement de votre album Hangyaku Seimei. Pourquoi l’avoir fait en France ?
JUAN : On a rencontré Xavier (directeur du label Bishi Bishi, ndlr) lors de Japan Expo en 2009. À ce moment là on faisait nos premières scènes françaises. Après ça a été le destin, on s’est bien entendu avec Ankama Music et c’est le label qui nous a offert l’opportunité d’enregistrer en France. On avait gardé un très bon souvenir de notre venue en 2009 et du retour du public français. On a vu qu’on pouvait facilement communiquer et faire quelque chose avec lui. On a continuer de parler avec les Français via myspace par exemple. Pouvoir enregistrer en France était une belle occasion de découvrir le travail d’autres artistes et des producteurs. Au Japon, nous n’avons pas les mêmes processus créatifs donc nous avons beaucoup appris. Tout le monde a fait des efforts pour communiquer et l’enregistrement c’est vraiment super bien passé. Il y a eu un véritable échange.
JDJ : Qu’avez-vous retenu en enregistrant votre album en France ?
GIVA : Au Japon, on a une expérience très différente de l’enregistrement. C’est très mécanique : on joue, on écoute, on joue, on écoute… Ici avec Stéphane (Buriez, ndlr), on a d’abord joué, on était vraiment à fond dans la création, puis on a choisi les meilleures prises.

JDJ : Y a-t-il des morceaux auxquels vous teniez mais que vous avez dû jeter ?
JUAN : On écrit depuis novembre 2010 pour cet album. On a écrit, composé des mélodies, fait des démos… pendant longtemps. Beaucoup de choses sont arrivées entre temps. Ça a été plutôt long et dur pour nous en fait.
JDJ : De quoi parle cet album ?
JUAN : Cet album évoque le changement, le sentiment qu’on peut tous changer les choses. C’est très clair avec notre morceau Hangyaku Zenya… Peut-être que ça sera ça le nom de notre album d’ailleurs (le morceau Hangyaku Zenya figure bien sur l’album finalement appelé Hangyaku Seimei soit « déclaration de rébellion », ndlr).
GIVA : Dans cet album on a des « happy song », des « sad song ». On a essayé de montrer aux gens quelque chose de nouveau, plusieurs facettes de TRILL-DAN. On a confiance en cet album.

JDJ : Vous parlez de révolution, et de montrer TRILL-DAN sous un autre jour. Qu’est-ce qui diffère par rapport à vos précédentes compositions. Quel est le concept de base de l’univers du groupe ?
JUAN : Notre philosophie c’est de vouloir avancer à tout prix quitte à tout casser. Il faut affronter les problèmes dans cet état d’esprit. On part avec cette énergie très positive qui nous fait avancer et qu’on veut transmettre. Nos premiers morceaux étaient agressifs, de la pure destruction. TRILL-DAN c’est toujours cette énergie mais elle se décline sous plusieurs formes. Avec notre nouvel album on n’a pas changé mais on essaye de montrer toute l’étendue de notre répertoire.
JDJ : Comment appréhendez-vous le retour des Français sur cet album ?
JUAN : On pense qu’ils vont trouver ça super cool !
On veut que n’importe qui, partout dans le monde, puisse écouter cet album et le comprendre. Être accompagné dans les moments tristes et heureux, dans tout ce qu’il traverse.
GIVA : Pour être honnête c’est dur d’imaginer comment les Français vont recevoir cet album, comment ils vont l’écouter… mais on a fait de notre mieux. Donc, qu’ils nous écoutent et s’ils aiment le CD, on sera très heureux !
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