Japanime : quelles découvertes cachent les océans de Suisei no Gargantia ?

À l’heure actuelle, les productions originales se font de plus en plus rares, alors quand l’une d’entre elles est diffusée, l’intérêt pointe le bout de son nez. Quand on y associe le nom du scénariste qui monte depuis quelques mois, Gen Urobuchi, le projet ne peut qu’être attendu. Que donne donc Suisei no Gargantia ? C’est ce que nous allons voir…

Suisei no Gargantia

 

 À la découverte d’un nouveau monde…

Suisei no Gargantia est une production originale diffusée lors du printemps 2013, sur un total de 13 épisodes. La production de la série a été confiée au studio d’animation Production I.G à qui l’on doit entre autres XXX Holic, Eden of The East ou encore le récent Psycho-Pass.

Gen Urobuchi Photo Florian Lambert

La série est basée sur un concept original tout droit sorti de l’imagination de deux hommes : Gen Urobuchi et Kazuya Murata. Mieux connu depuis « sa conférence »:http://www.journaldujapon.com/2013/06/gen-urobuchi-a-lepitanime-2013-retour-sur-un-parco.html à Epitanime 2013, Urobuchi a travaillé sur le scénario de quelques séries renommées (Puella Magi Madoka Magica, Fate/Zero ou encore Psycho-Pass). Murata, lui, l’est principalement pour avoir réalisé Fullmetal Alchemist – L’étoile Sacrée de Milos.
La réalisation du projet est logiquement confiée à Kazuya Murata, tandis que Gen Urobuchi est en charge de la structure scénaristique de la série. Notons que le design original des personnages est à mettre au crédit de Hanaharu Naruko à qui l’on doit notamment le manga Kamichu !. C’est Masako Tashiro qui a adapté ce même design pour le passage à l’animation. Par le passé, nous avons pu observer son travail sur une autre production originale, Fractale. Pour terminer, signalons que la bande originale de la série est une composition de Taro Iwashiro.

 

Suisei no Gargantia est une série de science-fiction se déroulant dans un futur lointain, aux confins de la galaxie : l’Alliance Galactique Humaine tente de survivre à une race extraterrestre nommée  » Hideauze ». Lors d’une bataille, le lieutenant Ledo et son arme humanoïde Chamber se retrouvent absorbés par une distorsion temporelle les amenant sur Terre.

La Terre est une planète où la mer est omniprésente. Pour survivre, le peuple est forcé d’utiliser de grands navires se regroupant parfois afin de former des flottes. Certains sont également à la recherche de reliques, afin d’en savoir plus sur le passé de leur civilisation. Ledo se retrouve sur une de ces flottes, du nom de Gargantia.

Gargantia
Manquant de repères et de solutions, notre héros se retrouve contraint d’y séjourner. Au fil des jours, il découvre une nouvelle façon de vivre, radicalement opposée à celle qu’il connaissait jusqu’alors, tout en cherchant des informations et des solutions à sa situation. Pour ce faire, il sera aidé par certains citoyens du Gargantia, notamment Amy, une jeune messagère de 15 ans.

 

Personnages et scénario : un bilan mitigé

Même si les personnages ne sont pas les éléments les plus importants d’une série de science-fiction, il est tout de même préférable d’avoir affaire à de bons protagonistes. Ici, ils sont nombreux. Néanmoins, ils ne sont pas tous bien développés, la plupart n’occupant qu’une place secondaire dans l’intrigue et peu d’entre eux sont réellement marquants. Dommage car il y avait suffisamment de matière pour leur accorder un peu plus d’intérêt. 

Personnages de la série

 
Mais ne soyons pas si négatif, car ceux mis au premier plan sont véritablement intéressants, et c’est avec grand plaisir que nous observons leurs parcours respectifs. Le plus réussi est sans aucun doute Ledo, le héros de la série. Totalement perdu, en manque de repère au début, il est agréable de le voir s’adapter et évoluer, que ce soit en positif ou en négatif. Notons que comme dans toutes les réalisations où est impliqué Gen Urobuchi, l’histoire est loin d’être sans rebondissements, ce qui implique bien évidemment de grands tourments pour nos personnages, en particulier pour Ledo.
Les quelques autres rôles principaux ne sont pas non plus oubliés et occupent une place plutôt importante, que ce soit pour interagir avec le héros ou pour le développement du scénario.

Le scénario, justement… On peut le découper en deux parties bien distinctes. La première concerne l’arrivée de Ledo sur Terre, la découverte de l’univers et, bien entendu, l’adaptation de notre héros à cette nouvelle vie.

Ledo

 
On se situe alors plus dans la tranche de vie que dans de la science-fiction. Cette première partie constitue un des points faibles de la série : ce qui pourrait tenir en trois épisodes en fait six. Les premières longueurs sont supportables, la lassitude commence à se faire ressentir au bout de quelques épisodes. La déception est proche.

Nous étions en droit d’en attendre beaucoup plus d’une série de science-fiction écrit par Gen Urobuchi qui n’a pas pour habitude de nous proposer ce genre de scénario plus ou moins gentillet. Heureusement, la série se lance véritablement avec sa seconde partie, où la science-fiction reprend ses droits pour notre plus grand plaisir, avec des idées intéressantes et un scénario plein de surprises tout en restant cohérent avec les premiers épisodes.
Seul regret de cette partie : dommage que ce qui a finalement lancé le scénario n’ai pas été un peu plus exploité, on rate sans doute des pistes intéressantes. Mais la série étant courte, cela reste finalement assez logique. Tout ne peut être traité.

 

La Terre, ce vaste océan…

Il est désormais temps d’aborder les aspects plus techniques de Suisei no Gargantia : commençons par le son. La bande originale de l’œuvre est de bonne qualité, mais loin d’être mémorable. Les différentes pistes ne sont donc pas désagréables à l’écoute mais elles font partie des classiques du genre, sans surprise donc. Idem pour les génériques de début et de fin, respectivement interprétés par Chihara Minori (ci-dessous) et ChouCho.

La partie technique la plus intéressante de Suisei no Gargantia se situe finalement sur le plan visuel. Le design des personnages est assez plaisant sans être exceptionnel. L’intérêt vient des autres éléments comme les mechas ou l’environnement visuel de la série. Même s’ils ne sont pas nombreux, les quelques robots présents sortent des sentiers battus avec tantôt un style moderne, tantôt un style plus primitif. Avec deux civilisations différentes, ce changement de style est tout à fait logique.

Ledo

 
Ensuite, dans cette planète submergée par la mer, le peuple est contraint de se déplacer avec de grands navires. Ces derniers, bien que basiques dans leur architecture, apportent un vrai plus à l’univers de l’œuvre et nous montrent clairement la difficulté qu’ont les humains avec la technologie, puisque tout semble construit avec le peu d’éléments accessibles et encore en état de marche.
Quant à l’animation, elle est de bonne qualité : les scènes d’actions sont fluides, tout comme les séquences plus calmes. Ces points positifs, accompagnés du faible taux de présence de plans fixes semblent indiquer que Production I.G a investi un budget sérieux dans le projet.

Suisei no Gargantia est donc à conseiller principalement à tous les amateurs de science-fiction, mais pas seulement. La série est de bonne qualité, la seconde partie de son scénario est réussie ainsi que son univers visuel. Les véritables défauts se comptent sur les doigts d’une seule main : sa première partie, assez lassante ainsi que le manque de développement de certains éléments.

Même si l’on aimerait que tout ceci soit développé dans le futur, il semble peu probable qu’une seconde saison soit produite car le scénario principal de la série est bel et bien bouclé. Il sera toujours possible de se consoler avec les deux OAV qui seront prochainement disponibles au Japon, même si elles semblent plus s’inscrire dans l’ambiance des premiers épisodes de la série. Étant une production originale de qualité, nous ne pouvons qu’attendre une éventuelle licence française de la série…

Pour plus d’informations sur la série : « le site officiel »:http://gargantia.jp/ et le « Twitter »:https://twitter.com/gar_anime de la série vous attendent !

Photo Florian Lambert & Visuels © Oceanos/Gargantia on the Verdurous Planet Production Committee

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