[Interview] Le club de Nikki Asada ouvre ses portes !

Nikki Asada était l’invitée des toutes nouvellement indépendantes éditions Akata à Japan Expo 2014. Sa toute première oeuvre, Bienvenue au club est publiée depuis le mois d’avril 2014 en France et a reçu un accueil plutôt prometteur du public français. Journal du Japon a eu le plaisir de la rencontrer, toute en gentillesse et en timidité.

 

Nikki Asada - photo : Jean-Baptiste Bondis
 
 

Premier titre, premier succès

C’est il y a 6 ans que la carrière de Nikki Asada démarre véritablement grâce à Bienvenue au club, via son éditeur Akita Shôten. Auparavant, elle écrivait en tant qu’amateur dans des fanzines ou réalisait des doujinshi, mais n’avait pas vraiment l’intention de devenir professionnelle dans le milieu. Elle s’occupait de toutes les étapes de publication elle-même, et c’est via un heureux hasard qu’une personne de chez Akita Shôten la repère et lui demande d’écrire son premier manga. Une grande part de chance précise-t-elle.

Bienvenue au club, donc, nous raconte l’histoire de Nima, une jeune lycéenne malchanceuse en amour, ainsi que de ses trois camarades de classe, tous ayant leur lot de misères sentimentales. Ils forment à eux quatre un club visant à étudier, si tant est que cela soit possible, les relations amoureuses des autres lycéens pour en comprendre le fonctionnement. Nikki Asada nous avoue que « seulement trois chapitres étaient prévus au départ , mais devant l’engouement des lecteurs face aux péripéties de Nima, les éditeurs ont donné leur aval pour prolonger la série. » Aujourd’hui, huit tomes sont parus au Japon et deux sont sortis en France chez Akata, le prochain étant prévu le 28 août 2014.

La mangaka indique réarranger les personnages au fur et à mesure et adapter la mise en scène, comme à ses débuts où la série était censée être courte. La dame s’inspire d’une multitude de choses : une grande part de ses lectures et de ses visionnages viennent enrichir l’univers de Bienvenue au club.

Elle utilise aussi sa propre histoire, afin de gagner en crédibilité lors de la création de ses personnages, en s’inspirant de jeunes adolescents par exemple. Bien que n’utilisant pas spécialement de modèles précis, elle tient à ce que chaque lecteur puisse s’identifier à l’un ou l’autre. En tant que femme, créer des personnages masculins ne lui pose pas vraiment de problème car elle estime que, dans la tranche d’âge représentée, « les filles et les garçons ont plus ou moins la même psychologie, ce qui rend l’histoire et les personnages plus faciles à mettre en place. » Elle nous confesse d’ailleurs qu’en ce qui la concerne, « le personnage qui me ressemble le plus est le chef du club d’animés, car je me considère moi-même comme une otaku.« 

 

Les protagonistes de Bienvenue au club

 

Bienvenue au club, mais pas que !

Nikki Asada travaille en effet sur plusieurs autres séries simultanément et lorsqu’on lui demande si elle n’a pas de difficultés à tout gérer, elle nous répond qu’il n’en est rien car elle prend des décisions et travaille rapidement. Elle trouve également cela distrayant, car ces cinq séries aux genres différents lui permettent de se changer les idées. En effet, contrairement à Bienvenue au club visant principalement des jeunes filles, ses autres histoires visent des lectrices plus matures. De plus les deadlines sont bien éparses ce qui lui permet de tout gérer facilement. Néanmoins, l’histoire sur laquelle elle préfère travailler reste Bienvenue au club.

Lors d’une journée, elle décide à l’avance le nombre de page qu’elle souhaite réaliser. Pour un chapitre, le temps de réalisation peut varier. Si l’on prend l’exemple de Bienvenue au club, la deadline tombe le 17 du mois. Au début du mois dit, elle invente donc la suite de l’histoire, en discute avec son éditeur puis se met à la réalisation des pages, même si parfois, certaines opérations se chevauchent suivant les séries. Son éditeur de chez Akita Shoten, Mr Saito (photo ci-dessous à gauche) s’exprime d’ailleurs à ce sujet : « je la trouve formidable ! Quand certains mangakas ne réalisent qu’environ une quarantaine de pages par mois en compagnie de leurs assistants, Nikki Asada en réalise une centaine en comptant l’intégralité de ses séries, et tout cela sans aucun assistant« .

 

Nikki Asada et son éditeur en conférence - photo : Chung-Hee Jee

 

Concernant plus précisément ses méthodes de travail, elle dessine à la main le line, elle scanne ensuite sa page et la retravaille à l’ordinateur via photoshop ou d’autres logiciels. Elle trouve ce mode opératoire plus pratique que de devoir expliquer ce qu’elle souhaite à un assistant, sans compter le gain de temps considérable. Pour ce qui est du lieu de travail, elle réalise ses planches chez elle ou dans un café spécial, parfaitement équipé en matériel pour mangaka.

Une otaku avant tout

D’un point de vue plus personnel et en tant qu’otaku qui se respecte, Nikki Asada est fan de seinen et de shônen, et son favori du moment est Yowamushi Pedal de Wataru Watanabe (l’anime est en simulcast en France sous le titre En selle, Sakamichi !). Sa mangaka préférée n’est autre que Higuchi Asa, qui est à l’origine de plusieurs mangas qui n’ont pas été édités en France.
Le mot de la fin est un conseil des plus avisé pour les mangakas en herbe « gardez courage et n’abandonnez pas au milieu d’une histoire que vous souhaitez raconter. » et elle ajoute, à l’intention de ses fans français : « Le simple fait d’être lue en France est un rêve pour moi, merci ! »

Plaisir partagé, merci Nikki Asada et à bientôt !

Bienvenue au club tome 3

 

Retrouvez le troisième tome de Bienvenue au Club cette semaine en librairie et toutes les informations sur la série sur le site internet des éditions Akata.Vous pouvez également retrouver Nikki Asada sur son blog !

Photos Jean-Baptiste Bondis et Chung-Hee Jee

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