Kuchidomeryô : le Japon en danger ?

Timothée Mathelin, graphiste et vidéaste répondant au pseudonyme de shift. vient de diffuser une vidéo intitulée Kuchidomeryô – le prix du silence en japonais.


Amoureux du Japon qu’il a découvert par sa culture populaire – comprendre ici l’animation et le manga – shift. est parti, appareil photo et caméra dans les bagages, dans l’archipel début 2012. Le rêve de découvrir enfin ce pays qu’il a tant rêvé a été durement confronté à la réalité de la récente triple catastrophe du Tôhoku. Il n’y a pas un jour dans les actualités nippones où il n’est question de la région de Fukushima, de l’avenir du nucléaire ou encore de la « Power Grid », l’infrastructure électrique du pays visant une meilleure distribution du courant dans un souci toujours plus écologique et économique.

Cependant derrière cet afflux d’information constant et la vie quotidienne qui semble avoir repris « comme avant » dans la plupart des régions de l’archipel, l’essentiel du peuple japonais semble avoir oublié le désastre humain et écologique qui se trame toujours dans le Nord-Est du pays. D’autant plus qu’il semble difficile pour eux d’en parler, comme une gêne. Les politique, l’administration, les médias, tous s’accordent pour dire que tout ira mieux, que le poisson, le riz ou le thé produits dans le Nord du pays sont consommables. C’est ce « prix du silence » assourdissant que shift. a voulu ici dénoncer. Car lors des dernières décennies, si l’on a largement parlé du Japon à l’international, c’est parce que le pays était hélas victime de terribles désastres : Hiroshima, Kobé, Fukushima. Passé le spectaculaire de la catastrophe, le monde est aussi vite retombé dans sa torpeur qu’il s’était indigné.

Fukushima est un désastre nucléaire comparable à Tchernobyl. A ceci près que l’île d’Honshû n’a rien à voir avec l’oblast de Kiev. Les densités de populations ne sont pas les mêmes, et les rapports de différents experts se contredisent. Certains affirment qu’un séjour d’un an à Tokyo (pourtant éloignée de Fukushima) suffirait pour contracter des maladies liées à la radiocativité. D’autres informent que le taux de radiation dans la mégapole japonaise est conforme aux normes, et qu’il n’y a rien à craindre…

Le document dure 7 minutes 30. Il est en anglais (hélas non sous-titré pour les non-anglophones), pour une diffusion internationale la plus large possible. Le message est servi par une photographie très travaillée, avec une bande son composée par Subheim. Si vous avez aimé la vidéo, n’hésitez pas à la faire circuler autour de vous.

Kuchidomeryou from Timothée Mathelin on Vimeo.

Visuels ©Timothée Mathelin

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